C’est la troisième. Après Bastia et Saint-Malo, Marcel Kittel s’est imposé ce jeudi à Tours. L’Allemand prouve ainsi qu’il fait bel et bien partie des meilleurs sprinteurs du monde, si ce n’est le meilleur. Sur cette centième édition de la Grande Boucle, il est le seul à avoir levé les bras à plusieurs reprises.

Capable de battre les meilleurs

Après sa victoire et sa prise du maillot jaune à Bastia, on pensait encore que Marcel Kittel était un outsider des sprints sur ce Tour de France. En effet, en Corse, il avait un peu sprinté seul, ses trois principaux concurrents que sont Cavendish, Greipel et Sagan étant pris dans les chutes survenues à quelques kilomètres. Une victoire presque au rabais qui démontrait toutefois la capacité de son équipe Argos à le placer à la perfection. Car pour l’instant, le natif d’Arnstadt n’a jamais eu de problème à ce niveau là, à l’exception de l’étape arrivant à Marseille, où il n’a pas été de la partie, pris dans une chute à une quinzaine de kilomètres du but. Pas toujours emmené par le même coéquipier, que ce soit par Tom Veelers ou par John Degenkolb, le résultat est le même : lorsqu’il a les jambes, Kittel gagne, et ses adversaires peuvent commencer à s’inquiéter. Parce que l’Allemand enchaîne les bouquets et vole presque la vedette à son compatriote Greipel, à l’habituel roi des sprints Cavendish, et au fantasque Sagan.

A Saint-Malo, celui qui avait quitté son premier Tour de France malade et sans pouvoir défendre ses chances a donc mis tout le monde d’accord en s’imposant tout en vélocité devant tous ses rivaux, sans exception. Ce jeudi à Tours, la situation est presque identique. Une chute a éliminé André Greipel du sprint final à quelques kilomètres de l’arrivée, mais pour le reste, encore une fois, les meilleurs étaient présents. Cela fait donc deux fois que la puissance du garçon de 25 ans met tout le monde d’accord, en plus de sa victoire en ouverture de la Grande Boucle. Après quelques coups d’éclats sur des courses mineures, Kittel a donc prouvé qu’il pouvait battre le gratin mondial du sprint sur la plus grande course au monde. Un véritable cap a été franchi par le germanique, qui pourrait rafler de nombreuses étapes dans les prochaines années.

Cinq succès en une édition ? 

Pour son deuxième Tour de France, les statistiques de l’Allemand concordent donc avec les temps de passage du grand Cavendish, vainqueur de cinq voire six étapes en une seule édition il y a encore quelques années, à une époque où la concurrence semblait bien moins rude qu’aujourd’hui. Avec encore les étapes de Saint-Amand-Montrond et surtout des Champs-Elysées, Kittel a donc encore deux potentiels succès à aller chercher. On pourrait rajouter l’étape de Lyon, à condition que les 86 kilos du sprinteur d’Argos passent les bosses du parcours. Evidemment, ces trois étapes ne lui sont pas encore acquises. Mais jusque là, à la régulière, seul Greipel l’a battu, une fois. De quoi laisser le protégé d’Iwan Spekenbrink rêver d’un bilan fabuleux pour un deuxième début sur la Grande Boucle. Un bilan, surtout, qui permettrait à l’Allemand de changer de statut. C’est désormais clair pour tout le monde, il est l’un des trois meilleurs sprinteurs du peloton.

Et on pourrait même avancer qu’intrinsèquement, il est actuellement le meilleur. Face à un Cavendish moins dominateur lorsque la concurrence est forte, un Greipel encore trop irrégulier et un Sagan pas assez puissant sur des arrivées toutes plates, Kittel prend l’avantage jour après jour. Encore méconnu du très grand public avant le départ de ce centième Tour, il est en train de devenir l’homme qui bat le maître Cavendish. Toujours derrière l’Allemand – à l’exception du jour de sa victoire, mais Kittel n’avait pu faire le sprint -, le Britannique a sûrement trouvé son rival le plus sérieux sur le long terme. Déjà comparé à Rudi Altig, les qualités de flandrien en moins, la nouvelle coqueluche du cyclisme germanique a de belles années devant lui. Les maillots verts ne lui tendent pas forcément les bras, la faute à Peter Sagan. Mais les victoires d’étapes, elles, ne peuvent que s’empiler sous sa puissance.

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