Le bonheur qui l'envahissait chez Cervélo, Óscar Pujol ne l'a pour l'instant jamais retrouvé - Photo Flickr, Kei Aie
Le bonheur qui l’envahissait chez Cervélo, Óscar Pujol ne l’a pour l’instant jamais retrouvé – Photo Flickr, Kei Aie

Les plus fins connaisseurs se souviennent de lui, les autres vont le découvrir. Óscar Pujol a couru trois années dans le circuit professionnel, il a connu l’aventure Cervélo puis servi une année l’ex Omega-Pharma. Mais victime de la loi des points UCI, il s’est retrouvé sans équipe début 2012 et sillonne désormais le circuit Asia Tour dans des équipes amateurs. Il raconte son histoire à la Chronique du Vélo. Interview d’un coureur qui garde sourire et espoir, malgré les difficultés du quotidien.

Bonjour Oscar. Pour commencer, comment vous décririez-vous ?

Je suis un cycliste espagnol, grimpeur et fils de l’ancien professionnel Juan Pujol, plus connu pour avoir été masseur attitré d’Indurain à la Banesto. Le cyclisme est ma passion et ma vie tourne autour du vélo. J’ai couru dans le Pro Tour et depuis deux ans, je cours dans des équipes continentales asiatiques.

Comment s’est passé votre début de saison avec l’équipe taïwanaise RTS Racing ?

J’ai signé dans cette équipe pour pouvoir courir le Tour de Langkawi et celui de Taiwan, avec éventuellement d’autres compétitions de l’Asia Tour. Mais nous n’avons finalement pu aller qu’au Langkawi… Désormais je fais des courses de VTT en attente de nouvelles courses sur route.

L’an dernier vous étiez dans l’équipe iranienne Azad University Cross. Pourquoi avoir changé de formation cette saison ?

Azad m’avait proposé de continuer avec eux mais avec un calendrier moins fourni. Ce changement d’équipe s’explique par la recherche d’un calendrier avec plus de courses.

Depuis avril 2012, vous courrez dans des équipes amateurs asiatiques à travers le monde. C’est parce que vous vous êtes retrouvé sans équipe pro à la fin de la saison passée, suite à la dissolution d’Omega-Pharma et de Lotto. Comment avez-vous vécu cette mise à l’écart, et comment avez-vous été renseigné de cette disparition ?

J’ai su que je ne resterai pas avec Lotto quand l’équipe a commencé à signer plusieurs coureurs alors que de mon coté, je ne recevais ni offre, ni proposition de calendrier pour l’année suivante. Pour moi ce fut triste parce que je pense que s’ils avaient eu confiance en moi, comme par exemple sur le Tour d’ Espagne, j’aurais été performant pour l’équipe.

Ce n’était pas une situation facile, comment aviez-vous vécu cette période à l’écart du monde professionnel ? Comment voyiez-vous votre futur à ce moment là ?

Ce n’était pas une situation facile, et ça ne l’est toujours pas aujourd’hui. Mais jusqu’à ce jour, je continue de courir et de me comporter comme un professionnel. C’est clair que j’aurais aimé poursuivre dans le World Tour mais je continue de m’entrainer, de prendre soin de moi pour progresser, et j’ai l’espoir d’avoir une opportunité. La retraite je n’y pense toujours pas, je décide au jour le jour.

Puis est venue cette équipe Azad University Cross…

Cela s’est très bien passé avec eux, ils m’ont offert l’opportunité de continuer à courir. Grâce à eux, de nouvelles portes se sont ouvertes à moi dans le monde amateur. J’aurais juste aimé pouvoir participer à plus de courses avec cette équipe l’an passé.

C’est un véritable choix de vie que d’aller courir dans une équipe amateur asiatique. A quoi ressemble votre nouvelle vie d’un point de vue social et sportif ?

C’est une opportunité de voir de nouveaux pays et de nouvelles personnes tout en continuant d’apprendre la chose que j’aime le plus, pédaler. Mon intégration a été bonne et l’on m’aide à apprendre de nouvelles langues et cultures.

Compte tenu du contexte économique difficile dans lequel nous sommes, comment s’en sortir quand on court en amateur à l’étranger ? Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Et bien ce sont des difficultés économiques habituelles et réelles. Mais j’essaye de faire mon possible pour gérer le budget et faire en même temps ce que j’aime, à savoir être cycliste.

Nous vous avions découvert en 2009 avec l’équipe Cervélo, avant de vous voir en 2011 chez Omega-Pharma. Vous avez donc travaillé avec les plus grands coureurs comme Carlos Sastre ou Philippe Gilbert. Quels souvenirs en gardez-vous ?

J’ai passé beaucoup de bons moments. J’ai pris beaucoup de plaisir chez Cervélo grâce aux coéquipiers et aux programmes de course. C’était une équipe de rêve. Chez Omega-Pharma je n’étais pas aussi à l’aise. Je croisais peu Philippe Gilbert mais ce garçon est un phénomène, j’ai de bons souvenirs de lui.

Comment voyez-vous votre avenir dans le cyclisme ? Envisagez-vous encore un retour chez les professionnels ?

Je continue de lutter pour trouver un débouché chez les professionnels. Nous vivons quelques années très difficiles pour le cyclisme, avec toutes ces mauvaises nouvelles. Et cela doit changer. Je l’espère bientôt avec de nouveaux sponsors et des appuis financiers.

Pour finir, quel sera votre maître mot pour la suite de la saison ?

Le premier objectif est de changer d’équipe et de trouver un calendrier correct. Pour pouvoir continuer à courir et prendre du plaisir sur le vélo.

Propos recueillis par Amine Ladouani


 

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