Porter le maillot arc-en-ciel pendant un an et gagner avec est forcément quelque chose de magique - Photo Le Télégramme
Porter le maillot arc-en-ciel pendant un an et gagner avec est forcément quelque chose de magique – Photo Le Télégramme

Champion du Monde Juniors en 2010, Olivier Le Gac a su continuer sa progression chez les amateurs. Après deux saisons chez Bic 2000, voilà que le Breton est récemment devenu stagiaire à la FDJ. Dans son envie de mettre en avant la jeune garde française, Marc Madiot s’octroie un très bon coureur supplémentaire. Cependant, le Plouviennois garde la tête sur les épaules et ne s’emballe pas. Plein de modestie, il le confie à la Chronique du Vélo, il y a encore du travail, et la marche entre amateurs et professionnels est haute. Son titre mondial acquis en Juniors l’a aidé, mais ne fait pas tout !

Bonjour Olivier. Pour commencer, comment ne pas évoquer la nouvelle tombée il y a quelques jours : vous voilà stagiaire chez FDJ pour la saison prochaine !

Oui, je suis très heureux. J’étais déjà à la Fondation FDJ et j’espérais vraiment être stagiaire cette année. J’aurais pu l’être déjà l’année dernière mais j’avais un beau programme en Espoirs donc j’avais préféré prendre mon temps. Mais cette année j’avais envie de découvrir un peu le monde pro et la FDJ me l’a proposé, j’en suis très heureux. Maintenant j’ai hâte d’être au mois d’août pour voir comment ça se passe chez les pros. Ce sera une bonne expérience.

Mais avec la Fondation vous aviez déjà participé à des stages l’équipe…

Oui, au mois de janvier et un peu plus anciennement l’année dernière, on avait été en Corse avec le groupe pro. On était quatre amateurs, c’était une très bonne expérience. On s’était bien entraîné, et on avait changé d’air, c’était très sympa de rouler en Corse. Et surtout, on avait pu voir comment fonctionne un peu l’équipe.

Pour vous ce contrat de stagiaire, c’est donc une évolution logique dans votre carrière ?

Oui c’est une évolution, même si moi j’aimerais surtout passer chez les pros. Mais c’est un autre monde, il y a une sacré marche à franchir donc être stagiaire ça me permet de voir comment ça se passe au niveau supérieur.

En tant que stagiaire, vous allez donc pouvoir disputer quelques courses avec les pros ?

Exactement. Mais pour l’instant je n’ai pas parlé du programme avec Yvon et Marc Madiot donc je verrai ça plus tard.

A même pas 20 ans, vous avez déjà un palmarès conséquent, et vous êtes aux portes du monde pro. Comment fait-on pour garder la tête sur les épaules, ne pas s’emballer et continuer de progresser ?

A vrai dire ce n’est pas trop dans ma nature de me prendre la tête, je pense avoir la tête sur les épaules. Je suis toujours chez les amateurs et il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’abord de passer chez les pros et après de faire carrière. On a déjà vu cette saison que c’est compliqué de confirmer, je pensais avoir plus de résultats. Toutefois, la forme est bonne, le week-end dernier j’ai eu quelques bons résultats mais on n’est jamais à l’abris d’un pépin physique ou d’une méforme, donc il faut relativiser. J’ai beau avoir été Champion du Monde en Juniors, ça reste qu’en Juniors donc il faut tout le temps continuer à progresser, à aller de l’avant.

Vous venez d’en parler, vous avez été Champion du Monde chez les Juniors. Est-ce que ça a changé votre vie sportive ou personnelle ?

Oui c’est sûr, avec un titre comme ça on est mis sur le devant de la scène. J’ai pu porter le maillot en Juniors 2 et je me suis fait connaître quand même grâce à ce titre de Champion du Monde, ça aurait été complètement différent si je ne l’avais pas été. Après c’est pas toujours évident de confirmer après un tel titre, mais il y a quand même beaucoup de points positifs, ça aide dans les années qui suivent le titre.

Concernant la course, ceux qui ont vu des images ont tous en mémoire votre superbe réflexe dans le dernier kilomètre… Vous déraillez et remettez votre chaine avec votre main tout en continuant d’avancer. Vous n’aviez que 10 secondes d’avance, si vous n’aviez pas eu ce geste exceptionnel, vous ne gagniez pas…

Oui je pense, mais je n’y ai pas trop réfléchi sur le coup, et j’ai du mal à décrire les derniers kilomètres. Je ne me rendais pas trop compte que j’étais en tête du Championnat du Monde à quelques kilomètres de l’arrivée. Mais après, quand j’ai revu les images je me suis dit oui, c’était quand même chaud ! Ca fait partie de la course et c’est sympa à évoquer, c’était joli ! Mais ça aurait très bien pu se passer autrement et j’aurais pu perdre le titre sur un coup comme ça. Alors peut-être un peu par chance, ça a réussi. Toutefois ça reste un titre, en Juniors, et maintenant il faut aller de l’avant.

C’est certain, d’autant que le public français a déjà connu de jeunes lauréats avec Le Bon et Sicard, et malheureusement chez les pros les débuts ont été difficiles pour eux. Avez-vous un peu d’appréhension à ce sujet ?

De l’appréhension non, mais je me rends bien compte qu’il faut quand même confirmer après. On remets pas complètement les choses à zéro mais pratiquement donc il faut continuer à progresser dans les catégories supérieures. Ce n’est pas parce qu’on a réussi chez les Juniors qu’on réussira après. Il ne faut pas baisser les bras et toujours faire le maximum pour progresser.

De votre côté en tout cas, vous continuez votre chemin avec cette saison une belle victoire aux Boucles de l’Essor et des places d’honneur. Cependant vous le disiez, vous n’êtes pas vraiment satisfait de ces résultats…

C’est sûr que je pensais avoir plus de résultats, plus de victoires. Surtout en début de saison comme je sortais de quelques victoires je me disais que ça devrait enchaîner. Mais c’est vrai que j’ai eu quelques périodes de doute alors que la forme était bonne, c’est pas toujours évident de confirmer. Je ne sais pas si c’est lié à mon titre de Champion du Monde ou si je n’ai pas toujours fait le maximum pour m’imposer à chaque fois. Mais là, le Championnat de France arrive, la forme est bonne et j’ai eu quelques bons résultats… Je n’ai pas levé les bras ce week-end mais j’ai fais trois fois podium sur les étapes. Donc je suis dans une bonne dynamique, il n’y a plus qu’à confirmer.

Vous le dites, dans quelques jours c’est les Championnats de France à Lannilis. Je crois savoir que vous habitez à Plouvien, c’est vraiment sur vos routes d’entrainements. Ca fait forcément rêver non ?

Oui c’est ça, Plouvien est à dix kilomètres de l’arrivée à Lannilis. Et c’est sûr que quand j’ai su que le Championnat se déroulerait à Lannilis, je me suis dit les routes je les connais, je n’ai même pas besoin d’aller reconnaître pour savoir où je vais mettre mes roues. Je passe sur le parcours à chaque fois que je pars m’entraîner. Ce sera donc un moment fort, je pense qu’il y aura beaucoup de supporters. Mais ce ne sera pas plus simple pour autant, un Championnat c’est très ouvert et j’ai autant ma chance que les autres coureurs. L’année dernière je fais troisième sur un parcours qui me convenait pas, en y allant sans véritable objectif, juste avec l’envie de bien faire. Cette fois c’est un parcours qui me convient mais ça peut aussi être aléatoire donc on verra bien comment ça va se passer. Je ferai le maximum, la forme est là et on verra le jour J.

Propos recueillis par Robin Watt


 

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