Ici dans la roue de Quintana dans l'ascension du Val Martello, Rolland peut rêver de podium final - Photo Gazzetta
29 mai 2014
Par  Robin Watt 

Ils ont le droit de croire au podium

Vers le refuge Panarotta, à trois jours de l’arrivée, Cadel Evans a craqué. Il a lâché sa troisième place à Pierre Rolland, et ne devrait plus en voir la couleur. Pour autant, le Français est loin d’être assuré de monter sur la boîte dimanche. Ils sont encore quatre à pouvoir espérer accompagner Quintana et Uran, jugés intouchables, sur le podium de ce 97e Giro. Pour faire la différence, il reste le cronoscalata de vendredi, et l’ascension du Zoncolan samedi.

Pierre Rolland, 3e à 3’29’’

Au départ de Belfast, on se disait qu’un top 10 serait un bon résultat pour le leader d’Europcar. Mais après presque trois semaines de course, le voilà qui se bat pour le podium ! Pas toujours au point tactiquement, il n’empêche que son tempérament offensif lui a permis de ne jamais être bien loin des cadors, et même de leur reprendre un temps précieux sur l’étape controversée de mardi, vers le Val Martello. Pour sa première participation au Giro, Rolland semble donc particulièrement à l’aise. Lui qui venait sans réelles ambitions, avec le Tour de France quoi qu’on en dise dans un coin de sa tête, est en train de prouver qu’il n’a pas perdu son niveau entrevu à l’été 2012, lorsqu’il avait pris la huitième place sur la Grande Boucle, tout en décrochant un succès de prestige au sommet de la Toussuire. La pression, par la suite, avait été difficile à supporter. Mais à 27 ans, et autre part que sous le feu des médias tricolores, Rolland est en passe de prendre une nouvelle dimension. Celle d’un coureur capable de décrocher un podium sur trois semaines !

Fabio Aru, 4e à 3’31’’

Lui aussi ne venait pas sur ce Giro avec le podium en tête. Il ne devait être qu’un équipier de Michele Scarponi, comme il l’avait été pour Vincenzo Nibali en 2013. Mais voilà, entre chutes et défaillances, le vétéran Scarpo a lâché trop de temps pour espérer un bon classement général, et le jeune Sarde a été propulsé leader par sa formation. Un statut qu’il assume à la perfection. Celui qui aura 24 ans dans quelques jours est d’une facilité et d’une régularité impressionnante en montagne. Vainqueur d’une étape à Montecampione, il prouve jour après jour son amour pour les pentes abruptes des cols transalpins. Astana a décidé de lui faire confiance, et pour l’instant, Fabio Aru le rend bien. Souvent dépourvu de soutien dans les dernières ascensions, le jeune italien ne s’en plaint pas, et fait son trou malgré tout. Ce jeudi, il a même attaqué dans les derniers hectomètres pour reprendre un tout petit peu de temps à Rolland. Le voici donc à deux petites secondes d’un podium auquel il ne rêvait même pas il y a trois semaines, et qui est maintenant à portée de main.

Rafal Majka, 5e à 3’31’’

Il est, avec Aru, l’autre jeune loup du top 5. Alors certes, le Polonais était un peu plus attendu du fait de son statut de co-leader dès le départ irlandais, mais aussi parce qu’on le voit depuis un an et demi performant à chaque fois qu’il dispute un grand tour. D’une aide précieuse pour Contador sur la Vuelta 2012, il avait surtout été tout près de décrocher le maillot blanc de meilleur jeune sur le dernier Tour d’Italie. Cette année encore, le paletot de meilleur jeune lui échappera, la faute à Nairo Quintana. Mais qu’importe, Majka a les moyens d’obtenir un classement général époustouflant, et c’est là-dessus qu’il se concentre. Un top 5 serait déjà inédit, alors que dire d’un podium ! Avant l’étape de Val Martello, il était d’ailleurs troisième derrière Uran et Evans, avant que la course ne soit totalement chamboulée. Mais rien n’est terminé, et si le leader de la Tinkoff-Saxo paraît parfois en difficulté, il ne lâche jamais vraiment. Il va falloir tenir encore deux jours, tout en reprenant au moins deux secondes à Rolland et Aru. Et si le podium se jouait aux bonifications ? Sur le Zoncolan, tout sera possible.

Domenico Pozzovivo, 6e à 3’52’’

Tout, même une épopée de Pozzo. L’Italien, leader de l’équipe AG2R La Mondiale, est en passe de réussir son Tour d’Italie. Mais il y a une grande différence entre une troisième place à Trieste, qui lui offrirait un premier podium sur son Tour national, et une sixième qui serait tout juste mieux que ce qu’il avait réalisé en 2012 (8e). Pour cela, le grimpeur de poche va devoir s’employer, à l’instar de ce qu’il a pu faire vers Sestola. Si son offensive n’avait pas été très prolifique au niveau comptable, elle était venu illustrer ses propos. Car depuis le départ, Pozzovivo affirme vouloir monter sur le podium de Trieste. Pour cela, compte tenu des 23 secondes de retard qu’il accuse, il va donc être contraint de prendre des initiatives. Sûrement sur le Zoncolan, à moins que le chrono en côte de vendredi ne lui permette déjà de faire la différence. Cependant, parmi le quatuor se disputant la troisième place, il est sans doute celui qui est le plus à l’aise sur les forts pourcentages, mais aussi celui qui à la giclette la plus dévastatrice. Ce qui pourrait être suffisant pour prendre quelques secondes d’avance, accompagnées de bonifications décisives…

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