Sur le chrono ce dimanche, Chris Froome a remporté le Tour de Romandie, comme en 2013 - Photo Sky
4 mai 2014
Par  Robin Watt 

Froome remet les pendules à l’heure

On le disait à cours de forme, en retard sur ses temps de passages de 2013, et on allait presque jusqu’à lui ôter son statut de grandissime favori pour le prochain Tour de France. Mais c’était sans compté sur l’orgueil de Christopher Froome, qui cette semaine en Romandie, a remis les choses au clair. Si le parcours n’était pas digne de la Grande Boucle, il y a devancé tout le monde. Et c’est déjà un signe important.

Un sentiment de déjà vu

« Je ne pensais pas qu’il était aussi fort. » Les mots sont signés de Vincenzo Nibali, juste après l’étape reine de vendredi, et sont lourds de sens. Car l’Italien est annoncé depuis le début de saison comme le principal rival du Britannique en juillet prochain. Et ce Tour de Romandie était l’un des premiers lieux d’affrontement entre les deux hommes, après un Tour d’Oman où le Squale était clairement en rodage, et un Liège-Bastogne-Liège où les deux hommes se sont montrés discrets. De quoi replacer Froomey tout en haut de la liste des favoris du Tour après une semaine parfaitement maîtrisée. En embuscade jusqu’à la journée la plus difficile, où il a fait la différence, le leader de l’équipe Sky a terminé de construire son succès sur le chrono de dimanche, qu’il a remporté devant le champion du monde de la discipline, Tony Martin. De nouveau imbattable en montagne et en contre-la-montre, il semblerait qu’on ait retrouvé le Froome d’il y a un an.

A l’époque déjà, il devançait sur la boîte Spilak et Costa. Un podium identique, donc. Seul l’écart change, il était un peu plus conséquent en 2013 – 54 secondes d’avance sur son dauphin, contre 23 cette semaine. Qu’importe, pour les partisans du Kenyan blanc, cela ne peut être autre chose qu’un signe annonciateur. A cause d’une blessure au dos puis d’une infection pulmonaire, le début de saison du natif de Nairobi a été tronqué. Mais le revoilà au premier plan, et ses détracteurs peuvent avoir peur. Jusqu’à la grande messe de juillet, il n’y a plus que deux mois. Et une seule épreuve pour juger de la forme des prétendants au maillot jaune : le Dauphiné. Course que Froome abordera dans la peau d’un favori retrouvé. La motivation est là, et les jambes aussi, de quoi dissiper les doutes du début de saison en seulement une semaine. Preuve de la force de frappe d’un coureur qui continue d’impressionner.

« Pas un message »

Après l’étape de vendredi et l’arrivée à Aigle, qui assurait presque sa victoire finale, l’Anglais restait très calme et poli. Mais on sentait dans ses propos un petit goût de revanche. « J’ai clairement senti que certaines personnes doutaient de ma forme, mais je suis resté calme », lâcha-t-il simplement aux journalistes. Alors, cette semaine, pas aussi difficile que l’an passé, mais ponctuée d’une victoire presque aussi autoritaire, était-elle un message à destination de ses adversaires, Nibali en tête ? « Non, ce n’est pas forcément un message, répondit-il sobrement comme pour ne pas piquer ses rivaux, mais c’est toujours bien de rassurer les gens autour de soi, ceux qui étaient inquiets que je ne sois pas prêt pour le Tour. » En clair, Froome est en forme et voulait le montrer. Désormais, tout le monde est au courant, et il a ôté à tous l’envie de remettre en doute ses capacités à glaner un second Tour de France.

En effet, il est redevenu depuis deux jours le grandissime favori de la Grande Boucle, en dépit du début de saison de Contador ou Valverde. Comme si d’un coup, tout le monde avait repris conscience de ses qualités, et de la domination qu’il était capable d’imposer. Il faut dire que peu l’avaient vu en février dernier remporter un Tour d’Oman presque anecdotique compte tenu de la forme de chacun, et que par conséquent, les derniers souvenirs du grand Froomey remontaient à l’été dernier. Un été qui pointe de nouveau le bout de son nez, même si ça n’a pas toujours été visible en Romandie, révélant la condition ascendante de Chris Froome. Et finalement, ce sont ses concurrents qui s’en rendent compte mieux que tout le monde. « C’était du bon Froome, même du très bon Froome, pour partir comme ça dès le pied… », confiait Thibaut Pinot vendredi soir. On n’aurait pas dit mieux…

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