Sur le chrono ce dimanche, Chris Froome a remporté le Tour de Romandie, comme en 2013 - Photo Sky
8 juin 2014
Par  Robin Watt 

Froome marque le premier point

Il est le tenant du titre, à la fois sur le Dauphiné et sur le Tour, qui débute dans moins d’un mois maintenant. Contador et Nibali sont alors là pour la même chose : faire tomber l’Anglais. Mais chacun de leur côté, ils n’ont pu contester la domination de Froome sur le chrono inaugural du Dauphiné, ce dimanche. Le leader de la Sky est déjà en jaune.

L’ascendant psychologique

Sur les 10,4 kilomètres dans les rues de Lyon, Chris Froome n’a devancé son dauphin, Alberto Contador, que de huit secondes. Vincenzo Nibali est guère plus loin, à 13 secondes. Un avantage mathématiquement anecdotique quand on sait ce que réserve le parcours de cette édition 2014. Mais psychologiquement, le Britannique a déjà pris un avantage considérable. On l’annonçait il y a encore quelques semaines à cours de forme, mais en Romandie, il a remis les pendules à l’heure. Et ce dimanche, il a simplement poursuivi sa marche en avant, se montrant intouchable, comme il y a un an. Car en effet, dans la cité rhodanienne, il était très difficile de faire la différence. Entre Contador, deuxième du jour, et Kwiatkowski, vingtième, l’écart n’est que de huit secondes. Soit autant qu’entre Froomey et le Pistolero. La preuve que l’animal a retrouvé du mordant, et l’envie de marquer son territoire d’entrée. Le Tour approche, et il n’est plus question, dans le clan Sky, de montrer ne serait-ce qu’un signe de faiblesse, qui alimenterait l’espoir des adversaires.

Froome a le devoir de se montrer insatiable, motivé pour gagner chaque étape, pour toujours accroître son avance et annihiler les rêves du duo Contador-Nibali. Il faut donner l’air de se balader tout en étant à fond. Car intrinsèquement, Froome ne demeure pas imprenable. Alors il faut au moins le faire croire, pour mettre le doute à ses concurrents. Il est difficile de comparer la forme de l’Anglais aujourd’hui et celle qui était la sienne il y a un an. En revanche, il est tout aussi dominateur, et c’est le plus important. Contador, entreprenant mais vaincu sur le dernier Tour de France, peut-il espérer faire tomber le Kenyan blanc cette année ? En tout cas, le principal intéressé fait tout pour faire croire que non, qu’il est imprenable et qu’il se dirige tranquillement vers un deuxième doublé Dauphiné-Tour. Il faut dire qu’au premier jour de l’épreuve savoyarde, presque tout le monde en est déjà convaincu, alors même que la route est encore très longue. C’est la preuve que Froome est en train de réussir dans son entreprise.

Enfoncer le clou vers le Col du Béal ?

Patron sur le chrono, Froome a désormais la possibilité de marquer le coup en montagne. Ce lundi vers le Col du Béal, c’est déjà une étape importante de ce Dauphiné 2014 qui se profile. Si la montée n’est pas un classique des grandes épreuves disputées sur le sol français, elle devrait déjà mettre en évidence quelques facilités ou faiblesses, au choix. Alors Froome n’aura pas spécialement besoin de bouger, ce ne sera pas à lui de le faire. Mais on n’imagine mal tout le monde rester bien sagement dans sa roue, et il aura sans doute quelques offensives à gérer. Les audacieux seront-ils assez dangereux pour que l’Anglais daigne accélérer ? Contador et Nibali, qui n’ont pas pour habitude de se laisser abattre, pourraient bien lancer les hostilités dès demain. Mais le risque d’un contre qui verrait Froome partir seul et peut-être tuer la course dès le deuxième jour reste présent. On l’a vu si souvent depuis un an…

Malgré tout, Contador, Nibali et les autres, autant que nous, peuvent encore espérer un peu de suspense jusqu’à la fin de la Grande Boucle. Cela passera par un Dauphiné réussit, qui ne laissera pas Froome dans son fauteuil. Les deux challengers du Britannique ne s’allieront sans doute jamais pour une cause commune, mais indirectement, peuvent parvenir ensemble à faire craquer le natif de Nairobi. Grimpeurs et rouleurs, eux aussi, ils sont surtout de grands attaquants, capables de faire basculer l’épreuve en une étape. C’est ce que Froomey doit redouter, et ce que le public espère. Pas spécialement pour voir perdre celui qui s’érige depuis début 2013 comme un monstre sur les courses par étapes, mais plutôt pour amener un peu de suspense. Histoire que l’on ne sache pas, au début de chaque épreuve sur laquelle il s’aligne, que Froome va gagner. C’était le cas en début d’année, mais l’Anglais a retrouvé comment dominer ses adversaires. A eux de renverser la tendance avant qu’il ne soit trop tard…

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