Est-ce la fin du mythe d’Euskaltel – Euskadi ? Dans la même intersaison, Rabobank aura arrêté son activité dans le milieu du cyclisme alors que la formation basque, autre dinosaure du peloton, a recruté des coureurs de toute l’Europe. C’est une partie de l’histoire des “Orange” qui prend fin. La mentalité basque très présente au sein de la structure avait fait d’Euskaltel une équipe presque exclusivement composée de coureurs de sa région. Malheureusement, les difficultés sportives mais aussi économiques de ces dernières années ont poussé les dirigeants à revoir leur stratégie de recrutement.

Russes, Grecs, Portugais, Slovènes, Marocains et Allemands ont pu intégrer l’équipe, au grand dam des supporters. D’autant plus que les recrues ne sont pas des coureurs en devenir, ni des valeurs sûres du peloton. En contrepartie, les départs de Velasco et surtout de Txurruka pourraient donc peser à un moment de la saison. Pour le reste, Euskaltel continuera de s’appuyer sur les mêmes hommes. La légende Samuel Sanchez, l’irrégulier Igor Anton, les expérimentés Mikel Nieve et Astarloza, et enfin les jeunes Mikel Landa, Ion et Gorka Izagirre.

La recrue : André Schulze

38 ans ! C’est l’âge de la recrue phare. Un choix largement discutable, surtout que l’arrivée du sprinteur allemand a obligé ses nouveaux employeurs à intégrer dans l’équipe son compatriote Steffan Radochla. De plus, depuis ses débuts professionnels en 2001, André Schulze, malgré ses capacités lors des arrivées groupées, n’a jamais connu le World Tour. Ce sera donc une découverte pour lui, et un gros pari de la part d’Igor Gonzalez de Galdeano, qui n’a là aucune garantie de succès. Afin de noircir encore un peu le tableau, on pourra signaler que les résultats de l’Allemand sont en baisse, seulement une victoire en 2012…

Toutefois, la régularité de l’ancien sprinteur de NetApp est incontestable. S’il ne compte aucune grande victoire au compteur, il n’a jamais passé une saison sans lever les bras, et cumule souvent de nombreuses places d’honneur. Un bon point qui a sans aucun doute été déterminant pour convaincre le staff d’Euskaltel, qui avait besoin de points UCI et qui sera surement dans la même situation lors du prochain hiver, au moment de confirmer sa place en première division. Le natif de Blansko n’est donc pas un cador du peloton, mais pourrait apporter ce que recherche Euskaltel : de l’expérience, des victoires au sprints et des points pour la saison prochaine.

Le coureur à suivre : Samuel Sanchez

La légende de l’équipe est toujours là, fidèle au poste. A 34 ans et après plus de 12 ans au sein de la formation basque, la motivation de “Samu” semble intacte. Champion olympique, deuxième de la Vuelta, troisième du Tour, l’Asturien de naissance n’a pas eu besoin de quitter son cocon pour connaître la gloire. Mais désormais, Sanchez veut se lancer de nouveaux défis. Déjà trois fois dans les six mais aussi meilleur grimpeur de la Grande Boucle, l’Espagnol en a visiblement fait le tour. En ce qui concerne la Vuelta, son tour national, il y a déjà cumulé deux podiums. Les objectifs de “SSG” sont donc légèrement différents pour 2013.

Le Giro, qu’il n’a jusqu’ici disputé qu’une fois, en 2005, devrait être la course la plus importante de l’année pour le natif d’Oviedo. A côté de ça, le quintuple vainqueur d’étape sur la Vuelta tentera de conserver son titre sur le Tour du Pays Basque, mais aussi d’enfin décrocher une victoire sur une ardennaise. Dans toutes les grandes courses de l’année, Sanchez a déjà obtenu des places d’honneur. Mais à 34 ans, la fin n’est plus très loin et l’Espagnol doit gagner rapidement pour étoffer un palmarès qui n’est pas à la hauteur de son talent. En doublant surement Giro et Vuelta, Samuel peut donc espérer réaliser un gros coup sur l’une des deux courses. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Points positifs :

– Samuel Sanchez, toujours capable de tirer l’équipe vers le haut
– Les frères Izagirre qui s’affirment comme de très bons coureurs capable de remporter de belles courses
– Plusieurs recrues capables de sauver les meubles dans les sprints, le gros point faible de l’équipe depuis ses débuts

Points négatifs :

– L’identité de la formation basque bafouée suite à un recrutement européen
– Un Samuel Sanchez qui commence à vieillir et un Igor Anton qui ne s’affirme pas comme un leader
– La pression du résultat qui sera présente toute la saison sous peine de voir l’équipe descendre en deuxième division

Buy me a coffeeOffrir un café
Vous avez aimé cet article de Robin Watt ? Participez à l'élaboration du prochain en contribuant aux frais d’hébergement du site.