Vainqueur du GP E3 en costaud, Geraint Thomas se pose comme l'un des grands favoris du Ronde - Photo
31 mars 2015
Par  Robin Watt 
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Et si Thomas était le patron ?

Il y a quinze jours, Geraint Thomas terminait cinquième de Paris-Nice, après avoir tenu la roue de Richie Porte sur la Croix de Chaubouret. Et la semaine dernière, il s’imposait sur le GP E3 avant de terminer sur le podium de Gand-Wevelgem, se montrant comme l’homme le plus costaud en ce début de printemps. De quoi nourrir de grandes ambitions à quelques jours du Tour des Flandres.

Pas vraiment un nouveau venu

On ne peut pas vraiment dire que l’aisance de Geraint Thomas sur les pavés est une totale nouveauté. En 2011, pour sa deuxième saison chez Sky, il avait déjà fait preuve de quelques facilités sur les flandriennes, en terminant deuxième d’A Travers la Flandre, puis dixième du Ronde. En 2013, il avait décroché deux quatrièmes places, sur le Nieuwsblad et le GP E3. Enfin, la saison passée, il avait de nouveau réalisé une très belle campagne, 3e à Harelbeke, huitième du Tour des Flandres puis septième de Paris-Roubaix. Une jolie pléiade d’accessits qui le classent évidemment parmi les spécialistes de la discipline. Pour autant, le voir si haut dans les classements depuis la semaine dernière a quelque chose de surprenant. Surtout compte tenu de sa performance à Paris-Nice, où il a terminé deuxième au sommet de la Croix de Chaubouret, sur les talons d’un Richie Porte incroyablement supérieur.

 Un grimpeur capable de jouer les premiers rôles sur les flandriennes, cela a quelque chose de vintage, qui nous ramène au plus tôt dans les années 1980. « Cette période entre Paris-Nice et Paris-Roubaix est justement mon grand objectif de la saison, a justement précisé Thomas. J’étais déçu de la façon dont s’est terminé Paris-Nice, mais je me sentais de nouveau très bien sur Milan-Sanremo. » Sur le GP E3, le Gallois a donc livré une copie parfaite, démontrant sa forme optimale et son sens tactique aiguisé. Largement de quoi faire vaciller des adversaires régulièrement défaillants. Surtout que le Tour des Flandres qui se profile est le point d’orgue du printemps de Thomas, qui aura carte blanche avant de se mettre au service de Wiggins sur l’Enfer du Nord. « Je suis impatient d’y être. Désormais, j’ai davantage confiance en moi et en mes capacités », a expliqué le natif de Cardiff après sa victoire à Harelbeke.

Tous les voyants au vert

Compte tenu de sa forme, Thomas a raison de vouloir en découvre. Largement au dessus du lot vendredi sur le GP E3, il l’était aussi sur Gand-Wevelgem dimanche. Seulement, une chute causée par une rafale de vent et sa tendance à sauter sur toutes les attaques l’ont incité, au moment où Paolini est sorti, à ne pas y aller. Sans doute le pouvait-il, mais il semblait lassé d’être le seul à prendre ses responsabilités. Déjà vainqueur deux jours auparavant, il n’avait pas de pression, tout le contraire de l’équipe Etixx notamment, qui tourne autour du pot depuis l’ouverture de la saison, sans parvenir à lever les bras. Alors le Britannique a pris la roue de Terpstra, et s’est contenté de monter sur le podium. Parce que cette fois-ci, il ne voulait pas risquer de tout perdre pour s’imposer. En revanche, il a pu constater qu’en l’absence de Boonen et Cancellara, il n’y a personne pour réellement prendre la course en main. Pas même les hommes de Lefevere, pourtant encore en surnombre vers Wevelgem.

« Je pense que même quand ils sont là, tout le monde a une chance, mais c’est sûr que sans eux, c’est encore plus ouvert » , a reconnu Thomas quant aux absences conjuguées de Boonen et Cancellara. Désormais, tout le monde pense qu’il peut gagner. » Y compris lui, bien évidemment. Très à l’aise quand la route s’élève, celui qui mènera l’équipe Sky sur le Ronde sera l’un des hommes les plus dangereux. Capable de faire d’énormes dégâts dans les monts, sa pointe de vitesse est également loin d’être ridicule, et certains auront tout intérêt à ne pas arriver au sprint avec lui. Parmi les hommes que l’on a vu en forme la semaine dernière, Thomas se pose alors comme le favori du Tour des Flandres. Pourtant, le Gallois refuse ce statut et préfère rester dans le rôle d’un outsider pour maximiser ses chances. « Vous savez, les favoris, c’est pour les bookmakers… », avance-t-il. Mais dimanche, il ne pourra pas se cacher, et sera même très surveillé. Ce sera l’occasion de voir s’il est capable de devenir un très grand.

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