19 février 2013

Danilo Di Luca n’est pas fini

Après des mois de galère chez Katusha, l’Italien retrouve son pays avec Vini Fantini – Photo Flickr, Luca Violetto

Pas encore à la retraite, Danilo Di Luca s’offre un nouveau challenge en rejoignant l’équipe continentale italienne Vini-Fantini, qui disputera le prochain Tour d’Italie. L’ex n°1 mondial s’étant refait une petite santé l’an dernier, on peut imaginer qu’il prenne part à son 9e Giro, course sur laquelle il a souvent brillé par le passé, mais aussi parfois rencontré quelques échecs. Ses ambitions ne seront plus les mêmes, Di Luca n’étant à priori pas en mesure de jouer le classement général (même si rien n’est à exclure…), mais le voir lever les bras une 10e fois sur la course rose ne serait pas surprenant.

Un puncheur émérite !

Tout de même, alors qu’on l’avait complètement oublié, qu’on le pensait perdu pour le plus haut niveau, ce solide gaillard de 37 ans nous a rappelés au bon souvenir des années 2000 avec une bonne année chez Aqua & Sapone. Dans cette modeste équipe privée de Tour d’Italie au profit des allemands de Net App (ce qui entraînera indirectement leur chant du cygne), il s’est montré beaucoup plus fringuant qu’au sein de la Katusha, animant systématiquement les semi-classiques italiennes auxquelles il aura pris part, particulièrement lors du Trypique Lombard avec des places sur les Trois Vallées Varésines et la Copa Agostini (3e). Son sprint final au championnat d’Italie où il devança sans problème le jeune Moreno Moser termine de démontrer que son explosivité reste une menace pour les adversaires les plus coriaces. Pellizotti vainqueur et Di Luca second, une revanche sur le destin pour ces deux coureurs repris par la patrouille, et chacun effacés des tablettes du Giro 2009 qu’ils avaient survolé.

En ce qui concerne les courses par étapes, ses quelques résultats notables ont été obtenus lors de courses en haute altitude, son principal fait d’armes étant réalisé au Tour d’Autriche où il dompta le Kitzbühel Horn, sans aucun doute sur le podium des cols routiers les plus difficiles d’Europe. Mais cette performance est à relativiser en tenant compte de la faiblesse de l’opposition (Morabito 2e, Rohregger 3e etc.). Le reste de sa saison fut ponctuée de hauts et de bas classiques d’un vétéran avec des accessits sur Tirreno-Adriatico (13e), la Semaine Cycliste Internationale (10e), les Tours de Slovénie et de Burgos (13e, 25e).

Snobée par RCS pour disputer le Tour d’Italie, Aqua & Sapone s’était donc vue remettre quelques précieux sésames pour certaines courses d’importance. L’occasion pour Di Luca de confirmer sa position de bon coureur, avec des performances honorables en Lombardie et en Emilie, mais pas de définitivement se refaire une place parmi le gratin mondial des meilleurs coureurs. A l’instar de son coéquipier Garzelli, qui a lui aussi décidé de revêtir les couleurs de Vini-Fantini, il semble bien parti pour vivre une fin de carrière tranquille ponctuée de quelques exploits sur les épreuves du calendrier italien. Juste assez pour rappeler aux plus jeunes le fantastique coureur qu’il a été autrefois.

Louis Rivas


 

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