Après sa chute dans les derniers hectomètres de la dernière étape de Paris-Nice, Costa a finalement assuré qu'il allait bien - Photo Bettini
17 mars 2014
Par  Robin Watt 

Costa en quête de victoire

La malédiction du champion du monde, on y a pratiquement droit tous les ans. Il faut dire que les exemples ne manquent pas : Gilbert, Cavendish, Evans, Ballan et dans une moindre mesure Hushovd, les cinq maillots arc-en-ciel ayant précédés Rui Alberto Costa ont connu des désillusions avec le fameux paletot sur le dos. Pour le Portugais en revanche, le début de saison pourrait être annonciateur d’une jolie moisson, histoire de mettre fin à une superstition coriace.

Il attend encore son bouquet

Depuis le mois de février, le nouveau leader de l’équipe Lampre accumule les places d’honneur. Après le Tour de Dubaï et deux manches du Challenge de Majorque, le natif de Povoa de Varzim s’est rendu au Tour d’Algarve, devant son public. Un bon moyen de se mettre en confiance, et le lauréat du circuit de Florence ne s’est pas fait prier. Sauf que face à lui, il y avait Michal Kwiatkowski et Alberto Contador. En cinq jours de course, le Portugais a donc pris trois fois la deuxième place : une fois derrière le Polonais, une fois derrière l’Espagnol, et une autre dans la roue de son coéquipier Sacha Modolo, au sprint. Dommage, un premier succès à domicile aurait été symbolique. Qu’importe, la saison ne fait que débuter. Sur Paris-Nice, on attendait alors Costa comme l’un des favoris. Et on faisait bien, puisqu’il a terminé deuxième du général, à quelques secondes de Betancur.

Mais alors que le Colombien a levé les bras deux fois au cours de la semaine, Rui Costa attend encore. Car à chaque fois, Betancur puis Slagter ont devancé le protégé de Brent Copeland, respectivement à Fayence et sur le circuit de Biot. Et la poisse du champion du monde a rattrapé le double vainqueur du Tour de Suisse, ce dimanche. Au moment de lancer son sprint – pour l’honneur puisque Betancur était présent et les bonifications n’auraient pas permis à Costa de prendre la tête du général -, le Portugais s’est retrouvé au sol. Une chute dans le peloton l’y a projeté alors qu’il était à quelques mètres de là. Tout le monde s’est relevé rapidement, sauf lui, resté sur le bitume quelques instants et très anxieux. A un mois des classiques, se blesser sérieusement est sans doute sa plus grosse hantise. Heureusement, il a pu repartir et parcourir les derniers hectomètres sous les applaudissements du public. Mais il faudra attendre encore un peu pour lever les bras…

Le mois d’avril pour déclic ?

De toute façon, rien n’est jusque là inquiétant. On a vu Costa très en jambes, montant en puissance en vue des classiques ardennaises tout en jouant la victoire finale sur Paris-Nice. Et puis le Portugais n’est pas l’un de ces coureurs qui accumulent habituellement les victoires. La saison dernière, il avait goûté au succès sur la Klasika Primavera, début avril. Il est donc largement dans les temps de passage de ce qui est jusqu’alors sa meilleure année chez les professionnels. Par la suite, il avait remporté une étape et le général du Tour de Suisse, avant de décrocher deux bouquets sur la Grande Boucle et bien sûr, le sacre mondial à Florence. Soit six victoires dans l’année. Un total satisfaisant surtout par les épreuves que le Portugais avait glané. Mais le nombre, lui, peut clairement être amélioré. Désormais leader et conscient de ses capacités, l’ancien de la Movistar pourrait briller sur les classiques, et décrocher, comme l’an dernier, une victoire à l’approche du printemps.

Seulement cette fois, il semble possible de viser plus haut, jusqu’à Liège-Bastogne-Liège. Car force est de constater que la Doyenne lui convient, avec son enchaînement de bosses et une distance rédhibitoire pour certains. De quoi se remémorer, forcément, les étapes sans répit de Gap et du Grand-Bornand, ou encore mieux, les Championnats du Monde. Car Costa n’est pas un champion du monde comme les autres. Déjà, il était plutôt inattendu, et c’est de plus en plus rare. Mais surtout, il a démarré sa saison encore mieux qu’en 2012, son année référence. Comme si lui, le maillot arc-en-ciel le transcendait plus qu’il ne l’annihilait. Ce qui serait logique, en somme. Sauf que ça ne l’a pas été pour ses quelques prédécesseurs. Alors il est peut-être temps de mettre un terme à cette malédiction qui veut que le champion du monde rate – à des degrés divers – sa saison. Le Portugais, de plus en plus, s’affirme comme un cador du peloton, et ce n’est pas un paletot un peu spécial qui va le freiner dans son ascension.

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