En levant les bras pour la 24e fois sur le Tour de France, Mark Cavendish s'approche des records - Photo ASO
En levant les bras pour la 24e fois sur le Tour de France, Mark Cavendish s’approche des records – Photo ASO

Il forge sa légende, course après course. Les grands tours, c’est son truc, et son nombre de victoires prend de l’ampleur. Depuis 2008, le Britannique a accumulé 42 succès sur le Giro, le Tour et la Vuelta. Un total impressionnant à seulement 28 ans, qui a de quoi faire frémir les plus grands, Eddy Merckx en tête.

Faire mieux que Cipollini…

Chez les sprinteurs, la référence s’appelle Cipo. Pendant près de 15 ans, le Toscan a fait du Tour d’Italie son jardin, y totalisant 42 étapes en seulement 14 participations. Soit une moyenne ahurissante de trois bouquets à chaque fois que le transalpin se rendait au départ de la course rose. L’exportation fut parfois difficile, Mario Cipollini n’a par exemple jamais conquis le maillot vert sur le Tour, malgré une douzaine d’étapes. La faute à sept abandons en huit participations, ajoutés à une disqualification pour une arrivée hors-délais. Sur le Tour d’Espagne, idem, il n’a jamais terminé l’épreuve. Comme si le beau gosse italien souhaitait que son nom reste à jamais associé à « sa » course, le Giro. C’est plus que réussi, mais Cavendish souhaite bien évidemment faire mieux. Et il l’a déjà en partie fait, en conquérant d’abord le maillot vert sur la Vuelta et sur le Tour, sans oublier le rouge en Italie.

Reste donc à se focaliser sur les victoires d’étapes, l’obtention de ces maillots s’avérant de plus en plus difficile. La faute à des parcours très exigeants en Italie, et à un phénomène nommé Sagan sur la Grande Boucle. Mais qu’importe, Cavendish se satisfait – presque – pleinement de lever les bras plus souvent que les autres, et d’être considéré comme le meilleur sprinteur du monde, voire de l’Histoire par certains. Evidemment, à ce sujet, il y a débat tant il est difficile de comparer les générations. Mais c’est un fait, Cav en est à 24 victoires sur le Tour quand son aîné André Darrigade n’en compte que 22. L’homme de l’île de Man est désormais le sprinteur au compteur le plus élevé, seuls Leducq, Hinault et Merckx figurant encore devant lui. Pour encore combien de temps ? Difficile à dire, mais si l’Anglais réalise une aussi bonne moisson que par le passé (en 2009, 2010 et 2011, où il avait toujours gagné au moins cinq fois), il sera dans une vingtaine de jours à Paris le dauphin du Belge.

…et surtout Merckx

Car ne nous y trompons pas, c’est bien le grand Eddy qui est au sommet. Recordman de victoires d’étapes sur le Tour avec 34 unités, il a aussi à son actif le record de victoires sur les grands tours en général : 64 ! Cavendish ferait presque pâle figure avec ses 42 succès. Mais l’homme, s’il n’est plus tout à fait au sommet de son art – et encore, ça reste à prouver – peut surfer sur une vague qui ne s’écroule toujours pas. Après un Tour 2013 difficile où il a subit la dure loi de Greipel et Sagan, tout en ne possédant pas une équipe réellement dévouée, il a retrouvé la confiance avec ses cinq succès en mai dernier sur le Giro. De retour dans l’Hexagone et malgré une première étape où il n’a pas pu disputer le sprint, voyant ses rêves de maillot jaune s’envoler, le Manx Express a repris du poil de la bête et mis tout le monde d’accord ce mercredi. Sagan, Greipel et tous les autres, ils étaient derrière lui.

Eddy Merckx peut donc se faire du soucis, et pour les deux records. Car il n’est pas rare sur trois semaines, de voir Cavendish claquer cinq succès. Et au rythme de deux grands tours par saison, The Man of the Man va vite améliorer les performances du Flamand. Rarement à la rue sur les courses les plus importants de l’année pour lui – pour ne pas dire jamais, puisqu’il n’y a qu’en 2007 qu’il est reparti d’un grand tour les mains vide -, l’ancien champion du monde ne chasse pas spécialement les records. Mais pour un garçon qui connaît aussi bien l’Histoire de la Petite Reine, se positionner en tête de ces classements honorifiques ne peut être anodin. Les légendes n’ont qu’à bien se tenir. Mark Cavendish est bel et bien entré dans leur cercle, aussi fermé soit-il.

Robin Watt


 

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