Victorieux avec la manière, Fabian Cancellara pouvait savourer sur le podium du Tour des Flandres - Photo Belga
1 avril 2013
Par  Robin Watt 

Cancellara, une fatalité

On attendait le duel entre Fabian Cancellara et Peter Sagan, on a été servi. Pour les 100 ans du Tour des Flandres, la première partie de course n’a pas été passionnante. Mais la suite a vu les deux favoris se livrer une superbe bataille, prouvant qu’ils sont bel et bien les patrons du peloton cette saison.

Une horlogerie suisse

L’abandon de Tom Boonen élimina déjà un concurrent de Canci après seulement 20 kilomètres. Mais clairement, il en restait d’autres, et la condition pour l’emporter restait la même : arriver seul à Audenarde. Après une longue course d’attente et une sélection par l’arrière, ce qu’il restait du peloton entama alors le Vieux Quarement pour la troisième fois de la journée. A ce moment là, il ne reste plus que 27 kilomètres, et l’unique Paterberg à franchir par la suite. Cancellara se devait alors de faire la différence dans cet enchaînement décisif. Une première offensive dans le premier des deux monts fit sauter tout le monde. Enfin, tout le monde sauf un : Peter Sagan. Celui que Spartacus a dernièrement critiqué, et qu’il ne souhaitait surtout pas emmener avec lui se retrouve alors collé à sa roue.

A l’approche du dernier passage du Paterberg, les deux monstres rejoignent alors Jürgen Roelandts. Pas forcément une bonne nouvelle pour le Suisse, puisque cela fait un rival de plus. Au pied de la montée, les trois hommes sont roue dans roue. Le mont aux pavés irréguliers ne fait que 330 mètres, ce qui ne laisse que peu de temps à Cancellara pour décramponner ses deux acolytes. Mais ça suffira… Le Belge, déjà fatigué par une échappée, cède le premier. Puis c’est au tour du Slovaque de laisser une, deux, trois longueurs d’avance au leader de la Radioshack. Au sommet, le Bernois vire seul sur la gauche pour « terminer le travail » comme il l’a dit lui-même. Il reste 14 kilomètres de plaine, et il ne sera plus revu. Malgré leur alliance, Sagan et Roelandts ne reviendront jamais, et perdront même plus d’une minute sur Cancellara. Une véritable horlogerie suisse…

Prodigieux en vue de Roubaix

En s’octroyant un deuxième Tour des Flandres après l’édition 2010, Fabian Cancellara entre un peu plus dans la légende. Mais il pourrait frapper encore plus fort en réalisant le doublé, comme il y a trois ans. Sur Paris-Roubaix, dimanche, il sera évidemment le grandissime favori. L’absence de Peter Sagan évitera des tracas au déjà double vainqueur de l’Enfer du Nord, mais c’est surtout le forfait annoncé de Tom Boonen qui le propulse presque déjà au rang de vainqueur avant même le départ. Après un Ronde intéressant mais où tout le monde attendait l’offensive du Suisse, on se demande qui osera remettre en cause sa domination ce dimanche. Les supporters belges, dévastés par la non-participation au Tour des Flandres de Philippe Gilbert et l’abandon prématuré de Tom Boonen, ont longtemps placé tous leurs espoirs en Jürgen Roelandts, finalement troisième. La clameur des spectateurs devant les écrans géants fut alors minime, tout juste correcte, pour féliciter le vainqueur. Comme par frustration, parce qu’ils savent que sur Paris-Roubaix, personne ne pourra le battre à la régulière.

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