Dream Team sur le papier, BMC est branchée sur courant alternatif, parfois bonne, souvent à la ramasse - Photo BMC
15 novembre 2013

BMC, une constellation d’étoiles sans grand éclat

Le regroupement de stars opéré par la BMC lors de l’intersaison 2011-2012 sonne comme un véritable échec. Deux années plus tard, Phillipe Gilbert s’est perdu, Thor Hushovd a disparu de la sphère des grands flandriens et le tandem Evans-Van Garderen cherche encore son équilibre. Désemparé, le manager John Lelangue a finalement jeté l’éponge suite à un Tour de France cauchemardesque où l’Américain et l’Australien ont totalement déjoué. Paradoxalement, depuis le départ du Suisse, tout va pour le mieux de l’autre coté des Alpes pour cette équipe qui a pratiquement dominé le calendrier post-Tour de France.

Une campagne de classiques à oublier

Tout avait mal démarré avec la chute lourde de conséquences d’Alessandro Ballan avant même le coup d’envoi de cette nouvelle saison.  Opéré de la rate, le « troisième homme » des classiques flandriennes manquera l’intégralité de la saison. Hushovd hors de forme et Burghardt cantonné dans son rôle d’équipier modèle, c’est encore une fois le sous-estimé Greg Van Avermaet qui sauve les meubles. 3e à Wevelgem et 4e de Paris-Roubaix, le Belge a prouvé sa polyvalence extrême, lui qui s’était davantage orienté vers les classiques ardennaises ces derniers temps. Eclipsé par Gilbert sur ce terrain, sa volte face forcée est un succès. Malgré les inquiétudes quant à son statut, VA continuera bien avec BMC dans le futur, un gage de sûreté pour la firme helvétique.

Exempté de la première quinzaine du mois d’avril, le champion du monde Gilbert était donc sous pression au moment d’aborder ses grands objectifs. Auteur du triplé en 2011, il n’est plus le même depuis et ses résultats décevants sont venus le confirmer à ceux qui en doutaient encore. L’Amstel, sa course de prédilection, avait déjà montrée un Gilbert affaibli, incapable de lutter avec les meilleurs, là où il les écrasait facilement auparavant. Encore plus discret en Belgique, que ce soit à Huy ou à Liège, Gilbert gardera cette cinquième place de la Gold Race comme meilleure performance de son année 2013. Pas terrible pour un champion du monde.

Une fin de saison en trombe

Attendu au tournant, Tejay Van Garderen remporte chez lui le Tour de Californie, tandis que Cadel Evans, longtemps dans la course au maillot rose, finira par baisser le pavillon face à Vincenzo Nibali. Epuisé par les conditions météorologiques, Evans boucle tout de même la course en troisième position, et revendique (au moins) un statut de co-leader au sein de son équipe sur le prochain Tour de France. Soucieux de ne pas blesser l’orgueil de son coureur emblématique, Lelangue plie et place Van Garderen dans une situation inconfortable. On pense alors que le scénario de 2012, où l’Américain avait tracté un Evans en perdition vers la septième place du général allait se reproduire… Ce sera malheureusement bien pire. Rapidement en difficulté, les deux leaders s’effondrent dès le premier massif montagneux, Van Garderen étant encore plus à la peine que son ainé ! Regagnant peu à peu sa confiance, l’ancien maillot blanc se lance alors dans une longue échappée lors de l’étape dantesque de l’Alpe d’Huez : raté. Victime d’une grosse panne dans les derniers lacés, il laisse filer Christophe Riblon et une étape mythique qui lui était pourtant promise. Van Garderen 45e à Paris, Evans 39e, la messe est dite, Lelangue démissionne.

S’ensuit alors une résurrection totalement invraisemblable. BMC qui ne gagnait plus se met d’un coup à accumuler les succès à une vitesse prodigieuse. Van Avermaet ne laisse aucune chance au pauvre Kolobnev en Wallonie, Thor Hushovd frappe par deux fois en Pologne où le rouleur Taylor Phinney remporte un sprint ! Inarrêtable, le Norvégien domine chez lui l’Arctic Race of Norway, puis finira son raid victorieux quelques mois plus tard sur le Tour de Pékin. Entre temps, Van Garderen, pur produit de la région, s’était offert le Tour de Colorado. Même Evans, jusque là muet, déverrouilla son compteur sur le Tour d’Alberta. Au total, 17 victoires entre la fin du mois de juillet et le final du World Tour à Pékin, en octobre. Une fin de saison en or qui se poursuivra jusque dans les négociations contractuelles avec la prolongation de l’intégralité des cadres de l’équipe ainsi que la signature des prometteurs Darwin Atapuma, Ben Hermans, Peter Stetina et Rick Zabel pour 2014.

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