C'est pour une petite seconde que le Belge Jan Bakelants est parvenu à franchir la ligne en premier - Photo ASO
C’est pour une petite seconde que le Belge Jan Bakelants est parvenu à franchir la ligne en premier – Photo ASO

En remportant la deuxième étape de ce Tour de France 2013 entre Bastia et Ajaccio, Jan Bakelants a fait coup double et a flairé le bon coup dans un final d’étape très débridé depuis le pied de la côte du Salario. Au terme d’une journée une nouvelle fois mouvementée, les surprises s’enchaînent dans ce préambule corse visiblement loin d’avoir livré la totalité de ses enseignements…

Sagan prend déjà une option

Après une entrée en matière tonitruante hier à Bastia, marquée par une chute massive ayant mis à mal l’ambition de l’immense majorité des hommes les plus rapides du peloton, ces derniers comptaient bien rabattre leurs ambitions de victoire aujourd’hui, en dépit d’un parcours nettement plus accidenté mais qui laissait des doutes quant au déroulement de la course. Mais au final, l’illusion n’aura pas eu lieu. Si le sprint intermédiaire en début d’étape a permis à André Greipel de se rattraper et à Marcel Kittel de grappiller quelques points, la suite aura été toute autre. Lâchés dès les premières rampes du col de Bellagranajo, Mark Cavendish et André Greipel devront attendre. Marcel Kittel, lui, pour son premier jour en jaune, n’a pas fait long feu non plus et n’aura goûté que ponctuellement aux joies de la tunique de leader. Comme on pouvait s’y attendre, il fallait être costaud pour passer les bosses du jour et avoir une chance de disputer le sprint final.

Dans la suite de la journée, on imaginait donc déjà la victoire de Peter Sagan. Oui mais voilà, Jan Bakelants en avait décidé autrement. Sorti à une dizaine de kilomètres de l’arrivée, il a résisté seul au retour de la meute dans le dernier kilomètre pour s’imposer avec une petite seconde d’avance sur un Sagan forcément déçu. Le Slovaque peut malgré tout se consoler en voyant le classement du maillot vert. La tunique reste sur les épaules de Kittel, mais de très peu. Le leader de la Cannondale est à 43 points, soit seulement quatre de moins que l’Allemand. Mais surtout, les concurrents Greipel et Cavendish ont déjà pris un retard non-négligeable. Seulement 21 points pour le natif de Rostock et 17 pour l’ancien champion du monde. Rien de rédhibitoire évidement, mais le moral de Sagan, même deuxième aujourd’hui, doit être au beau fixe. Malgré deux équipes totalement dévouées, les deux hommes, réputés comme étant les plus rapides du peloton, n’ont encore jamais joué la victoire, et doivent se contenter des sprints intermédiaires…

Jour de premières pour Bakelants

Mais ne nous y trompons pas, le vrai gagnant du jour est bien le Belge, victorieux sur les routes du Tour pour sa première participation. Venu pour jouer les équipiers d’Andy Schleck, le voilà qui endosse le maillot jaune auquel son leader n’ose même pas rêver. Alors la joie risque d’être furtive puisque si le natif d’Audenaarde pourrait garder le paletot demain à l’issu de la dernière étape corse, le contre-la-montre par équipes de Nice devrait lui être fatal. Mais qu’importe, Bakelants peut profiter de sa victoire, sa première chez les professionnels. Longtemps annoncé comme un futur coureurs de grands tours, le Flamand n’a jamais confirmé sa 17e place plutôt prometteuse sur le Tour d’Espagne 2010. Il lui a donc fallu évoluer, et depuis son transfert chez Radioshack, il fait un très bon équipier pour ses différents leaders. Ce jour de gloire est donc amplement mérité pour un garçon à la carrière jusque là atypique.

Toutefois, il y a autre chose que l’on retiendra de cette journée : l’attaque de Chris Froome dans la côte du Salario. Il n’y avait qu’un kilomètre de montée, mais la pente était au rendez-vous avec près de 9% de moyenne. Suffisant pour que le Britannique passe de la parole aux actes, lui qui avait annoncé être un favori offensif, qui n’hésiterait pas à attaquer. Richie Porte s’est donc rapidement placé en tête du peloton pour faire le tempo, avant que le leader de la Sky place une accélération, à quelques hectomètres du sommet. L’écart a été fait et Froome a donné quelques sueurs à ses concurrents avant d’être repris. Car l’attaque a étonné. En opérant alors que le sommet était déjà proche, le favori n°1 de ce Tour 2013 pensait-il vraiment pouvoir faire des écarts ? Ou n’était-ce qu’une stratégie pour montrer qu’il est bien là ? La réponse dans les prochains épisodes…

Robin Watt et Alexis Midol


 

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