Sur l’étape reine de Tirreno-Adriatico, ce n’était pas compliqué : on avait Nairo Quintana tout devant, Vincenzo Nibali tout derrière, et le reste des favoris entre les deux. Chacun y est allé de son attaque, mais sous la neige italienne, un seul a fait la différence. Le Colombien a déjà marqué les esprits.

Un air de Tour d’Italie

La neige qui tombe a 1700 mètres d’altitude, et les meilleurs grimpeurs du peloton qui se disputent la victoire, on se serait cru au mois de mai, sur le Giro. On a repensé aux arrivées du Jafferau ou aux Tre Cime de Lavaredo, sur l’édition 2013. Toutefois, il y avait une petite différence : Vincenzo Nibali n’était pas le patron. Au contraire, le Squale s’est montré incapable de suivre l’attaque de Nairo Quintana, et concède au sommet plus de deux minutes au grimpeur colombien. Les autres ont plus ou moins limité la casse – plutôt moins d’ailleurs -, se montrant pour certains entreprenants, mais inefficaces. Contador, Pinot, Uran et Mollema ont en effet tenté leur chance, voulant revenir sur le leader de la Movistar. Tous les quatre ont attaqué, mais seul le Néerlandais s’est détaché, et de façon assez minime puisqu’il n’a repris que quatorze secondes à ses rivaux.

Cette journée a donc clairement montré que le début de saison réussi de Contador ne l’assurait en rien de battre Pinot et Uran, qui se présentaient sur Tirreno sans réels repères après des premiers mois discrets en 2015. L’Espagnol a placé plusieurs banderilles, a fait travaillé Basso puis surtout Kreuziger, mais rien n’y a fait. Pinot, lui, esseulé toute la montée, a pris ses responsabilité et fait bougé le groupe par moments, sans réussir au final à faire beaucoup mieux que son compère espagnol. Pour Uran et Pozzovivo, ce n’était pas mieux. Rodriguez l’a joué comme d’habitude, collant les roues jusqu’aux 500 dernières mètres, alors que Yates a surprenamment accroché tout ce beau monde. Clairement, sur les pentes du seul grand col de la semaine, il y avait donc Quintana et les autres. Et Nibali, encore plus loin…

Une montée et des réponses

Avoir au programme un col de seize kilomètres dès une course du mois de mars, comme le signalait Thibaut Pinot hier soir, c’est assez rare. Le Terminillo, pour tous ces leaders, était donc un rendez-vous à ne pas manquer, une montée au terme de laquelle on tirerait forcément les premiers enseignements, d’autant que presque tous les prétendants à un podium sur le Tour étaient là. Malheureusement pour Nibali, les réponses apportées ne sont pas bonnes. On savait qu’il n’avait que peu couru en 2015, mais d’autres dans le même cas s’en sont très bien sortis. Quintana en est l’exemple parfait, lui qui n’avait couru que le Tour de San Luis et ses championnats nationaux. Deux minutes et quinze secondes d’écart entre les deux hommes à l’arrivée, cela ne peut pas être anecdotique. Alors que le Colombien a plus que rassuré, l’Italien commence à inquiéter.

Pour les autres, ils paraissent simplement dans les temps. Pinot et Contador étaient un peu au dessus, mais tous semblaient de toute façon à bloc, et le fait qu’ils terminent ensemble témoigne d’un état de forme encore similaire. Ils sont en rodage, les attaques pas assez tranchantes d’à peu près tout le monde l’ont montré. Seul Quintana, dans cette montée décisive pour le classement général, a su démarrer assez violement pour ne pas être revu. Malicieux, le vainqueur du dernier Giro a d’ailleurs parfaitement choisi son moment, attaquant quand Contador se laissait glisser en queue de peloton on ne sait trop pour quelle raison. Mais le plus important reste que personne n’a pas pu se cacher durant l’ascension. Le meilleur était devant, les autres n’ont pu se départager. Pourtant, si quelqu’un avait pu suivre Quintana, nulle doute qu’il l’aurait fait…

Robin Watt

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