A Brescia, Vincenzo Nibali a pu savourer un sacre acquis sans encombre sur le Tour d'Italie - Photo DDPI
19 novembre 2013
Par  Robin Watt 

Astana autour d’un grand Nibali

Cette saison chez les kazakhs, ça n’a pas été compliqué : on n’a pas cessé de rouler pour Vincenzo Nibali. Et le Sicilien, en très grande forme, ne s’est que très rarement loupé. Certes, il aurait pu faire un tout petit peu mieux et se hisser en véritable patron du peloton. Mais ses performances de 2013 le placent comme un prétendant à la victoire sur le Tour 2014. C’est déjà pas mal…

Le Squale était affamé

La saison de Nibali s’est découpée en deux parties, dont la première, s’étalant de janvier à mai, a été la plus prolifique en terme de résultats. Discret au Tour de San Luis, en embuscade en Oman, redécouvrant son Italie sur le GP Camaiore et la Roman Maxima, il s’est ensuite imposé, pour la première fois de la saison, sur Tirreno-Adriatico. Après sept jours de course intenses, il devance Chris Froome grâce à un incroyable coup de force la veille de l’arrivée. Il sera le seul à avoir fait tomber le Britannique sur une course à étape entre janvier et juillet. Les prémices d’une victoire presque facile sur le Tour d’Italie, son Tour d’Italie. Dominateur de la tête et des épaules et maillot rose après seulement une semaine de course, le transalpin a étrillé la concurrence, de Wiggins à Uran en passant par Evans. A Brescia, ça faisait presque cinq minutes d’avance sur son dauphin, et une victoire que tout le monde ne pu qu’applaudir.

Entre-temps, le leader d’Astana s’était adjugé le Tour du Trentin, presque aisément, simplement pour se préparer. Alors après une telle réussite, on imaginait Nibali en passe de réussir le fameux doublé Giro-Vuelta. On a donc retrouvé le même schéma qu’en début de saison. Discret pour son retour, en Pologne, l’Italien a remontré le bout de son nez au Tour de Burgos, quinze jours avant le départ du Tour d’Espagne. Puis est venu le moment de se lancer, avec des adversaires que l’on imaginait plus coriaces encore que sur la course rose : cette fois, ce serait Rodriguez et Valverde ! Pas de problème pour Nibali, qui les a devancé à Madrid. Mais un homme avait surpris son monde, Chris Horner. Pour une poignée de secondes, le Requin de Messine dut se résigner… Et il subira un autre revers, une semaine plus tard, sur les Championnats du Monde de Florence. Au terme d’une course héroïque, esseulé, le Squale ne peut faire mieux que quatrième. Deux grosses désillusions qui feraient presque oublier qu’il a porté l’équipe Astana à bout de bras…

Une équipe des plus dévouées

Aux côtés de Nibali, on a retrouvé une équipe très soudée et qui s’est assez peu dispersée. Avec seulement huit victoires pour le reste de la formation kazakhe, c’est comme si tout le monde s’était arrêté lorsque l’Italien n’était pas en compétition. Mais cet état d’esprit n’empêche pas quelques déceptions. Andrea Guardini, notamment, qui avait carte blanche au niveau des sprints, n’a que trop peu été dans le coup, ne décrochant qu’un seul bouquet et quelques rares podiums sur des courses mineures. Maxim Iglinskiy, lui, a été très loin de rééditer sa performance de 2012, où il avait remporté Liège-Bastogne-Liège, ne s’adjugeant qu’une étape du Tour de Belgique et le Tour d’Almaty. Enfin, l’espoir de toujours, Kévin Seeldraeyers, a levé les bras à deux reprises sur le Tour d’Autriche, la seule semaine de l’année où on l’a vu en forme. Ce qui ne lui a même pas permis de remporter l’épreuve, terminant troisième, derrière son coéquipier Dyachenko, deuxième. Un échec collectif sur une course de seconde zone pour Astana.

Pour les autres, on sera indulgent. Enrico Gasparotto, en ayant beaucoup moins de libertés que l’an passé, a été présent sur les classiques (14e de Milan-Sanremo, 9e de l’Amstel, 6e de Liège, 7e du GP de Montréal et 5e du Tour de Lombardie). Pour Fredrik Kessiakoff, situation similaire, il a été utilisé en équipier de Nibali sur de très nombreuses épreuves, ne lui permettant pas de se montrer autant que la saison dernière. Et surtout, il a dû abandonner sur le Tour pour ne reprendre que plusieurs mois plus tard, la faute à une vilaine blessure. Enfin, Jakob Fuglsang, leader de son équipe sur le Tour de France, a été plus que satisfaisant avec une septième place finale et une victoire d’étape passée toute proche à Bagnères-de-Bigorre. Alors c’était très clair. En 2013, Astana rimait avec Nibali et tout le monde ou presque a travaillé pour lui. Et bien qu’on se le dise, en 2014, ce devrait être du pareil au même, avec une équipe encore plus étoffée !

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