Vainqueur de la Flèche wallonne et de la Clasica San Sebastian, Valverde a marqué la saison de son empreinte - Photo AFP
3 décembre 2014
Par  Robin Watt 
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Alejandro Valverde, puncheur de l’année 2014

Le Murcian a le plus grand mal à faire l’unanimité, sa tendance à ne prendre que peu d’initiatives n’aidant pas. Mais avec deux victoires d’envergure et des places d’honneur sur les plus grandes épreuve du calendrier, difficile de remettre en cause sa supériorité cette année.

Exaspérant parfois, efficace souvent

On peut évidemment reprocher à Valverde de ne pas prendre assez d’initiatives, de trop se cacher dans les roues de ses concurrents et de préférer assurer un podium plutôt que de risquer de tout perdre pour la victoire. Il faut s’y faire, le panache ne fait pas partie des qualités de la vedette de l’équipe Movistar. Sa stratégie peut s’avérer des plus détestables pour certains spectateurs, qui ne voient pas en l’Espagnol le cycliste qu’ils aimeraient. Et ce sont peut-être ses choix tactiques qui ont fait perdre à Valverde de grandes courses, parmi lesquels ces Championnats du Monde où il a décroché six podiums mais toujours pas de victoire. Toutefois, le talent, même avec une tactique douteuse, suffit assez régulièrement à l’Imbatido pour lever les bras. En 2014, il a décroché onze victoires et n’est devancé dans ce classement que par quatre sprinteurs : Greipel, Démare, Kristoff et Kittel.

Mais le plus marquant lorsqu’on s’attarde sur les résultats de Balaverde en 2014, c’est la quasi absence de gros ratés. Certes, il aurait pu (et dû ?) gagner Liège-Bastogne-Liège au printemps, ou le Tour de Lombardie à l’automne ; et n’a terminé « que » deuxième à chaque fois. Mais si par ratés on ne parle que des épreuves où il a terminé hors du top 5, alors il n’y en a eu que six. Et toutes entre janvier et la mi-avril, période où il est censé être encore en préparation. Quand on ajoute des succès sur la Flèche wallonne ou la Clasica San Sebastian à ces innombrables accessits, difficile de critiquer la saison d’Alejandro Valverde. Il s’est montré partout, sur les grands tours comme sur les classiques, a très souvent donné une impression de supériorité même s’il n’a pas toujours su l’exploiter.

Eternel Imbatido ?

Véritable patron du triptyque ardennais de 2014 (Valverde a récolté 200 points UCI, contre 150 pour Gerrans et Kwiatkowski et 102 pour Gilbert), l’Espagnol a prouvé que même à 34 ans, il pouvait encore être au top. Avec la totale confiance d’Eusebio Unzué, qui en a fait son leader sur toutes les classiques mais aussi sur le Tour de France, le Murcian est allé tutoyer des sommets qui semblaient lui devenir inatteignables il y a déjà quelques années. De quoi nous rappeler l’époque où il visait la victoire partout où il s’alignait, se posant comme le meilleur coureur du peloton. Parce que le Valverde de 2014, qui a terminé – pour la troisième fois de sa carrière – numéro un mondial, est très proche de celui de 2008. Cela valait bien le titre honorifique de meilleur puncheur de l’année.

Après son incroyable saison, l’Ibère entamera donc 2015 avec le plein de confiance, et pourra nourrir l’ambition d’un autre exercice de haute volée, peut-être la dernière cette fois-ci, même si l’on n’ose plus s’aventurer à des pronostics quant à la carrière de Valverde. Parce que vous, vous auriez imaginé qu’il ferait dix ans à la Caisse d’Epargne, devenue Movistar ? Et qu’il retrouverait son meilleur niveau après sa suspension ? Sa carrière nous a mené de surprise en surprise, parfois de désillusion en désillusion, mais plus souvent de victoire en victoire. Certaines choses lui manquent encore, comme ce maillot arc-en-ciel, ou la reconnaissance unanime. Mais le respect, au moins, il l’a imposé.

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