Avec son succès à l'Alpe d'Huez, Riblon a décroché la plus belle victoire de l'année pour AG2R - Photo ASO
11 novembre 2013
Par  Robin Watt 

AG2R La Mondiale, le contraire de seul au monde

Cette saison au sein de la formation de Vincent Lavenu, on a partagé. Pas de grand leader défini mais plusieurs coureurs qui à tour de rôle se sont illustrés sur les plus grandes courses. Evidemment, on retrouve parmi ceux-là Betancur, Pozzovivo, Bardet et Riblon. Le tout pour une saison réussie, seulement entachée d’un épisode douloureux…

Une équipe de grimpeurs

A regarder le bilan statistique, on pourrait se dire qu’AG2R a fait une moyenne voire une mauvaise saison. Mais les « seulement » huit victoires de l’équipe française ne reflètent absolument pas l’ensemble de l’année. Evidemment, les deux succès de Christophe Riblon, à l’Alpe d’Huez sur la Grande Boucle puis au Passo Pordoi sur le Tour de Pologne sont les principaux faits d’armes de sa saison. Mais l’autre tricolore de l’équipe très en vue cette saison n’a gagné « que » le général du Tour de l’Ain. Pourtant, s’il y a bien quelque chose à retenir, c’est sa régularité tout au long de l’année, de l’Etoile de Bessèges au Tour de Pékin, et bien sûr cette montée en puissance sur le Tour de France, avec une quinzième place finale. Sans oublier Jean-Christophe Péraud, placé à Paris-Nice (3e) puis au Tour de Romandie (6e) mais contraint d’abandonner sur la grande messe de juillet. Et ce à quatre jours de l’arrivée, alors qu’il occupait la neuvième place au général…

Heureusement, deux autres hommes ont tenu la baraque sur les grands tours, en Italie comme en Espagne. L’intenable Carlos Betancur, bien sûr, cinquième du Tour d’Italie et meilleur jeune pour sa première année sous les couleurs d’AG2R. En notant que le Colombien, quelques semaines avant, s’était illustré sur les classiques ardennaises (3e de l’Amstel et 4e de Liège). Et puis il y a eu le désormais expérimenté Domenico Pozzovivo, lui aussi transfuge hivernal qui découvrait le World Tour. Dixième de son Tour national, on pouvait s’attendre à un peu mieux. Il l’a compris, et s’est rattrapé à la perfection sur la Vuelta, terminant sixième, juste derrière les cadors. L’aboutissement d’une saison où, sans être gagnant, il avait souvent été placé : 9e du Tour d’Oman, 11e de Tirreno, 7e du Tour de Pologne et 15e du Tour de Lombardie. Cela fait donc deux recrues qui ont eu le rendement attendu, voire plus. Une belle satisfaction pour Vincent Lavenu, une saison après avoir complètement sombré suite à un mercato basé sur les points UCI.

La difficulté des sprints, et l’auto-suspension…

Cependant, tout n’a pas été rose pour l’équipe savoyarde. S’il faut ajouter les victoires de Kadri sur la Roma Maxima et de Bouet au Trentin, le bilan de l’équipe reste très moyen en ce qui concerne les sprints. Samuel Dumoulin, grâce à une régularité impressionnante, s’est de nouveau adjugé la Coupe de France. Mais en ne remportant que deux bouquets dans la saison. Et pour les autres, c’est très loi des attentes. Un top 10 pour Bagdonas sur l’ensemble de la saison, quatre pour Mondory et dix pour Appollonio, mais sur des courses de seconde voire troisième zone… Quand à Hutarovich, encore régulièrement blessé, il s’est raté sur ses objectifs principaux, profitant souvent de la faible concurrence. Il n’y a donc que l’Italien Belleti, qui ne sera plus de la maison la saison prochaine, qui rehausse le bilan : onze tops 10, dont sept en World Tour, sur des épreuves comme le Giro et Tirreno.

Enfin, il y a cet épisode, forcément douloureux, mais que l’on ne peut pas passer sous silence : le double contrôle positif, de Steve Houanard d’abord, de Sylvain Georges ensuite. Adhérent des plus fidèles au MPCC, AG2R n’a donc pas eu le choix, il fallait s’auto-suspendre pour la prochaine course World Tour… qui était le Dauphiné ! Une grosse désillusion, qui heureusement, sera en partie effacée par la suite. Mais les faits sont là et vont forcément nuire un petit moment à l’équipe de Vincent Lavenu, qui n’a cessé de se dire « très en colère. » Au final, la réputation de l’équipe et les sanctions drastiques prises rapidement devraient permettre de limiter les conséquences, mais c’est évidemment un épisode dont se serait bien passé AG2R. Le Dauphiné était un grand objectif qu’ils n’ont même pas pu disputer. Alors à n’en pas douter, l’an prochain, les précautions seront renforcées. Et on espère, les résultats encore meilleurs !

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