Dans la suite de nos bilans de la saison, place aux révélations, ceux que l’on n’attendait pas à ce niveau mais qui nous ont surpris par leurs performances. Entre nouvelles têtes et anciens de retour aux affaires, le mélange est homogène, et on espère que tout ce beau monde confirmera l’année prochaine.

Nairo Quintana :  Le Colombien est sans aucun doute la révélation en montagne de l’année 2013. Pourtant, il n’a débuté qu’en 2012 sous les couleurs de la Movistar, après quelques performances chez Colombia es Pasion. Ses premières performances (notamment sur le Tour de Murcie et sur la Vuelta) mirent en lumière ses qualités, et Nairo était connu des plus experts comme un bon petit grimpeur, prometteur. Mais qui aurait pu croire qu’il allait terminer deuxième de son premier Tour de France ? Meilleur jeune, meilleur grimpeur de la 100è Grand Boucle, Nairo Quintana a été très efficace sur les courses auxquelles il a participé. Vainqueur du Tour du Pays Basque et de Burgos, el escarabajo est devenu la nouvelle coqueluche du cyclisme par son style bien a lui et sa vélocité quand ça monte. Une grosse côte pour 2014.

Michal Kwiatkowski : Il n’existe pas beaucoup de coureurs du profil de Michal Kwiatkowski, puisque c’est l’un des hommes les plus polyvalents du peloton. Assez peu en vue sur ces deux premières années pros, le Polonais a pointé le bout de son nez en fin d’année 2012 sur son tour national et sur l’Eneco Tour, où il termina huitième. De bon augure pour ce cycliste tous-terrains qui s’est montré très bons sur les ardennaises au printemps dernier (4e de l’Amstel, 5e de la Flèche). Mais ce n’est pas tout puisque Kwiatkowski se débrouille sur les pavés et est un bon rouleur. 11è du dernier Tour, il lui manque encore un peu de caisse pour gagner sur trois semaines, mais ça ne saurait tarder.

Marcel Kittel : C’est le sprinteur de l’année 2013, d’ailleurs élu comme tel par notre rédaction. Car Marcel Kittel a rarement été battu cette saison. Sur les routes du Tour de France, l’Allemand a surclassé son rival de l’Ile de Man, Mark Cavendish, avec quatre victoires à deux. Avec plus de quinze bouquets sur l’ensemble de cette saison, c’est une réelle performance qu’a réalisé le coureur d’Argos-Shimano. En 2012, il avait gagné sur de nombreuses courses continentales, et la marche semblait haute avec les plus grandes courses du calendrier mondial. Mais le natif d’Arnstadt a prouvé à tous qu’il était capable de se hisser au niveau des cadors du sprint, et même de les dépasser. Sa victoire sur les Champs-Elysées marque peut-être le passage de témoin entre Cav‘ et l’Allemand.

Rui Alberto Faria Da Costa : Prendre un faux départ ne veut pas dire perdre tout espoir, Rui Costa en est la preuve concrète. C’est une belle revanche sur lui-même qu’a pris le Portugais de l’équipe Movistar en 2013. Contrôlé positif en 2010, Rui Costa était retombé dans l’anonymat en tant que simple équipier au sein de la formation d’Eusebio Unzué, en 2011. Mais depuis deux ans, le natif de Varzim s’impose comme un coureur important du peloton. Vainqueur des Tours de Suisse 2012 et 2013, et souvent classé sur les classiques vallonnées, il a conclut sa saison de la plus belle manière en devenant le premier portugais champion du monde sur route. Sans oublier, au détour du mois de juillet, deux victoires d’étapes sur le Tour de France. Rien que ça.

Daniel Moreno : Certains coureurs sont comme le bon vin, ils se bonifient avec le temps. Daniel Moreno est un Riesling de 1981, et pas du tout bouchonné. Après une 5è place sur la Vuelta en 2012, et a plus de 31 ans, on aurait pu penser que Moreno avait connu son apogée, mais l’Espagnol ne s’est pas arrêté en si bon chemin en 2013. Il s’est montré sur les classiques printanières en remportant la Flèche wallonne, puis sur le Dauphiné qu’il termina à la troisième position. Et bien sûr, il aida de la plus belle des manières son leader et ami Joaquim Rodriguez tout au long de la saison, en s’octroyant tout de même deux étapes sur une Vuelta qu’il conclut à la dixième place. Une saison bien remplie.

Christopher Horner : En parlant de bon vin, Chris Horner est sans doute l’homme qui vieillit le mieux au sein du peloton. Sa saison 2010 avait été très brillante, a déjà 40 ans, mais ses résultats étaient en perte de vitesse depuis deux ans. Qu’importe, la préparation de Papy Horner est minutieuse. Peu de jours de course, mais des jours de course réussis. 6è de Tirreno, et 2è du Tour de l’Utah, Horner s’est pointé comme outsider incertain sur la dernière Vuelta, avant de se montrer supérieur à Vincenzo Nibali et à tout le reste du peloton. Résultat, deux étapes de gagnées, et un grand tour en poche. Chris Horner est devenu, à presque 42 ans, le plus vieux vainqueur d’une course de trois semaines. Une performance incroyable, qui mérite qu’on le surveille de près l’année prochaine.

Carlos Betancur : Le cyclisme est en pleine internationalisation et deux pays sortent clairement du lot depuis quelques années : la Pologne et la Colombie. Carlos Betancur fait partie des coureurs de ce deuxième pays. Pour le grimpeur-puncheur d’AG2R La Mondiale, tout s’est joué en début de saison. Pour le natif d’El Manzanillo, ce transfert au sein de l’équipe de Vincent Lavenu a changé beaucoup de choses. Troisième de la Flèche wallonne et quatrième de Liège-Bastogne-Liège, Betancur s’est révélé être un sacré client pour les ardennaises. Mais il ne s’est pas arrêté là. Sur le dernier Giro, le Colombien s’est retrouvé à la lutte pour le maillot de meilleur jeune avec Rafal Majka, et termina 5è de la course. Une belle performance qui promet pour l’avenir.

Rafal Majka : Après la Colombie, voici la Pologne avec Rafal Majka. Depuis son arrivée chez les pros en 2011, le Polonais était absent des débats et apprenait tout doucement le métier de cycliste, comme sur le Tour d’Espagne 2012, qu’il disputa comme équipier de Contador. 2013 sonne alors comme le départ d’une belle carrière. Membre de l’équipe Saxo-Tinkoff, Rafal Majka n’a pas gagné cette saison, mais a été impressionnant sur les routes du Giro. Montrant une belle résistance en montagne, et de bonnes qualité de rouleur, il termina septième du classement général, restant longtemps à la lutte pour le maillot blanc. Décevant 19è de la Vuelta par la suite, Majka a encore beaucoup a apprendre, mais s’immisce déjà dans la catégorie des grands espoirs.

Romain Bardet : Le cyclisme français a eu des confirmations, avec Thibaut Pinot, Arnaud Démare ou encore  Warren Barguil, mais a aussi eu de belles surprises, avec Romain Bardet. Vainqueur d’une étape sur le Tour de l’Avenir 2011, Bardet est de la génération Quintana, et a débarqué cette année pour des débuts prometteurs chez les professionnels. Sur le Tour de France, son premier grand tour, l’Auvergnat était à la base le coéquipier de Jean-Christophe Péraud, mais s’est retrouvé leader de l’équipe AG2R suite à l’abandon de son leader. Au final, c’est une belle quinzième place pour Bardet et le titre honorifique de meilleur français. Malgré tout, il va falloir confirmer, car personne ne se souviendra de cette performance dans dix ans.

Gerald Ciolek : Le revoilà ! On ne l’attendait plus, mais Ciolek, l’éternel espoir, le successeur d’Erik Zabel a réussi une belle saison, et enfin confirmé ce qu’on attendait de lui. A 27 ans, le coureur de l’équipe MTN-Qhubeka a décidé de repartir sur de bonnes bases dans une équipe plus faible, avec un meilleur statut. C’est ce qui lui a permis de remporter son premier monument, la Primavera, devant des spécialistes de la disciplines comme Fabian Cancellara et Peter Sagan. Gerald Ciolek est en train de petit à petit muter en sprinteur-puncheur, afin de prétendre à plus de succès. Mais désormais, personne ne le ratera plus, et Ciolek sera attendu de pied ferme dès l’année prochaine dans une équipe sud-africaine en pleine expansion.

Etienne Jacob

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