Depuis 2001, Haimar Zubeldia n'a loupé qu'une seule édition de la Grande Boucle, celle de 2010 - Photo ASO
25 juillet 2014
Par  Robin Watt 

Zubeldia, au bon souvenir des anciens

Il est discret, mais il est là : dixième du général, il va aller décrocher une nouvelle place d’honneur, et rentrer pour la cinquième fois de sa carrière dans le top 10 de la Grande Boucle. La première fois, c’était il y a onze ans. Le temps est passé, mais Haimar Zubeldia est toujours présent.

Une relation particulière avec le Tour

Beaucoup d’Espagnols cherchent à rééditer sur le Tour les performances qu’ils sont capables de réaliser à domicile, sur la Vuelta. Les exemples sont nombreux, de Sanchez à Valverde en passant par Heras. Zubeldia, lui, n’a pas la même progression : c’est sur les routes de juillet qu’il a décroché ses meilleurs résultats : cinquième en 2003 et en 2007, sixième en 2012 ou huitième en 2006, il n’a jamais fait aussi bien sur une autre épreuve de trois semaines. Il n’est même entré qu’une seule fois dans les dix sur la Vuelta, en 2000 ! Le Basque est en réalité un coureur qui aime le côté des Pyrénées où il n’est pas né. Et pour sa treizième participation à la Grande Boucle, il est encore une fois présent aux avant-postes. Pas pour jouer la victoire, à 37 ans et après seize saisons professionnelles dans les jambes, il ne peut plus. Mais les places d’honneur sont sa chasse gardée, et quand ça monte longtemps, il est toujours là pour accompagner les grands leaders.

Pour une telle longévité, forcément, il faut quelque chose de spécial. Une affection particulière pour la course, que Zubeldia entretien à merveille. « Le Tour t’offre toujours beaucoup d’émotions, est toujours très excitant. Chaque édition est différente, même si après 13 participations, il est plus facile d’anticiper. » D’ailleurs, le Basque est persuadé « qu’être là est un privilège. » En effet, au nombre de participations au Tour, il vient de dépasser son idole de toujours, Miguel Indurain, ce qui en fait le recordman espagnol. Pas si anecdotique. Sous contrat jusqu’en 2015, il ne sait pas s’il sera prolongé par son équipe, mais compte tenu des performances relativement moyennes de Frank Schleck et du déclin inéluctable d’Andy, Trek n’a pas vraiment intérêt à se séparer d’un homme aguerri totalement enclin à transmettre son incroyable expérience sur la plus grande course du calendrier mondial.

Tout pour le Tour

Un temps dans les roues d’Armstrong, Ullrich, Vinokourov ou Vinokourov, il a ensuite connu Contador, Schleck et Evans. Deux générations différentes, mais à chaque fois, Zubeldia en embuscade. Il faut dire que le natif d’Usurbil se connaît : il a ses petites habitudes, comme sa préparation passant généralement par Paris-Nice, le Tour du Pays-Basque et celui de Romandie, avant, parfois, le Dauphiné. Alors de temps à autres, l’ancien leader de l’équipe Euskaltel explore de nouvelles épreuves, comme cette année où il a couru les Tours de San Luis, de Dubaï et de Californie. Avec toujours une constante : avant la grande messe estivale, Haimar Zubeldia ne brille que très peu. En 2003 comme en 2007, lors de ses meilleures performances sur la Grande Boucle, il n’était entré dans le top 15 d’aucune épreuve. Plus surprenant encore, lors de sa première cinquième place sur le Tour, il s’était pointé au départ avec seulement onze jours de course dans les jambes.

Comme si le plus important, de toute façon, était de connaître son corps. Amoureux du Tour, sans doute parce qu’il a vu Indurain y briller bien plus que sur son grand tour national, le Basque a donc pris ses aises. Chez Euskaltel longtemps, mais aussi chez Astana, Radioshack et Trek, jamais il n’a semblé à la ramasse. Avec un seul abandon au palmarès, Zubeldia joue la carte de la régularité, même s’il le sait, ce n’est pas ça qui fait rêver le public : « Je ne suis pas un coureur explosif, et j’ai souvent été critiqué parce que je n’attaque pas beaucoup. Je sais aussi que je ne suis pas un coureur flashy, et cette façon de courir n’est pas la plus populaire. Mais c’est juste moi, et je ne vais pas changer. » Ca tombe bien, on n’avait vraiment pas envie de voir Zubeldia forcer sa nature. Sans doute notre côté un peu nostalgique…

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me prévenir
avatar
wpDiscuz