Patron du cyclo-cross français, en témoigne son titre national, Clément Venturini sera la meilleure chance tricolore à Bieles - Photo Mathilde L'Azou
28 janvier 2017
Par Adrien Godard  

Venturini en quête de médaille

On ne devrait pas échapper à un nouveau duel entre Mathieu Van der Poel et Wout Van Aert, ce week-end à Bieles (Luxembourg) pour le championnat du monde de cyclo-cross. Mais la course à la troisième place reste plus indécise. Alors, un Français peut-il aller chercher la médaille de bronze, onze ans après Francis Mourey à Zeddam ? Un nom, forcément, se distingue : celui de Clément Venturini.

Une seule chance

L’hiver a donné lieu à une passation de pouvoir, au niveau national, entre Francis Mourey et Clément Venturini. Le premier cité, champion de France il y a un an, a sauvé l’honneur en remportant la première manche de la Coupe de France. Mais toutes les épreuves disputées sur le sol français ont été remportées par le coureur de Cofidis, treize ans plus jeune que Mourey. Le premier titre national de Venturini, au début du mois, est venu confirmer son début de suprématie hexagonale. Performant dans les sous-bois depuis sa jeunesse, le champion du monde juniors en 2011 est surtout plus fort que la concurrence au niveau technique. Alors Venturini ne sera pas le seul français au départ de Bieles. Mais il est le seul qui peut se permettre d’annoncer à Direct Vélo être « dans les temps pour le championnat du monde. »

Ils seront cinq à porter les couleurs bleu-blanc-rouge sur les coups de 15 heures ce dimanche. Dont Francis Mourey. Le nonuple champion de France n’a plus le niveau qui était le sien lorsqu’en 2006 il était allé chercher la médaille de bronze. A 36 ans, le poids des années commence à lui porter préjudice. Jamais dans les trente premiers cette saison en Coupe du Monde, il a vu la jeunesse prendre les devants et le distancer. Pour Steve Chainel, l’équation est à peu près similaire. S’il sera quasiment à domicile sur les terres luxembourgeoises, il n’est pas, sur le papier, en mesure de suivre les meilleurs. Un top 10 serait déjà synonyme d’un championnat réussi. Avec eux, les moins expérimentés Aloïs Falenta et Matthieu Boulo partiront loin sur le grille de départ, sans espoir de breloque. Des cinq, c’est donc de loin Clément Venturini qui sera le plus à même de titiller les Flamands et Néerlandais. Mais contrairement à Francis Mourey il y a quelques années, il n’a encore jamais remporté de courses face aux tout meilleurs et ne connaît toujours pas les joies d’un podium en Coupe du Monde. Une faiblesse pas inquiétante à 23 ans mais qui complique un peu plus la chose. Un podium serait finalement un véritable exploit.

Concurrencer les belges

Auréolé d’une belle quatrième place sur la manche de Coupe du Monde d’Hoogerheide dimanche dernier, le Lyonnais peut nourrir de réels espoirs. Dominé par la course d’équipe des Telenet-Fidea, l’équipe managée par Sven Nys, il a souffert d’une concurrence trop dense. L’avantage pour ce week-end, c’est donc que les Belges seront moins nombreux à Bieles qu’en Coupe du Monde. Seuls sept coureurs porteront le mythique maillot bleu ciel et un coureur de la trempe de Jens Adams, cinquième des derniers championnats d’Europe, ne sera pas de la partie. De quoi éclaircir la voie du podium à Venturini. L’absence de Toon Aerts, victime d’une terrible chute contre un arbre – qui lui a brisé la clavicule – sur le circuit de Fiuggi, est un autre élément à prendre en compte dans la balance. Le champion d’Europe était cette saison le seul avec Lars Van der Haar – vainqueur à Hoogerheide dimanche – à avoir interrompu l’hégémonie du duo Van der Poel – Van Aert en remportant une course majeure.

C’est d’ailleurs sur le circuit des « Europe » de Pontchâteau que Venturini a failli monter sur son premier podium international. Au sprint, il a été battu d’un boyau par Van Aert et a dû se contenter de la quatrième place. Mais les quelques tops 10 qu’il est allé décrocher dans les Flandres cet hiver sont venus le rassurer sur sa compétitivité à l’échelle internationale. « Il n’y a pas photos, il faut se comparer aux cadors », nous confiait-il en novembre dernier. Pour progresser encore et toujours. Mais les dernières courses nous ont montré quelques signes de faiblesse. Si ses départs sont toujours aussi excellents, le Français semble manquer de puissance au bout d’une vingtaine de minutes et recule, généralement, autour de la dixième place sur les circuits exigeants. Parce que c’est sur les parcours techniques et roulants que le champion de France brille le mieux, en atteste sa cinquième place sur le tourniquet de Zeven, en Allemagne, sur une manche de Coupe du Monde. Par chance, le circuit inédit de Belvaux est annoncé technique et rapide, avec des portions gelées par endroits. Assez pour offrir à Venturini le droit de rêver repartir avec quelque chose autour du cou, dimanche soir.

Nos Favoris

**** Mathieu Van der Poel, Wout Van Aert
*** Kévin Pauwels, Lars Van der Haar, Tom Meussen
** Clément Venturini, Michaël Vanthourenhout, Laurens Sweeck
* Tim Merlier, Corne Van Kessel, Marcel Meisen

A suivre en direct sur la chaîne L’Equipe à partir de 15 heures.

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1 Commentaire sur "Venturini en quête de médaille"

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chris83
chris83

Pour moi, si Venturini rentre dans les dix premiers, il aura rempli son contrat. S’il fait un top 5, ce sera superbe.

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