Aux avants-postes sur les pavés de Cologne, Florian Sénéchal rêve de remporter Paris-Roubaix dans la catégorie supérieure... Photo Christopher Jobbs
1 février 2014

Un vent de fraîcheur souffle chez Cofidis

En 2014 encore plus que d’habitude, Cofidis a intégré de talentueux néo-professionnels à son effectif. Souriants et d’ores et déjà motivés, Florian Sénéchal, Clément Venturini et Louis Verhelst font le point avec la Chronique du Vélo sur leur grande motivation pour cette nouvelle année, leur première au sein du monde professionnel, qui ne leur fait aucunement peur.

Venturini : « Valider ma progression entamée pendant l’hiver »

Si le Tour Down Under ou le Tour de San Luis marquent logiquement la reprise internationale du cyclisme, c’est sur la Tropicale Amissa Bongo que les jeunes talents de demain ont pu se tester, avec une grande confiance de la part de leurs directeurs sportifs. « C’est une bonne entrée en douceur pour une course de sept jours, où le niveau est quand même présent » assure Louis Verhelst, le Belge de 23 ans, vainqueur l’an dernier d’une étape du Tour de Bretagne en tant que membre de la réserve d’Omega-Pharma Quick-Step, l’Etixx-Ihned. Loin du feu des projecteurs sur le sol européen lors de la rentrée traditionnelle, l’encadrement nordiste a choisi une course qui leur réussit plutôt bien depuis deux ans, puisqu’Adrien Petit s’y était imposé l’an dernier, tandis qu’Egoitz Garcia fut l’un des principaux protagonistes de l’édition 2014. Sur des étapes assez ouvertes où le déroulement est toujours imprévisible, les petits bonhommes rouges ont signé de multiples tops 10 et ont même ramené le maillot de meilleur jeune par l’intermédiaire de Florian Sénéchal, d’attaque dès le début de l’année. « C’était une course sympa, je suis satisfait de mes résultats même si je sentais bien que j’étais pas encore au top de ma forme. Je suis sur une bonne lancée ! » Un souci d’exigence déjà prononcé qui renforce la volonté de bien faire apparente au sein de cette jeune génération, chargée de redorer le blason de cette structure historique restant sur une saison décevante.

S’ils ont tous des objectif et des qualités plus ou moins différentes, la réponse au moment de les évoquer est souvent similaire. « Inutile de se prendre la tête ! » rétorque Sénéchal, féru des classiques pavées, qu’il côtoie régulièrement, proche de son domicile. Seulement âgé 20 ans, le natif de Cambrai n’a « jamais peur de frotter » et estime que cela doit faire partie des qualités des jeunes candidats aux sommets de la discipline. La volonté est bien présente dans les différentes voix, à l’image de Clément Venturini. Spécialiste du cyclo-cross dans la catégorie espoirs, il n’envisage pas de délaisser ses premiersamours, mais est conscient que « [s]a première saison chez les pros devra être correcte, afin de valider [s]a progression entamée pendant l’hiver. » Attiré par le Tro-Bro-Léon, le Marseillais espère pouvoir y arriver en forme, mais ne souhaite pas pour autant en faire une fixation. Ayant surtout « hâte de découvrir un maximum de courses dans le monde professionnel » l’objectif numéro un sera de « prouver [s]es qualités » . Et pour cela, pas question de se laisser impressionner, même si Louis Verhelst reconnaît qu’une part d’émotion l’a traversé durant les premières étapes de la Tropicale : « J’affrontais les stars que je voyais courir à la télé quand j’étais petit ! »

Sénéchal : « C’était le meilleur choix possible »

Mais si l’équipe Cofidis d’Yvon Sanquer comporte aujourd’hui quatre néo-pros dans son effectif – en rajoutant Christophe Laporte -, c’est surtout, à en croire Florian Sénéchal, parce que le projet sportif est très attirant pour les espoirs en quête de stabilité : « J’ai eu des propositions d’autres équipes à la place de Cofidis, mais elles n’étaient pas assez alléchantes à mon goût, me tentaient et me correspondaient moins. Dès mes premiers contacts avec Cofidis, c’était top ! Le staff m’a dit tout de suite « On te fait signer et t’auras une préparation spécifique pour les classiques, tu feras celles que tu veux. » C‘était sans hésitation le meilleur choix possible. » Désormais bien intégrés dans la philosophie collective, les jeunots sont aussi étonnamment volontaires et disposés à soutenir leurs leaders au maximum, même sur des terrains radicalement opposés. « Aider les meilleurs ? C’est des choses que j’aime, par exemple je peux placer Dani Navarro au pied des cols tout en le soutenant dans la plaine, il n’y a pas que la haute montagne pour l’épauler. C’est une source de motivation supplémentaire » nous indique Verhelst, tout aussi dynamique que Sénéchal, expliquant que « si le patron nous ordonne dans l’oreillette d’emmener nos leaders le plus loin possible jusqu’à l’arrivée, j’obéis sans broncher, c’est naturel. » Dans tous les différents aspects de la vie de coureur professionnel, c’est également grâce à leur complicité mutuelle que les repères se prennent. Anciens pensionnaires d’Etixx, Sénéchal et Verhelst se connaissent « très bien depuis trois années. » Les coureurs n’hésitent pas non plus à se rapprocher par le biais de leurs personnalités. Sénéchal avoue s’être « beaucoup rapproché d’Adrien Petit. Globalement, le fait d’avoir vécu la Tropicale nous a bien soudés. Un bon petit noyau s’est crée ! »

Présents pour apprendre au côté des meilleurs, la confiance est très présente avec leurs directeur sportifs, soucieux de tout. S’ils sont encore trop jeunes pour créer leur propre calendrier et programme de courses, ils seront bien conseillés par Stéphane Augé, Alain Deloeuil, Jean-Luc Jonrond et Didier Rous. « Le staff est vraiment motivé pour qu’on s’acclimate correctement, ils veulent y mettre les moyens nécessaires ! » confie Sénéchal, rejoignant Venturini, qui se félicité d’avoir « de grands noms dans l’équipe comme coureurs mais aussi dans l’encadrement. C’est génial, il faut savoir en profiter ! » Pour son cas, en plus, il faudra habilement jongler entre ses deux préférences pour combler l’ancien pensionnaire du VC Vaux en Velin, qui a comme modèle Francis Mourey. « Je veux prouver qu’on peut allier les deux disciplines plus que correctement. Ce serait intéressant de s’immiscer dans son sillage… » Un discours dynamique intéressant aux yeux du consultant de BeInSports, Cédric Vasseur : « Cela montre le retour progressif des Français sur le devant de la scène avec un effectif bien équilibré, mêlant jeunesse et expérience. J’ai confiance en leur réussite ! » Pour la suite du programme, le Grand Prix de la Marseillaise ouvrira le bal de la saison européenne ce dimanche, puis on devrait revoir Venturini sur l’Etoile de Bessèges et le Tour Méd, tandis que Sénéchal s’envolera vers Majorque et le Tour d’Algarve, « une course très intéressante pour se préparer tranquillement aux classiques de mars et d’avril. Il ne faudra pas gaspiller le moteur trop tôt, et je dois monter en puissance sans brûler les étapes. Je dois encore retravailler ma pointe de vitesse, et ne pas faire de complexe d’infériorité. » Ces jeunes talents n’ont véritablement aucune préoccupation autre que le verdict de la route. Après tout, « la meilleure défense, c’est l’attaque ! » , et les néo-pros de Cofidis, à n’en pas douter, sauront se montrer en 2014.

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