La décision de Brian Cookson de ne plus communiquer au sujet des cas de dopage a de quoi interpeller - Photo AP
18 juillet 2014
Par  Robin Watt 

UCI : le pas en arrière ?

Comme si l’instance voulait profiter de l’engouement autour de la Grande Boucle pour que la décision passe presque inaperçue, elle a annoncé cette semaine son désir de ne plus communiquer sur les sanctions prises pour dopage. La transparence prônée par Brian Cookson en prend un sacré coup.

Ca commence à faire beaucoup

Avec l’affaire de l’AUT délivrée à Chris Froome sur le Tour de Romandie, l’UCI s’était déjà retrouvée au centre des débats avant le départ du Tour de France. Il faut dire que les éléments étaient nombreux, et si accuser trop vite n’était pas le but, le questionnement général était plus que légitime. Brian Cookson, en qui tout le monde avait voulu croire après les mandats très controversés de Hein Verbruggen et Pat McQuaid, voyait sa crédibilité descendre en flèche. Lui le Britannique, favorisant l’équipe Sky dans le staff de laquelle travaille son fils ? Il s’en est défendu, et si chacun peut encore avoir son avis, l’affaire est arrivée à son terme. Mais cette annonce toute récente au sujet d’un refus de communication lorsqu’il s’agit du dopage semble être un sacré pas en arrière. On attendait pourtant de l’UCI version Cookson des avancées nettes : moins de connivence, plus de transparence et surtout davantage d’efficacité.

Là, on a clairement le sentiment qu’on veut nous cacher des choses. Alors évidemment, l’UCI se défend en avançant la liste des coureurs sanctionnés pour dopage, disponible sur le site web de l’instance internationale. C’est d’ailleurs comme ça qu’on a découvert, ces derniers jours, les suspensions de Denis Menchov et Jonathan Tiernan-Locke pour des données anormales dans leurs passeports biologiques respectifs. Sans un mot de l’UCI, forcément, le tapage médiatique est moindre. Pour information, on n’a alors que quelques mots. Soit, en ce qui concerne Menchov, que sa suspension de deux ans est due à des irrégularités dans son passeport biologiques, et que ses résultats sur les Tours de France 2009, 2010 et 2012 lui sont retirés. On aurait aimé savoir pourquoi seuls ces résultats lui sont contestés, pourquoi, pour une suspension non-rétroactive, on lui retire des résultats s’étalant sur quatre saisons. Mais on n’en saura rien, car l’UCI ne daigne pas se prononcer. ..

Comme avant ?

Les promesses de Cookson ont aujourd’hui bon dos, mais il ne semble respecter que celles qui l’arrange. Pour justifier cette nouvelle décision, il s’est contenté de quelques mots des plus banals. Et dans l’ombre, il continue d’avancer sur on ne sait trop quels dossiers. Alors très honnêtement, y’avait-il réellement besoin de prendre une telle décision ? En quoi communiquer sur les quelques cas de dopage avérés chaque année était si dégradant pour l’UCI ? L’objectif est-il de ne plus se salir les mains en tentant de ne pas être mêlé à ces affaires ? Si c’est le cas c’est raté, car l’UCI se retrouve sur le devant de la scène, et pas forcément pour de bonnes raisons. Quant à nous, simples observateurs, il nous faudra régulièrement consulter cette liste. Histoire de pouvoir expliquer à Jürgen Van den Broeck qu’il est finalement monté sur le podium du Tour en 2010, suite aux déclassements de Contador et Menchov. Bon, ce n’est sans doute pas ce dont rêvait le Belge, mais ça fait au moins une bonne nouvelle dans tout ça.

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