Après une étape désastreuse vers Chambéry, Alberto Contador a perdu toute chance de figurer haut dans le classement général - Photo Mathilde L'Azou
9 juillet 2017
Chambéry

La triste déchéance de Contador

Alberto Contador n’a plus d’illusions à se faire. L’Espagnol est le grand perdant de cette monstrueuse étape entre Nantua et Chambéry. Ce n’est pas cette année que le double vainqueur du Tour ira chercher son troisième, ou quatrième selon, maillot jaune à Paris. Ça n’arrivera sans doute jamais plus. Cet échec semble être le symbole d’une page qui se tourne.

Chambéry, morne plaine

Bus des Trek, quelques minutes avant l’arrivée à Chambéry. Les membres du staff présents semblent dépités. A ce moment-là, les favoris se disputent la victoire d’étape. Loin derrière, Alberto Contador navigue déjà à deux minutes. L’Espagnol a lâché prise dans le Mont du Chat, loin du sommet. Il a craqué avant Meintjes, Quintana, et tant d’autres. Il y a quelques années, une telle contre-performance aurait ameuté toute la presse devant le bus de son équipe, pour obtenir la réaction du malheureux perdant. Mais aujourd’hui, avant l’arrivée, pas un seul journaliste ne cherche des explications auprès du staff. Le soigneur a la mine des mauvais jours. Les portes du bus sont closes. Morne ambiance.

Lorsqu’Alberto Contador franchit la ligne quatre minutes après Rigoberto Uran, il se dirige immédiatement vers son bus. Le double vainqueur du Tour répondra laconiquement aux questions des quelques journalistes pas encore partis aller chercher les réactions des coureurs en lice pour le classement général. « La journée fut très difficile », déplore-t-il. Qu’a-t-il pu se passer pour que le Pistolero termine la course aussi loin ? Contador cherche des explications : « Majka est tombé devant moi une première fois, puis je suis revenu. Mais je me suis de nouveau fait accrocher dans le groupe maillot jaune et j’ai chuté. » Le champion espagnol est donc tombé deux fois aujourd’hui. Presque une habitude : ce scénario n’est pas inédit, il n’est qu’un copié-collé des éditions 2011, 2014 et 2016.

« Je pensais pouvoir attaquer »

« Forcément, lorsque la course s’est emballée, les sensations n’étaient pas bonnes comme nous pouvions l’espérer », explique Luca Guercilena, le manager de l’équipe Trek. Et pourtant, ce matin, Contador était confiant pour l’étape du jour : « Quand je me suis levé, je me sentais bien, et lorsque l’étape a commencé, je pensais pouvoir attaquer. J’y croyais, mais finalement tout le contraire est arrivé…» La désillusion est rude pour Contador, coincé désormais à la douzième place au général, entre les deux petits jeunes Meintjes et Latour. Une fois sa déclaration terminée, la petite nuée de photographes s’envole, laissant la place totalement déserte. Comme si les échecs du Madrilène devenaient une habitude sur le Tour, la star d’il y a quelques années est finalement laissée en paix, seul à attendre ses coéquipiers.

Désormais, pour Contador, il faut donc passer à autre chose. « Quand vous perdez quatre minutes, c’est très compliqué, si ce n’est impossible, de les reprendre, détaille Luca Guercilena. Alberto est à plus de cinq minutes au général. Nous devons trouver de nouveaux objectifs. Nous allons voir jour après jour ce que nous pourrons faire pour aller chercher une victoire d’étape. » Se réduire à cet objectif ne sera pas une sinécure pour un homme qui a déjà remporté neuf étapes sur un grand tour. Surtout que le matin même, le Pistolero déclarait à la Dépêche : « Je continue. Et pas pour un podium ou une place, dans ma tête, je me suis préparé à gagner, je ne cours que pour ça… » Gagner, la raison de courir du Madrilène. Rares sont ceux qui, ce matin, pensaient que le Contador des grands jours allait revenir sur les routes du Jura. Sans chutes, peut-être aurait-il pu faire mieux. Mais le Dauphiné et le début du Tour ne nous permettent pas d’en être tout à fait certains.

Pourtant, le Tour de France est et restera son objectif jusqu’à la fin. Jamais l’Espagnol ne l’a boudé depuis sa suspension en 2012. En réalité, Contador est en mission, parti à la conquête de son Graal : reprendre ce troisième Tour perdu sur tapis vert. Quand L’Equipe demandait au Pistolero combien de Tours il s’attribuait, la réponse était claire : « J’en ai gagné trois. Je compte le Tour 2010. Il y a des gens qui pensent autre chose mais ce Tour 2010, je l’ai gagné (…) Je considérerai toujours qu’il est à moi. » Qu’importe, finalement, la réalité du palmarès, et désormais, surtout, il devra se contenter de ce qu’il a déjà acquis. À 34 ans, les occasions de remporter le Tour sont de plus en plus rares. Et aujourd’hui, à l’évidence, cette troisième Grande Boucle s’est envolée tout à jamais.

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19 Commentaires sur "La triste déchéance de Contador"

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pat
pat

Je trouve que le mot déchéance dans le titre n’est pas très adapté et même plutôt moche . Le mot déclin aurait été plus juste . Mais bien sur ce n’est que mon avis .

gougi
gougi

absolument , et c’est un déclin logique

Xav
Xav

Triste

Wàng
Wàng

Pour moi c’est très triste et douloureux, sachant que Poulidor lachait Merckx presque au meme endroit à l’age de 38 ans.

Henri
Henri

et oui, triste déchéance il ne sais même pas que c’est un luxembourgeois qui a gagné le tour 2010… Alzheimer à son age, quelle tristesse, le pôvre il s’imagine avoir gagné en 2010…. Remarquez il y a pire, un certain LA s’imagine en avoir gagné 7… ca doit etre contagieux, ou un effet secondaire de certaines produits peu avouables….

tranquillo
tranquillo

Je ne veux pas sembler vous contredire gratuitement, mais il me semble qu’Internet regorge d’images d’archives qui prouvent exactement le contraire de ce que vous avancez.

Après, si vous avez envie de vivre dans une fiction « revue et corrigée » selon laquelle Andy Schleck a gagné plus de GT qu’Armstrong, libre à vous !

Henri
Henri

j’ai regarde le palmares officiel, Schleck a bien gagné en 2010.. Quand a LA, il n’a effectivement rien gagné (si quand meme une fleche wallonne et un championnat du monde). Ce n’est pas une fiction, mais une réalité. c’est le palmares officiel qui fait office de vérité. Un « vainqueur » déclassé, n’est pas un vainqueur

tranquillo
tranquillo

Je ne saurai que trop, dès lors, vous conseiller de regarder moins de palmarès et davantage de courses. Cela aide à ne pas trop céder au révisionnisme, fut-il « officiel » (comme l’était du reste, jadis, celui qui gommait un Trotsky disgracié des photos de propagande).

Henri
Henri

justement, il fallait etre aveugle et ne rien connaitre au cyclisme pour ne pas voir qu’Armstrong etait chargé a mort ,mais il n’y a plus aveugle que ceux qui ne veulent pas voir. Moins evident,certes pour Contador, mais la justice sportive a tranchée: declassement et deux ans de suspension.
Quand au revisionnisme, c’est vous qui le faite en bon adorateur du parrain que vous semblez etre

Flo
Flo

Que pensez vous d’Anquetil, de Fignon, de Pantani et de tant d’autres qui ont reconnu être chargés comme des mules ou qui se sont fait pincer ? Vous estimez aussi qu’ils n’ont pas gagné le Tour comme Armstrong ou Contador( pour le troisième) ?
L’UCI est peut-être la seule à décider si on garde le nom d’un coureur au palmarès du Tour mais l’incohérence totale de ses décisions et son extrême hypocrisie ne doivent pas masquer la vérité.
Ces coureurs ont tous triché et on ne peut pas considérer que certains d’entre eux ont gagné le Tour et d’autres non simplement parce que l’UCI le dit. La position officielle n’est pas la vérité absolue.

gougi
gougi

Laurent fignon n’a jamais admis qu’il était chargé comme une mule! ou avez vous lu ça ? dans sa bio il reconnait avoir utilisé des produits , qui n’ont rien de commun avec ce qu’on pris la génération indurain et suivante
Des débuts du cyclisme jusqu’a l »époque Fignon on peut dire que tous les coureurs se dopaient ( même poulidor l’ a admis ) donc on peut légitimement penser qu’ils étaient a égalité C’est a partir d’indurain que les choses ont changés, la génération EPO ! je me souviendrai longtemps du jour ou indurain a dépassé fignon dans un CLM , a ce moment fignon comme beaucoup de spectateurs ont du penser qu »on était passé dans une autre dimension. et seul les plus riches pouvaient y acceder, et ça a fait toute la différence.

gougi
gougi

la vrai question , celle que tous le monde doit se poser, c’est est ce que Coppi, merckx, Koblet, Bobet, Anquetil , Hinault étaient vraiment plus forts, ou utilisaient t’ils des produits différents des autres, ou en plus grandes quantités.. Dés lors que valent leurs performances ? de toute façon l’histoire est écrite et l’on n’aura surement jamais la réponse . C’est sur ce lieu commun que je vous dis bonne suite du tour ! et ne boudons pas notre plaisir, tout en n’étant pas dupe

Flo
Flo

Vous jouez sur les mots, il a avoué qu’il était dopé ce qui pour moi veut dire qu’il était chargé( comme une mule ou comme ce que vous voulez). Après bien sûr qu’il a couru avant que le dopage ne devienne plus organisé. Mais à mon sens ce n’est pas une circonstance atténuante. C’était un choix individuel tandis que dans les années 1990, un jeune coureur se retrouvait encore davantage pris dans l’engrenage, le dopage étant organisé à l’échelle de l’équipe.

tranquillo
tranquillo

Au risque de vous décevoir, Henri, à l’époque, je supportais Jan Ullrich. Autant vous dire que les sept victoires de LA restent dans ma chair comme autant de coups de poignard. C’est précisément pour ça que je ne supporte pas qu’on fasse croire qu’il n’a pas gagné. S’il n’a pas gagné, que sont ces cicatrices dans mon coeur de môme qui découvrait le vélo ?

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