La neige a empêché les coureurs de monter le Mont Brouilly sur Paris-Nice - Photo ASO / G. Demouveaux
15 mars 2016
Par  Robin Watt 

Une semaine pour du beurre ?

Greg van Avermaet et Peter Sagan qui se battent pour la victoire finale de Tirreno-Adriatico, tout le symbole est là. En une semaine, la course italienne nous a offert de belles batailles entre puncheurs-sprinteurs, mais jamais les grimpeurs n’ont eu leur mot à dire. Et sur Paris-Nice, ça n’a pas été beaucoup mieux, où on a eu l’impression d’attendre des années ce dernier week-end où tout s’est joué. Triste semaine.

La neige, mais t’es où ? Pas là ?

« Je n’avais jamais espéré être dans une telle situation, admettait Greg van Avermaet à la veille du chrono final de Tirreno-Adriatico. C’est un peu étrange d’être en course pour le classement général. » Maillot bleu de leader sur le dos, le Belge a parfaitement bataillé ce mardi pour conserver sa tunique de leader. Une victoire inattendue, que l’on doit à l’annulation de l’étape reine, dimanche dernier, pour cause de neige. Une décision des organisateurs qui a beaucoup fait parler. Si la sécurité des coureurs, mise en avant, est d’abord apparue comme une excuse qu’on ne peut remettre en question, on a vite déchanté. Vincenzo Nibali, à qui l’absence d’étape de montagne a peut-être coûté la victoire finale, ne s’est en effet pas gêné pour montrer à tous que la route était en réalité praticable. Avec une vidéo qui montre le lieu prévu de l’arrivée sans un seul flocon de neige, l’Italien s’est même fendu d’une remarque ironique sur Twitter : « Le bon sens prévaudra toujours, désolé pour ceux qui aiment ce sport. »

Le peloton de la Course des deux Mers n’aura donc pas vu le Monte San Vicino, long de 13 kilomètres et proposant des pentes à 11 %. De quoi irriter un autre adepte des grands cols, Thibaut Pinot. « Pas de panique les grimpeurs… On aura notre bataille avec une très belle arrivée en bosse lundi. Merci Tirreno », a écrit avec second degré le Français sur les réseaux sociaux. On a senti le Franc-Comtois déçu de cette Italie où il aime tant courir. Parce qu’en effet, RCS Sport nous avait assez peu habitué à tant de précautions ces dernières années. Sur le Giro notamment, on a souvent eu droit à des parcours abracadabrantesques – avec pour mémoire la descente du Crostis en 2011, finalement annulée au dernier moment suite au décès de Wouter Weylandt – et à des étapes disputées sous la neige, comme au Galibier et aux Tre Cime de Lavaredo en 2013, ou à Val Martello en 2014. Mais ça avait aussi été le cas sur Tirreno l’an passé, lors de l’arrivée au Terminillo. Presque traditionnelles, les conditions météos difficiles n’ont que très rarement été un obstacle au spectacle en Italie. Alors quand en plus, l’annulation est prononcée la veille de l’étape, et que la neige n’est finalement pas au rendez-vous, la déception n’en est que décuplée.

Merci Contador sur Paris-Nice…

Mais si les observateurs, après avoir salué la décision de RCS, ont tant pesté contre l’organisation, c’est que les attentes avaient été démultipliées après que Paris-Nice a offert un spectacle assez limité. Là aussi, la neige – qui s’est faite attendre tout l’hiver pour finalement tomber quand on n’en voulait plus – est en partie responsable. L’étape arrivant au Mont Brouilly devait offrir aux favoris une occasion de croiser le fer avant l’ultime week-end, mais l’étape a été stoppée au bout de 97 kilomètres. De ce point de vue, il n’y a rien à reprocher à Christian Prudhomme, qui a pris la décision la plus juste. Mais la semaine a clairement été amputée d’une étape qui sortait de l’ordinaire, et attendre le samedi pour voir bouger les candidats à la victoire finale a été sacrément long. D’ailleurs, sans un Contador désireux de faire vaciller Geraint Thomas, les journées de samedi et dimanche auraient surement été beaucoup plus tranquilles. L’Espagnol, même s’il a emporté vers Nice un certain Richie Porte sur son porte-bagage, a été le seul à prendre des initiatives. On mettra en effet de côté l’accélération de Zakarin dans les 150 derniers mètres de La Madone d’Utelle.

Les deux épreuves, présentées comme les premiers grands rendez-vous de la saison, n’ont donc clairement pas tenu leur rang. Et en France comme en Italie, la montagne a accouché d’une souris. Nibali, Pinot, Valverde et les autres, sur Tirreno, n’ont rien eu à se mettre sous la dent. Heureusement, van Avermaet était là pour briser son image de loser, et Sagan pour perpétuer sa tradition des deuxièmes places. Maigre consolation, dont il faudra se contenter. Enfin, de l’autre côté des Alpes, on a simplement l’impression d’avoir assisté à un scénario stéréotypé jusqu’au dernier jour de course, sans doute en partie à cause d’un parcours qui ne laissait que peu de places aux surprises – surtout avec l’annulation du Mont Brouilly. Si les sprinteurs et dans une moindre mesure les puncheurs ont pu prendre des repères et se livrer quelques batailles, il y en a donc qui restent clairement sur le carreaux. Pour tous ceux qui aiment la montagne en effet, cette semaine de course, qu’elle se soit déroulée dans l’Hexagone ou dans La Botte, aura compté pour du beurre.

 

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9 Commentaires sur "Une semaine pour du beurre ?"

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gougi
gougi

et le beurre pour un cycliste bof ! plus sérieusement c’est en effet bizarre cette annulation, je pense que les accords concluent sur le déroulement des courses en cas d’intempéries a dû jouer ! En même temps les intempéries lors d’une course, en général, la rende mémorable ( Hinault dans LBL par ex; ) C’est ce qui fait tout l’attrait de ce sport , sa légende. Mais assis dans un fauteuil c’est toujours plus facile , perso quand il fait moche , je ne sors pas le vélo, mais je ne suis pas un pro ! y a que ma femme que ça gène, elle est obligé de me supporter ( dans le mauvais sens du terme )

gougi
gougi

En aparté , la seconde place de Sagan sur Tirréno face à Van avermaet, ça doit être dur pour lui, il va finir par croire qu ‘être champion du monde c’est la poisse ! je plaisante, on n’est qu’un début de saison. Quel champion quand même , un gars qui ne prend jamais le départ d’une course ..pour préparer la suivant comme van avermaet par ailleurs, des vrais guerriers qui nous font aimer ce sport

Baboutox
Baboutox

ouai d’ailleurs sagan avait vraiment du mal à cacher sa déception sur le podium final. D’abord parceque c’est pas sûr qu’il ait une autre occasion de gagner cette course mais aussi parcequ’il était plus fort que GVA sur ce tirenno (à la différence du Het Nieuswblat) mais que la BMC était supérieur à la Tinkoff, il perd pour 1 sec alors que son équpe lache 19seconde sur le contre la montre par équipe et il perd la veille parceque GVA n’a pas mis un coup de pédale grâce au classement général de Van Garderen et Caruso. Y’a rien à reprocher à GVA il a très bien roulé mais je pense qu’on peut rien dire contre sagan, il a courru intelligement mais je vois pas ce qu’il pouvait faire pour faire basculer la course en sa faveur

Baboutox
Baboutox

Et sérieux Kreuziger m’a tellement énervé samedi en ne roulant pas sur Stybar pour sauvegarder son hypothétique 15 place au général. Sérieux on parle de Gallopin mais là c’est quand même un ton au dessus

comdu67
comdu67

Baboutox, samedi l’étape de montagne du dimanche n’avait pas été annulé, donc Kreuziger représentait la meilleure option pour la Tinkoff au général. Ce n’est que le samedi soir qu’elle a été annulée. Par ailleurs, la victoire d’étape de Stybar a eu lieu jeudi et effectivement Kreuziger aurait pu rouler pour Sagan.

Baboutox
Baboutox

oui désolé jeudi pas samedi. Je suis d’accord qu’il représentait la meilleure chance de la tinkoff mais c’est quand même plus quelqu’un de très sûr ne serait-ce que pour un top 10. Et puis pour moi faut aussi envisager qu’on est à 1 semaine de MSR, mieux vaut un Sagan en confiance, parceque gagner un monument est plus important que de remporter un CG sur tirreno pour moi, alors un top 10. Donc que Sagan n’ait pas une totale confiance en lui-même pour gagner et dans ses coéquipiers pour ce sacrifier c’est pas le mettre ne bonne condition pour entrer dans la saison des classiques.

chris83
chris83

Pas d’accord avec votre analyse. « Une semaine pour du beurre », c’est pas très sympathique pour des coureurs de la valeur de Van Avermaet dont la chance a enfin tournée, ce qui doit réjouir tout le monde, et d’un Thomas qui prouve de plus en plus qu’il est un coureur tout terrain.

Ensuite, voir des annulations d’étape début mars pour cause de neige, ce n’est pas si extraordinaire que ça. Et avec le principe de précaution qui se développe de jour en jour,on aura certainement l’occasion de revoir des décisions de cette nature par des organisateurs qui n’ont pas envie d’être accusés de jouer avec la sécurité des coureurs.

De plus qu’auraient donné ces deux étapes annulées? Vraisemblablement une course bloquée par les formations des leaders jusqu’à 5 km de l’arrivée pour assister à une vulgaire course de côte.Rassurez vous, vous aurez l’occasion de revoir ce scénario des dizaines de fois dans les prochains grands tours.

Enfin, pourquoi vouloir à tout prix un grimpeur comme vainqueur? Les Cancellara, Freire et plus loin dans le temps Moser, De Vlaeminck ont fait de très beaux vainqueurs de Tirreno et un Jalabert ou un Duclos Lassale, pour ne citer qu’eux, honorent le palmarès de Paris Nice.

gougi
gougi

Tout a fait d’accord avec Chris83, mais en notant que l’auteur de l’article a mis un point d’interrogation.
Concernant la confiance de sagan en lui même , je pense qu’il n’a pas de soucis de ce coté là, a contrario, il ne serait pas un tel champion .
Par contre je ne suis pas sûr de l’efficacité de son foncier pour une course comme MSR . Il faudrait qu’il la joue plus fine a mon sens, , qu’il montre moins les muscles, car un gars comme cancellara ( par exemple ) , n’est pas du tout impressionné par le bonhomme, et lui laissera faire le boulot comme au Strade.
Sagan n’est peut être pas facile à diriger, j’ai cru lire que c’était une des raisons de son « non – engagement « avec lefevere

highlander
highlander

Un peu deprimant le fond de cet article mister Watt; vous m´aviez habituer a mieux; un coup de blues peut etre..
Les cadors de la montagne comme Nibali savent tres bien qu´en Mars et meme en Mai au Giro certaines etapes peuvent etre annulées pour les raisons que vous evoquées; ca fait partie intégrante de ces courses qui s´aventurent dans les massifs en altitude à ces epoques de la saison .
L´atitude d´en pleunicher et d´en rabaisser les moins grimpeurs qui ont su parfaitement gerer cette affaire me laisse perplexe.. Esprit sportif es tu vraiment là ?

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