L'Equipe IAM ne continuera pas en 2017, la fin d'une aventure mitigée - Photo Mathilde L'Azou
25 mai 2016

Que retiendra-t-on d’IAM ?

Faute de co-sponsor, l’équipe suisse dirigée par Michel Thétaz a annoncé en début de semaine son retrait des pelotons à la fin de la saison 2016. Financièrement limitée, son effectif, bien que correct, n’a jamais réellement rivalisé avec les meilleurs durant ces quatre années d’existence. La victoire de Roger Kluge à Cassano d’Adda, au terme d’une étape de transition, sonne finalement comme un soulagement.

Le record de l’heure de Matthias Brändle

Parmi les coureurs les plus réguliers durant l’aventure IAM, l’Autrichien a brillé grâce à ses talents de rouleur. Vainqueur de belles étapes sur le Tour de Grande-Bretagne, en Oman ou en Belgique, son staff n’a jamais été déçu lorsqu’il l’a aligné au départ des plus grandes courses, comme le Giro, où il vient de terminer deuxième du chrono du Chianti. Mais son plus beau fait d’arme reste indiscutablement d’avoir fait tomber le record de l’heure le 30 octobre 2014, à domicile, en Suisse. Même s’il ne l’aura gardé que pendant quatre mois, il aura parachevé tout le travail de la fédération helvète de cyclisme, développant les vélodromes et la pratique de la piste.

La renaissance de Jérôme Coppel

À l’hiver 2014, Jérôme Coppel décidait de quitter la France après sept saisons l’ayant vu battre le chaud et le très froid. Alors que la malchance refaisait surface après une violente chute en mars 2015, c’est un Savoyard transcendé qui est revenu sur le vélo au Critérium du Dauphiné, montant en puissance pour décrocher le titre de champion de France contre-la-montre, et une impensable médaille de bronze aux Mondiaux de Richmond ! Très rapidement catalogué comme un coureur de grands tours, Coppel s’est affirmé comme un bon spécialiste de l’effort solitaire en changeant radicalement ses habitudes. Une part du mérite revient ici à son équipe, réputée pour son exigence et son professionnalisme dans la préparation.

Chavanel et Haussler, leaders déchus

Tous les deux partageaient le ressenti d’avoir été bridé lors de leurs précédentes expériences, respectivement chez Quick Step, Cervélo puis Garmin. En formant un duo pourtant intéressant sur le papier, ils devaient revenir plus forts que jamais sur le devant de la scène, et aller chercher les bouquets manquant sur les Monuments. Las, rien ne s’est passé comme prévu. Le Français a fait illusion lors d’À Travers la Flandre, avant de traverser sa première campagne flandrienne en tant que leader tel un fantôme. L’Australien, lui, a joué placé, mais n’a jamais retrouvé les jambes de feu qui étaient siennes en 2009. Lot de consolation pour Chavanel malgré tout, son succès au Grand Prix de Plouay fut le premier de l’équipe IAM en World Tour.

Un arrière-goût frustrant

Depuis janvier 2013, le total de victoires s’élève à 49. La formation Sky, elle, en est déjà à 123 ! Le budget, fréquemment mis en avant par les cadres dirigeants, ne peut pas tout expliquer. Une équipe comme Dimension Data, ancienne MTN-Qhubeka, possède un bilan plus flatteur tout en étant resté à l’échelon inférieur jusqu’en janvier dernier. Faire rapidement le saut en World Tour était-il prématuré ? Peut-être pas. L’inconstance de certains de ses meilleurs éléments, notamment dans le domaine du sprint, elle, leur aura porté préjudice. Les efforts des baroudeurs Elmiger, Devenyns, Saramotins ou du jeune Pantano n’auront pas suffit à compenser : le déficit de valeur semblait trop grand. Pour l’image, ne jamais avoir réussi à attirer le meilleur coureur suisse du peloton, à savoir Fabian Cancellara, reste très décevant. L’équipe aurait alors eu tout autre allure, et qui sait, un tout autre futur.

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9 Commentaires sur "Que retiendra-t-on d’IAM ?"

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gougi
gougi

On ne retiendra rien ! Ils ne ce sont pas donné les moyens d’avoir un leader, au moins charismatique, à défaut d’être performant. Aucun coureur de cette équipe n’a réalisé ne fusse qu’un petit exploit , hors le record de l’heure de Brandle, qui malheureusement pour lui n’ a pas tenu longtemps, et qui de toute façon n’apporte rien en terme de pub pour une équipe. On se souviendra de Brandle, pas de la marque sur son maillot ! Votre comparaison avec MTN est d’ailleurs excellente, car Boassen Hagen n’a pas un palmarès a tomber par terre, mais il donne envie de le suivre ! il est performant sur beaucoup de terrain, donc souvent au premier plan,et il véhicule une image positive ! C’est indispensable pour un sponsor..Dans une équipe il faut un à la limite deux leaders( tours et classiques ) , dix coureurs moyens ne servent a rien en terme d’image marquante pour le grand public.C’est surement dommage, mais c’est tristement vrai, et tous les sponsors ne peuvent pas s’offrir Sagan !

chris83
chris83

IAM ne marquera pas l’histoire du cyclisme. Cette équipe n’a pas eu le temps de se forger une personnalité, faute d’un leader bien reconnaissable. Dommage que la piste Cancellara n’ait pas pu se concrétiser. Pourtant, il y avait des coureurs plus qu’intéressants chez IAM. Et c’était la première année que j’aimais leur maillot!

james
james

Pour ce que je retiendrai, j’ajouterais les placettes de Mathias Frank sur les épreuves d’une semaine et sa 8è place au Tour 2015, et la 5è place d’Elmiger à Roubaix en 2015.

Mais pour le grand public, c’est clair on ne retiendra rien à part peut-être le Plouay de Chavanel.

rolfsorensen
rolfsorensen

Il y a quelques coureurs intéressants pour qui les places vont valoir chères au moment des transferts : le baroudeur Elmiger a malheureusement peut-être passé la date limite, mais sur les pavés Naesen et Saramotins devraient en intéresser plus d’un. Mathias Frank fera un solide équipier en montagne, et Pantano à un degré moindre. C’est peut-être surtout dans le domaine du contre-la-montre qu’un Brändle, un Clement, un Coppel devraient tirer leur épingle du jeu.
Derrière eux, beaucoup de solides coureurs qui devront batailler ferme, on pense aux polyvalents Devenyns et Denifl, et à quelques lanceurs de sprint comme Howard, Kluge ou Vangenechten. Y aura-t-il de la place dans le budget chez Roth-Skoda pour accueillir quelques ressortissants helvétiques comme Marcel Wyss ou Hollenstein ? Et enfin quel avenir pour les plus jeunes: l’invisible Chevrier et le sprinteur-puncheur Holst Enger? Pour rester sur les Norvégiens, il y a peu de chance que la recrue Laengen arrive à rester en WT mais sa vaillance sur le Giro et sa polyvalence auront peut-être attiré l’attention…

rolfsorensen
rolfsorensen

C’est tout de même dommage que le porjet IAM ait capoté car leur spécialisation dans le clm et les capacités de certains coureurs pour se glisser dans les top 10 WT faisaient d’IAM une équipe avec un certain caractère. Mais pas suffisant pour attirer les sponsors, navrant…

druc
druc
L’échec de cette équipe était inévitable. Déjà si après seulement 4 ans on a besoin de chercher un co-sponsors, c’est que la planification financière et le developement à été trés mal géré. Normalement, quand t’es un gestionnaire de fond, tu doit pouvoir anticiper tes investissement sur 4 années (enfin je pense). Aprés si effectivement il comptaient sur l’arrivée d’un co-sponsors pour faire grandir l’équipe, pourquoi passer en world tour quand on a pas (encore) les moyens de recruter des leaders à la auteur plutôt que d’apporter de la visibilité par des victoires sur un calendrier plus accessible et de profiter d’invitation sur certaines épreuves world tour ? ça fait déjà deux belles erreurs de gestions. Et puis que peut on dire du recrutement…. il ont décidé de recruter suisse (normal) mais ces dernière années le vivier suisse est très réduit, surtout quand on peut pas lutter contre BMC pour attirer Kung par exemple, ou les autre talents suisse qui attendent chez BMC devlopment (le dernier vainqueur de paris roubaix U23 par exemple). Du coup je comprend pas pourquoi on s’est précipité vers le plus haut niveau, avec cette montée impatiente en world tour. Pourquoi ne pas commencer par les bases… Lire la suite »
Half
Half
Malheureusement, je crains que tes solutions ne tiennent que de l’idéalisme, de l’utopie. La réalité actuelle est que la formation est trop coûteuse, et met bien trop longtemps avant d’avoir des résultats. Ceci est possible à réaliser pour des grosses équipes bien structurer (Etixx, BMC…) mais ça me semble réellement compliqué pour des équipes comme IAM qui a vraiment besoin de victoires pour exister. Les débuts étaient quand même assez prometteurs, et le recrutement ne me semblait pas si mauvais, malgré des paris risqués. Le fait d’être passé en World Tour ne me semble pas non plus être une si mauvaise idée. D’ailleurs toutes les équipes de division inférieur rêvent d’être en WT, même si ça sera plus difficile de s’y imposer. Le WT c’est l’assurance d’avoir une visibilité toute l’année, sur toutes les courses. Le problème d’IAM, selon moi, c’est le manque de chance surtout. Si on regarde par exemple la Lampre, ils étaient au fond du trou en 2014 (avec seulement Rui Costa qui les sauvent un peu), mais ils font une grosse année 2015 avec plusieurs victoires très importantes (et justement un Rui Costa plus en retrait). Et pourtant l’effectif a pas été très bousculé en 2015,… Lire la suite »
druc
druc
C’est du cyclisme fiction d’accord, mais pour moi c’est pas utopique. Dire que la solution de la formation est possible uniquement pour les grosses équipe c’est également faux. Je vais prendre le même exemple que toi, Europcar, Vendée U est créé en 1991, et Bonjour en 2000. C’est pour ça que je parle de projet au long terme. ça rejoint sur ce que j’ai dit sur le world tour, Europcar n’a absolument aucune volonté de le rejoindre, deja parce que économiquement ça serait une erreur, et également, parce que je pense qu’il vaut mieux gagner Paris-Camembert que faire 34eme du tour des flandres (j’ai pris cette exemples pour le calendrier), et parce que en étant une bonne conti pro, on à la garanti de participer a de tres belles epreuves world tour. Jusqu’a présent ce modèle leur garantie de developement leur garantie 2/3 des meilleurs amateurs français tout les ans, et donc d’etre une équipe durable. En plus Le fait d’etre le fruit d’une structure trés identifié territorialement lui a donné une identité trés forte qui lui permet de trouver des investisseur a chaque foi et depuis 16 ans ! Le budget de direct énérgie est de 9milions cette année.… Lire la suite »
Half
Half
Merci pour ta réponse, tu as l’air largement plus calé sur le sujet que je ne le suis donc je ne peux acquiescer tes dires. Cependant je pense vraiment que la situation d’IAM est différente. Il y avait une vraie volonté des dirigeants de se faire voir en WT. C’est une stratégie qui peut être payante s’il y a des victoires ou des grands coups à la clé. Et je reste persuadé que leur effectif n’était pas si mauvais. Coppel s’est bien relancé et Chavanel a été quand même un leader cohérent mais en manque de résultat (il est pas passé loin de la victoire sur plusieurs étapes WT). Pantano et Devenyns me semblais être des beaux coups, Reichenbach est un très bon coureur (et il le prouve à la fdj depuis) qui est pas passé loin de victoire WT également il me semble. Bref dans l’ensemble je trouve ton analyse très pertinente et très pointue, mais ce que je voulais souligner c’est que parfois une conclusion sur 4 saisons tiens à peu de chose. Je n’ai pas en tête toutes les possibilités de victoires qu’a pu avoir l’équipe IAM, mais je retiens qu’ils ont joué un rôle dans l’horizon… Lire la suite »
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