En s'adjugeant le Tour Down Under, Gerrans a marqué les esprits ; désormais, il va falloir tenir la forme - Photo Herald Sun Tour
27 janvier 2014

Qui sont les bons élèves de la rentrée ?

La traditionnelle reprise du mois de janvier vient de lever le voile sur ses premiers chapitres, avec les verdicts successifs sur le Tour Down Under en Australie, ainsi qu’en Argentine ou s’est déroulé le Tour de San Luis. Si ces deux courses sont sensiblement différentes, le suspens fut cette année au rendez-vous, et l’on peut déjà tirer quelques – petits – enseignements, en prenant garde de ne pas s’emballer.

Ils ont débuté le couteau entre les dents

*** Simon Gerrans : Même si ce n’est pas vraiment une surprise de le voir aux avants-postes durant l’été austral, le double champion d’Australie sur route a réalisé la passe de trois sur le Tour Down Under, une course qui lui tient visiblement à cœur. A l’instar de ses rivaux, c’est l’un des grands bénéficiaires du développement des étapes escarpées sur ces routes World Tour. Remportant une étape, le classement par points, le général et en faisant le show un peu partout, c’est tout son mois de janvier qui est immanquablement réussi !

** Cadel Evans : Si sa participation au premier rendez-vous de la saison, bien qu’à domicile, à fait jaser chez les observateurs, elle n’en fut pas moins bénéfique. Soucieux de se rattraper après des dernières saisons à plusieurs visages, on a retrouvé un Evans combatif, se permettant même d’attaquer tel un puncheur retrouvé. Va t-il garder cette même dynamique jusqu’au Giro, son grand objectif de 2014 ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

** Diego Ulissi : Critiqué pour son manque de performances en dehors du territoire italien, la petite pépite transalpine de la Lampre a parfaitement répondu aux sceptiques en continuant sur sa formidable lancée, entamée lors du dernier mois d’octobre. Sur le podium final, il complète cet acquis avec une victoire d’étape bienvenue. Le plus dur, désormais, sera de confirmer dans les semaines à venir.

** Julian Arredondo : Le Colombien, méconnu du grand public, a frappé fort sur le Tour de San Luis, s’imposant avec brio au sommet des deux arrivées les plus sèches de la course sud-américaine. Et ce devant des noms qui parlent, comme Quintana, Nibali, Rodriguez, Van den Broeck et bien d’autres… Toutefois, il lui a manqué une concentration permanente pour ne pas perdre de temps bêtement, ce qui explique sa position au pied du tiercé final. Mais ses débuts dans l’élite peuvent donner le sourire à Trek.

** André Greipel : Si le festival du Gorille est devenu une habitude lors de son passage annuel en Australie, il faut quand même souligner la manière, une nouvelle fois. Ramenant le maillot ocre à la maison en 2008 et en 2010, le temps où les six étapes de cette épreuve ressemblaient à un tapis roulant semble bien loin. L’Allemand s’est démené, cherchant les limites de son corps lors des abruptes montées du Corckscrew et de Montacute – seul sprinter parmi les puncheurs – , ou encore à Stirling, où il lui aura manqué un kilomètre. Pour le reste, carton plein lors des étapes dénuées de difficultés, et une machine déjà lancée.

* Richie Porte : L’ancien protégé de Bjarne Riis s’était qui s’était fixé la barre très haute avant le départ du Tour Down Under, et a échoué dans sa quête de victoire finale ; mais il a pu réciter ses gammes sur l’explosive montée de Willunga, ne laissant aucune miette à ses concurrents. S’il doit encore régler la mire, le Richie Porte version 2014 ne fera aucun cadeau, et montre d’ores et déjà qu’il peut être plus que le lieutenant de Chris Froome, au cas où certains en doutaient.

* Nairo Quintana : Même s’il n’a fait qu’une bouchée de l’adversité lors de l’étape montagneuse de l’épreuve argentine, on n’en attendait pas moins de sa part. Et ce malgré une petite maladie qui l’a sans doute handicapé légèrement. Mais qu’importe, il était attendu, il ne s’est pas raté, et a déjà marqué les esprits. La force tranquille, en somme.

On ne les attendait pas

*** Phil Gaimon : C’est la grande découverte de ce début d’année 2014. Deuxième du général en Argentine, l’Américain de la Garmin-Sharp est passé de l’ombre à la lumière, même s’il faut quand même signaler que ce résultat est grandement lié à une échappée fleuve lors de la première étape à San Luis. Mais si l’on pensait que cet « inconnu » allait logiquement s’écrouler, il a opposé sa plus vive résistance, terminant à 43 secondes de l’intouchable Quintana, sans démériter en altitude.

** Nathan Haas : Moins connu que ses compatriotes Evans, Gerrans ou Porte, Nathan Haas a également réalisé un Tour Down Under de haute volée, terminant à la cinquième place du général. Capable de coups d’éclats, ce jeune aussie a encore le temps pour rééditer ce genre de performances, et on le suivra de près durant les prochaines courses.

** Eduardo Sepulveda : Le supposé spécialiste du contre-la-montre de l’équipe Bretagne-Séché aura été au contact des meilleurs à domicile. Sixième du général, Sepulveda devra confirmer les progrès entrevus afin de propulser Bretagne vers le Tour de France.

** Peter Stetina : L’une des recrues de la BMC durant le dernier hiver aura montré de belles promesses en compagnie de Darwin Atapuma. Un duo sympathique qui s’illustre timidement mais sûrement, alors même que l’Américain est peu coutumier des premières échéances.

* Adam Yates : Sur le Tour Down Under, le néo-pro britannique de l’équipe Orica-GreenEdge a signé déjà ses premiers tops 10 et s’est adjugé le maillot blanc, alors que bon nombre des autres espoirs ont été victime de la chaleur incessante des premiers jours. De très bon augure.

* Robert Gesink : Si l’éternel espoir néerlandais se focalisera sur le Tour de France, il semble déjà avoir retrouvé les premiers automatismes, en témoignent ses placettes intéressantes sur un Tour Down Under terminé à la sixième position.

* Sacha Modolo : Le sprinter italien avait déjà remporté l’étape de Portezuelo lors du Tour de San Luis 2013, devant un certain Mark Cavendish. Cette année, c’est Peter Sagan qui est victime du transfuge de la Bardiani, visiblement à l’aise en début de saison, même au sein d’une équipe World Tour qui misera surtout sur lui lors des grands tours.

* Joaquim Rodriguez : Peu concerné, souriant et détendu au départ en Argentine, Purito n’a pas cherché à se mettre en valeur tout au long de la semaine, mais a quand même pointé le bout de son nez sur le Mirador del Sol.

* Frank Schleck : De retour dans les pelotons après sa suspension, le Luxembourgeois aura apprécié le bon moment de passé dans la banlieue de Melbourne, et se sera même testé en compagnie de son compagnon de fortune, Jens Voigt.

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