A une semaine du Tour de France, Thibaut Pinot a rassuré avec son titre de champion national contre-la-montre - Photo Mathilde L'Azou
27 juin 2016
Par  Robin Watt 

La France l’attend

C’est sur lui que reposent presque tous les espoirs de victoire tricolore. Il y a deux ans, Thibaut Pinot avait accompagné Vincenzo Nibali et Jean-Christophe Péraud sur le podium, à Paris. Aujourd’hui, il apparaît comme le principal outsider derrière quatre hommes qui ont déjà remporté des épreuves de trois semaines. Alors forcément, tout un pays espère le voir briller, jusqu’à faire un peu – beaucoup ? – mieux qu’en 2014.


2016 marque un changement pour le Franc-Comtois. Trois victoires, déjà, dans l’effort solitaire : personne ne l’aurait prédit il y a encore deux ans. A l’époque, le grimpeur de la FDJ avait déjà progressé en chrono, mais cela restait son principal défaut – après avoir résolu sa phobie passagère des descentes. Il assurait travailler, mais les observateurs se demandaient si cela allait payer. Devenir un rouleur en restant un grimpeur est toujours une tâche compliquée. Pinot y est parvenu. Fini l’appréhension du chronomètre, qui souvent lui a fait perdre quelques places dans les grandes courses par étapes. Désormais, il sait même y faire la différence. En Romandie, c’est dans le contre-la-montre de Sion qu’il est allé chercher son podium. Et son titre de champion de France de la discipline, acquis ce week-end, doit encore le rassurer. Tout en s’affirmant comme l’un des meilleurs grimpeurs du peloton, il est devenu un rouleur plus qu’acceptable.


Depuis deux ans, sur les courses par étapes du World Tour auxquelles Pinot participe avant le Tour de France, sa régularité est impressionnante. Hormis le dernier Dauphiné où il est passé au travers, il a toujours répondu présent. Cette saison, il a même décroché son premier podium à ce niveau – le Tour 2014 mis de côté – en Romandie. S’il y a un an, il avait donc échoué dans son ambition de confirmer en juillet son bon début de saison, 2016 lui offre une nouvelle chance. Désormais habitué à côtoyer les cadors sur une semaine, il n’a plus à rougir au départ d’une épreuve comme la Grande Boucle. Il n’a plus grand chose à envier à Froome, Quintana, Contador et Aru, sinon leur palmarès et des détails qui peuvent encore faire la différence.


C’est une sorte de superstition. 2012, premier Tour de France, Pinot se révèle. Victoire d’étape à Porrentruy, dixième place au général, il est le Français qui fait vibrer tout un pays pendant trois semaines. Il ne devait même pas être de la grande messe juillettiste, il y a finalement brillé de mille feux. Mais l’année suivante, alors qu’il est attendu pour la confirmation, il passe à côté de l’épreuve, paniqué notamment dans les descentes. Il faut attendre 2014 pour le voir revenir le couteau entre les dents, jusqu’à aller décrocher un podium inespéré au départ du Tour. C’est alors une année sur deux que Pinot aura brillé sur les routes de la Grande Boucle, une logique respectée en 2015. Si sa victoire a l’Alpe d’Huez a sauvé les meubles, il n’était pas là où il voulait être : dans la bagarre, avec les gros. Mais finalement, les plus superstitieux en sont heureux. Car c’est peut-être de très bon augure pour cette année…

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4 Commentaires sur "La France l’attend"

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gilbert5866
gilbert5866

Surtout que Pinot est très bon les années paires et avec ses énormes progrès en CLM c’est top 5 presque assuré

jujuj33
jujuj33

Effectivement, il a progréssé dans tous les domaines.
Cependant, beaucoup parlent de Fabio Aru, mais je doute sur ses réelles capacités face aux tenors au top de leur forme, Pinot ou Bardet auraient le potentiel pour gagner un tour d’Italie ou Espagne. On verra en juillet mais je met ma main à couper que les deux francais termineront devant lui au general.

JoeHans
JoeHans

Reste à voir si la FDJ sera capable de le protéger convenablement sur les étapes de plaine … En haute montagne, il sera bien entouré avec des gars comme Steve Morabito et Sebastien Reichenbach. Sur le papier ça promet !

rolfsorensen
rolfsorensen

Le principal point faible de Pinot reste la descente, si jamais il grillait la priorité aux favoris, on pourrait bien lui faire payer sa force dans les nombreuses descentes du Tour