Malgré son surnombre, l'équipe Orica-Scott a failli ce mercredi vers Calar Alto, Esteban Chaves perdant gros au général - Photo Unipublic / Photogomez
30 août 2017
Par  Robin Watt 

Orica, la gueule de bois

Un sourire cache toujours quelque chose, même lorsqu’il s’agit d’Esteban Chaves. En l’occurrence, pour le Colombien, son bonheur permanent a tendance à faire passer au second plan ses grandes ambitions. Aujourd’hui pourtant, l’équipe Orica avait décidé de lancer les grandes manœuvres. Mais elle s’est ratée dans les grandes largeurs.

Non à l’attentisme

Puisque les individualités n’arrivent pas à mettre à mal Chris Froome depuis sa prise de pouvoir il y a bientôt dix jours, une équipe entière devait tenter de s’y mettre. Un rôle qui ne pouvait revenir qu’à Orica. Avec Esteban Chaves et les deux frères Yates, la formation australienne dispose, sur le papier, d’une force de frappe sans équivalent en montagne. La seule capable de faire trébucher le maillot rouge. Louable initiative. Davantage en tout cas que celle dont faisait part il y a quelques jours Esteban Chaves lui-même, dans les colonnes du journal colombien El Tiempo. « Froome est très fort mais il est humain et il peut avoir des moments difficiles. Si cette situation arrive, je devrais en profiter, mais je dois attendre ce moment. » Fort heureusement, il existe une alternative à l’attente. Orica l’a compris et l’a fait comprendre à son leader. Il fallait prendre la course en main pour provoquer cette opportunité que le Colombien espérait voir venir à lui.

C’est finalement la seule façon d’éviter les regrets. Ceux qui hantent peut-être Romain Bardet, Rigoberto Uran et les autres depuis que Chris Froome a révélé, après l’arrivée du Tour, qu’il aurait pu perdre l’épreuve lors de l’arrivée à Peyragudes si ses rivaux avaient lancé les hostilités plus tôt que dans les derniers hectomètres. Alors ce mercredi vers Calar Alto, Simon Yates a anticipé les débats, rejoignant les échappés en vue de l’ascension finale. Son frère Adam, lui, devait rester aux côtés d’Esteban Chaves. Dans une montée plus longue que celles proposées en première semaine, censée convenir davantage au Colombien (« sur le papier, je serai mieux sur les étapes qui arrivent », prédisait-il lundi, lors de la journée de repos), le plan a pourtant raté. Pas à cause d’une stratégie douteuse, mais à cause de jambes complètement absentes. Pour la première fois depuis le départ de Nîmes, Chaves a craqué, et dans des proportions aussi frustrantes qu’importantes.

Une croix sur la victoire

Sur la ligne d’arrivée, celui qui avait terminé troisième à Madrid il y a un an a concédé près de deux minutes à l’actuel leader, Chris Froome. Pas assez pour être éjecté du podium puisqu’il est encore troisième, seulement dépassé par Vincenzo Nibali. Mais le jour où il devait tenter de bouleverser la Vuelta, Chaves l’a sans doute perdue. Relégué à plus de deux minutes et demie du maillot rouge, alors qu’un contre-la-montre de quarante kilomètres se profile dans maintenant une semaine, il va devoir se résigner à jouer le podium, encore une fois. « J’ai vécu une dure journée », résumait le Colombien à l’arrivée. Tant pis pour le suspense. Chaves était l’un des derniers, sur le plan mathématique, à pouvoir mettre en danger le maillot rouge. Désormais, il reste donc Nibali pour espérer un duel. Et surtout une semaine et demie pour retrouver le sourire du côté d’Orica.

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2 Commentaires sur "Orica, la gueule de bois"

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Henri
Henri

bon ils ont l’air fin d’avoir roule comme ils l’ont fait dans la plaine…

chris83
chris83

Qu’ils attaquent, c’est tout à leur honneur mais à quoi ça sert exactement de rouler comme des malades sur le plat en permettant aux Sky de lire le journal et de regarder leurs mails dans leurs roues?