Vainqueur de la manche de Coupe du Monde à Namur, Francis Mourey a prouvé qu'il faudrait compter avec lui pour les Mondiaux - Photo Belga
31 janvier 2014
Par  Robin Watt 

Mourey peut-il le faire ?

Ce dimanche à Hoogerheide se déroulent les Championnats du Monde, avec évidemment des Belges favoris, comme chaque année. Mais entre les habitués Nys et Albert, concurrencés par l’armada montante des hollandais, on trouve un Français à placer parmi les sérieux prétendants : Francis Mourey. A 33 ans, le coureur de la FDJ.fr a réalisé une saison de toute beauté, et n’a jamais été en aussi bonne posture pour décrocher le sacre mondial.

La Coupe du Monde comme révélateur

33 ans serait-il l’âge de raison ? Depuis plus de dix ans, Mourey est au sommet du cyclo-cross français, a accumulé huit titres nationaux et n’a laissé aucune miette aux différents concurrents qui ont voulu l’empêcher de régner sur la discipline. Mais à l’échelle internationale, ça n’a pas toujours été simple. Le cyclo-cross, trop peu reconnu en France comparé à son importance en Belgique ou aux Pays-Bas, ne fait pas vendre, n’attire pas les sponsors. Et puis, comme il le confiait récemment, le champion de France n’est pas invité par les organisateurs belges, ou alors à des conditions totalement différentes de celles dont bénéficient les coureurs locaux. Résultat, les déplacements du Doubiste sont calculés et limités. Cette année encore, pas de Superprestige ou de Trophée Bpost Bank au programme, il n’y a eu que les manches de Coupe du Monde. Les épreuves les plus importantes, bien sûr. Mais du coup, le Français s’est mesuré à la concurrence moins de dix fois durant l’hiver. Heureusement que les rares confrontations ont été fructueuses, histoire de le rassurer.

Après son abandon sur la première manche à Valkenburg, Mourey avait redressé la tête à Tabor, quelques semaines après. Une quatrième place encourageante prouvait qu’il faudrait compter sur lui dans les courses à venir. Il enchaînera à la perfection ; deuxième à Coxyde derrière Niels Albert, puis victorieux à Namur lors de la quatrième manche. Cette saison, la Coupe du Monde a été son terrain de jeu, et sa victoire, presque sept ans après son premier et seul succès sur l’épreuve jusque là, est cruciale pour le moral. Pas obnubilé par le classement de la Coupe du Monde, le poulain de Marc Madiot loupe la manche suivante, et ne reviendra qu’à Rome, il y a moins d’un mois. La dernière ligne droite avant l’échéance la plus importante de sa saison. Quatrième en Italie mais dans le coup jusqu’au bout, il impressionne, encore, et se montre au même niveau qu’Albert, Nys et Van der Haar, les trois cadors de cet hiver 2013-2014. La dernière manche, la semaine dernière à Nommay, le tenait à cœur. A domicile, il n’a pas gagné, mais a terminé dans la roue du vainqueur Tom Meeusen, et envoyé un signal fort à ses adversaires. A Hoogerheide, il sera présent !

Un parcours qui favorisera le plus fort ?

Hoogerheide, habituellement, est une manche de Coupe du Monde. Alors en accueillant cette année, le circuit néerlandais s’offre un joli coup de pub, mais ne surprendra personne. Francis Mourey le connaît depuis 1998, les autres depuis presqu’aussi longtemps. Les pièges sont connus et on peut penser que le vainqueur sera tout simplement celui qui aura les meilleures jambes. Le Français a regretté il y a quelques semaines le manque de réussite qu’il avait pu avoir sur les dernières éditions des Mondiaux. Cette fois, la chance sera-t-elle de son côté ? Evidemment, cela a son importance. Mais sur ce parcours, les risques sont limités ; surtout sans bac à sable et avec simplement des marches et des planches. D’autant que désormais, le natif de Chazot a l’expérience, et pourra compter sur une équipe de France qui, si elle ne rivalisera pas avec les armadas belge et néerlandaise, sera unie autour d’un seul homme. Chez les concurrents, les forces sont plus réparties, et entre Nys et Albert, par exemple, ce sera chacun pour soi.

Déjà sept fois dans le top 10 des Mondiaux, Mourey n’a réalisé qu’un podium, en 2006. Et ces deux dernières années, il est passé au travers, douzième puis onzième de la course arc-en-ciel. Plus régulier que jamais cette saison, c’est le moment de donner le coup final, de ne surtout pas faiblir. Dans les médias, le tricolore affirme viser le podium. Mais très objectivement, il semble pouvoir viser la victoire ! Nys a été moins impressionnant qu’il a pu l’être par le passé, Albert plutôt irrégulier, et Van der Haar ne participera qu’à ses deuxièmes Mondiaux. Ces trois-là, qui seront vraisemblablement les adversaires les plus coriaces de Mourey dimanche, ont avec eux une aptitude plus prononcée à gagner sur la scène internationale. Mais certainement pas la même motivation que le Français, conscient qu’une telle opportunité ne se représentera peut-être jamais. Le dernier coureur de l’Hexagone à avoir décroché l’arc-en-ciel dans la discipline était Dominique Arnould, en 1993. 21 après, Mourey peut à son tour marquer l’histoire et ainsi prouver à tous que combiner route et labourés n’est pas impossible, même au meilleur niveau.

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