Auteur d'un très gros début de saison, Mikel Landa a malgré tout posé problème à Aru vers Campetillo Matese
16 mai 2015
Par  Robin Watt 

Landa, un cinquième homme problématique ?

Derrière Contador, Porte, Aru et Uran, depuis l’abandon de Pozzovivo, on avait du mal à imaginer un coureur se distinguer. Finalement, sur les deux arrivées au sommet de cette première semaine, un homme s’est bel et bien immiscé parmi le quatuor : Mikel Landa. On ne l’attendait pas, et cela pourrait presque poser problème pour son leader Fabio Aru.

2015, comme une éclosion

Chez Euskaltel, il y a quelques années, Landa était considéré comme l’un des plus grands espoirs du cyclisme espagnol. Sauf qu’il n’a jamais réellement confirmé les attentes placées en lui, quittant l’équipe basque fin 2013 avec le statut d’un grimpeur encore incapable de tirer son épingle du jeu sur les grandes épreuves. Mais Astana lui a permis de franchir un palier, et après avoir appréhendé son nouvel environnement la saison passée, il explose véritablement depuis quelques mois. Destiné depuis le début de saison à épauler Aru sur le Giro, il a eu le temps de se mettre en confiance par des résultats de haute volée. Vainqueur au sommet du col d’Aia sur le Tour du Pays-Basque, il a enchaîné au Trentin, terminant deuxième des deux étapes phares et du classement général. Meilleur que son coéquipier Cataldo sur l’épreuve italienne censée préparer la course rose, il s’est imposé comme le lieutenant d’Aru en vue du mois de mai.

Depuis une semaine, c’est donc lui qui, au sein de l’équipe Astana, doit accompagner le plus longtemps possible le leader transalpin en montagne. Et autant dire que les deux étapes montagneuses qu’a proposé le Giro jusqu’alors ont permis au Basque de confirmer sa très grande forme. D’abord sixième à Abetone mercredi, seulement battu par les échappés, Contador, Porte et Aru, Landa a fait encore mieux ce samedi vers Campitello Matese, échouant à quelques secondes d’Intxausti et Reichenbach pour la victoire d’étape. Des performances qui tranchent avec la précédente expérience de Landa sur la course rose, puisqu’il avait terminé à une anecdotique 34e place l’an passé, n’entrant qu’une seule fois dans le top 20 d’une étape. « Je n’ai jamais été aussi fort », confiait le natif de Murgia après sa première victoire en World Tour au Pays-Basque. Et on le croit volontiers.

Un problème pour Aru ?

Un coéquipier aussi costaud que Landa sur cette première semaine du Giro, ce devrait être une bénédiction pour le leader de l’équipe Astana. Mercredi, vers Abetone, il a d’ailleurs permis de calmer les ardeurs de Contador. Capable de suivre l’attaque du Madrilène presque aussi bien que Porte et Aru, il a ensuite imprimé un gros tempo et emmené le trio jusqu’au sommet sans que le Pistolero ne puisse replacer de banderille. Cependant, ce samedi, le scénario fut bien différent, et prête au débat. Sachant Contador diminué physiquement, Aru avait prévu d’attaquer, pour tester et peut-être faire craquer son rival. Sa première accélération, à cinq kilomètres du but, était d’ailleurs très tranchante. Mais Landa, placé dans la roue de son leader, s’est lui aussi dressé sur ses pédales pour suivre l’Italien, aidant ainsi Contador, Porte et Uran à recoller.

Si l’actuel maillot blanc n’est pas parvenu à faire le trou qu’il espérait, c’est donc en grande partie à cause de son coéquipier. Pourtant, ses concurrents ne semblaient pas très à l’aise, de quoi nourrir quelques regrets. Anticipant les plus forts pourcentages pour faire la différence, Aru a donc vu sa tentative échouer, et s’est par la suite montré incapable de rééditer un tel effort. Landa, lui, ne semblant pas concerné par la bataille dans laquelle était impliqué son leader, a attaqué à son tour pour aller chercher la victoire d’étape. Finalement troisième, il ne lève pas les bras mais empêche Aru de prendre quelques secondes de bonifications. Sur la montée de Campitello Matese, l’Espagnol a donc tout faux. Au lieu d’aider son leader, il a été plus coriace que tous ses adversaires. Chez Astana, il va donc falloir mettre les choses au clair. La hiérarchie ne souffre d’aucun doute, et Landa doit s’y faire.

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6 Commentaires sur "Landa, un cinquième homme problématique ?"

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Jakoui
Jakoui

Difficile de comprendre la tactique d’Astana dans la montée finale en effet….

Half
Half
Il y a une erreur dans l’article, Landa finit 2ème derrière Intxausti et Reichenbach lui arrive 3ème. Sinon je pense que les médias en font trop sur l’attaque de Landa. Si on regarde le profil de l’étape on s’aperçoit qu’elle était bien trop roulante pour piéger un des favoris. Je suis persuadé que si Aru a attaqué c’est uniquement pour observer la réaction de Contador, et donc l’état de son épaule. Il est clair que sur ce genre de pourcentages « moyens » ni Aru, ni Contador ne pouvaient créer réellement de différences. Dans cette condition je pense que l’équipe Astana a voulu jouer la victoire d’étape voyant que Landa était en forme, sachant donc que les favoris allaient se neutraliser. Par ailleurs, lors de l’attaque d’Aru, il me semble que Contador et Porte réagissent les premiers, et Landa revient derrière eux (mais à vérifier en vidéo je suis plus tout à fait sur). De plus, sur la première arrivée en montagne, Landa avait plutôt bien joué son rôle de lieutenant, et il le jouera tout aussi bien sur les prochaines étapes difficiles. Bref, la première étape de haute montagne n’arrive que plus tard (15ème étape), et d’ici là je vois mal… Lire la suite »
chris
chris

Beaucoup de bruit pour pas grand chose. Si Contador avait été un peu juste, sur un final aussi roulant, un duo Aru-Landa se relayant pouvait faire quelque chose. De toute façon, face à un adversaire aussi coriace que Contador, Astana a de la chance s’ils peuvent avoir deux fers au feu.

adrichou
adrichou

Mon commentaire n’a rien a voir avec le giro mais plutôt avec le tour de californie. Je pense qu’on ne peut pas encore definir avec certitude le profil de Julian Alaphilipe mais il est d’ores et déjà un monstre et si tant est qu’il est une progression lineaire il a de quoi se faire un palmarès impressionnant. Pour ma part je trouve qu’il a un peu le meme profil qu’un valverde.

rolfsorensen
rolfsorensen

En tout cas, Astana, plus encore que Saxo et Sky, marche sur l’eau en ce début de Giro. C’est tout à fait impressionnant, ce trio Landa, Tiralongo, Cataldo à la hauteur de la plupart des autres favoris.
Même Kreuziger, 1er lieutenant de Contador, flanche presque plus vite que les 3 précités, sans avoir l’air de devoir fournir des efforts fous pour son leader (au moins on a pu voir les efforts de Tiralongo pour Aru tout au long de la semaine).

Mais on verra comment Astana gère dans les étapes les plus difficiles avec enchaînements de grands cols, peut-être que certains à l’aise sur les cols roulants flancheront sur de longues portions pentues.

Quant à la polémique Landa, c’est peut-être une petite erreur tactique samedi, mais ça ne remet pas le leadership en question, je suis certain que l’Espagnol sait pertinemment qu’il roule pour Aru, il aurait pu gagner l’étape de samedi, et l’équipe a su penser à ça aussi. Honnêtement je pense que ça arrange bien Astana de ne pas avoir le maillot rose trop tôt sur ce Giro, surtout quand ça se joue à 1 seconde près.

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