Comme l'an dernier, Tom Dumoulin s'empare du maillot rose après un chrono : mais cette fois, c'est à mi-course et pas après le prologue - Photo RCS Sport
16 mai 2017
Par  Robin Watt 

Le patron Dumoulin

On se doutait que Tom Dumoulin prendrait le maillot rose à Montefalco. Mais on ne se doutait pas qu’il le ferait avec autant de marge. Quintana, son nouveau dauphin, est relégué à 2’23. Voilà les grimpeurs dans une nouvelle position : ils doivent faire craquer le rouleur néerlandais, qui lui tentera de suivre au maximum jusqu’à l’ultime chrono de Milan.

Bluffant puis tranchant

« J’y vais pour gagner », confiait Thibaut Pinot avant le contre-la-montre, ce matin dans L’Equipe. Le Français espérait même prendre le maillot de leader et frapper un grand coup sur le Giro. Or si c’est bel et bien un maillot bleu-blanc-rouge qui a brillé entre Foligno et Montefalco, ce n’est pas le sien mais celui de Tom Dumoulin, champion des Pays-Bas du chrono. Et dans des proportions impressionnantes. Sur les 40 kilomètres au programme, seuls trois hommes ont concédé moins de deux minutes au Néerlandais. Quintana, Pinot et Nibali, eux, sont relégués bien loin. Le nouveau leader n’a pas course gagnée, loin de là. Mais le voilà dans un fauteuil bien confortable à mi-course. « Si je peux prendre le maillot rose mardi, je le ferai », assurait le garçon hier, pendant la journée de repos. Il ne s’est pas fait prier. Après sa surprenante ascension du Blockhaus, dimanche, les autres favoris ont donc de quoi s’inquiéter.

« Terminer troisième au Blockhaus, sur l’une des arrivées les plus dures du Giro, c’était vraiment plaisant », lançait avec enthousiasme Tom Dumoulin lundi,. C’était surtout inattendu pour ses concurrents, qui n’imaginaient pas le retrouver à ce niveau-là. Sur la fin de la montée, Thibaut Pinot, à la poursuite de Nairo Quintana, a même vu le Batave revenir dans sa roue. « Il lisse très bien son effort, comme dans un contre-la-montre », reconnaissait-il à l’arrivée. Une tactique payante. Jamais il n’a paniqué. Jamais non plus il s’est précipité pour répondre à une attaque. Quand en début d’ascension, le trio Quintana-Pinot-Nibali s’est détaché, il n’a pas cherché à suivre, simplement à continuer sur son rythme. Au sommet, il avait repris et lâché l’Italien, et ne concédait que deux petites secondes au Français. Alors oui, il faudra s’employer pour lâcher Dumoulin en montagne. Les pourcentages et les longs cols ne lui font pas peur. Avancer seul quand la route se cabre non plus – il a perdu Wilco Kelderman sur chute juste avant l’ascension du Blockhaus.

Matelas fragile

Il lui manque donc un peu d’expérience. Il n’est jamais monté sur le podium d’un grand tour et la seule fois où il y a joué la victoire finale, il a complètement craqué la veille de l’arrivée – sur la Vuelta 2015, il portait le maillot rouge lors de la vingtième étape avant de terminer sixième. Mais celui qui a pour modèle Bradley Wiggins progresse chaque année un peu plus. Le Giro ne lui avait pas réussi l’an passé : il y revient plus déterminé encore, convaincu, grâce au nombre de kilomètres contre-la-montre, qu’il peut enfin l’emporter. Sans avoir les yeux fixés sur son capteur de puissance dans les montées – un point sur lequel il se distingue de « Wiggo », justement – parce que le garçon préfère grimper au feeling. Avec lucidité en revanche. Pour lui, le test du Blockhaus ne représentait rien par rapport à ce qui attend les coureurs en troisième semaine. Il s’est donc offert un beau matelas à Montefalco ; mais dans la double ascension du Stelvio, vers Val Gardena ou Piancavallo, il le sait, tout pourrait retomber à plat.

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5 Commentaires sur "Le patron Dumoulin"

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zioukni
zioukni

Si on rajoute le dernier chrono de 30km, il faudrait qu’il explose completement pour perde.

gougi
gougi

attention le dernier CLM est toujours différent, la fraicheur jouera, et il n’y aura surement pas + 1 ‘ 00 d’avantage pour Dumoulin. donc a mon sens il a un matelas de 3 ‘ 30 maximum, pas sûr que ce soit suffisant, une accumulation de cols peuvent lui être fatal, et quid de son équipe face à la pression Movistar ? Quand à Pinot il faut arreter de le porter au nu , on lui rend pas service et de plus ça ne se justifie pas, comme pour Bardet d’ailleurs; Ce sont de bons coureurs mais il leur manque le petit plus pour passer à la vitesse supérieure , si j’ose dire.

zioukni
zioukni
Sur ses qualités de grimpeur, je suis pas sur que Pinot soit en dessous des TOUT meilleurs . Je trouve surtout que son problème c’est qu’il se trouves souvent des excuses, on a eu droits aux descentes, à la chaleurs, à la pression médiatique, au pique de forme trop tot, aux etapes de plaines nerveuses…. Mais j’ai quand même l’impression que ça change sur ce Giro, il se plaint moins, il relativise, il tante, il annonce qu’il veux prendre le maillot rose sur le chrono, il se rate ? tant pis il annonce qu’il veut attaquer a Oropa…Je crois que dans sa tête il a enlever l’idée qu’il devait absoluement etre le « messie » du cyclisme français, si il fait 3 ou 4, son monde ne va pas s’écrouler, il fera une super carrière, meme sans victoire sur le tdf…, et de toute façon il ferat au moins ça, grace a ses qualités. Je le sens moins nerveux, plus confians, et surtout plus libérés, est quand on y pense, c’est surtout dans la tête qu’il à un pallié a passer… PS: le « petit » truc en plus qu’ont les autres pour passer a la vitesse supérieur, je suis pas sur que j’ai… Lire la suite »
Tywin
Tywin

Je suis bien d’accord avec le commentaire de zioukni. je trouve que Pinot est bien trop critiqué surtout sur ces facultés mentales soit disant faible. il faut quand même rappeler que ces victoires sont souvent celles des étapes reines des courses. de plus je pense qu’il est un coureur de 3 semaines car il est souvent très fort en 3e semaine (cf tour de france 2012 et 2014, vuelta 2013 et victoire à l’alpes en 2015) et il a très rarement de journée sans lors d’une épreuve mais réalise des performances variables en fonction de la forme du jour en limitant toujours bien le débours de temps à l’arrivée. j’espère qu’il continuera de faire le giro plutôt que le tdf puisque tant que sky sera la, le tdf est injouable et inintéressant. Le seul reproche que je pourrais lui faire est d’être un peu trop prévisible et fait preuve d’un manque d’audace tactiquement à l’inverse d’un nibali

zioukni
zioukni

C’est vrais qu’il est moins créatif qu’un mec comme Bardet, ou Contador.
En revanche hier il a été le seul leader entreprenant. Et le fait d’avoir du retard va le forcer trouver des solutions, je pense qu’il arrive a un stade de sa carriere ou un top 10 ou top 5 n’a pas un grand interet et n’aura pas grand chose a perdre en attaquant.

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