Philippe Gilbert a retrouvé le chemin de la victoire, comme BMC. - Photo Keystone
11 novembre 2014

La sauce a t-elle pris chez BMC ?

Régulièrement décevante depuis son arrivée au plus haut niveau en 2010, la structure helvético-américaine n’a jamais vraiment pu rentabiliser son assemblage de champions des courses d’un jour, ni le joli panel mis à disposition pour les Grands Tours. Symbolisé par des leaders sur le déclin tels Evans ou Hushovd, le BMC Racing Team a quelque peu déchanté, mais l’électrochoc du départ de John Lelangue l’été dernier à produit un drôle d’effet. Revenus de nulle part en fin de saison dernière, les hommes au maillot rouge ont livré une excellente saison du point de vue comptable en 2014. Mais sans forcément parvenir à leurs fins… Est-on sur la bonne voie ?

Trois raisons d’être satisfaits

Le nouveau palier franchi par Greg Van Avermaet. Souvent sous-estimé, le Flamand est depuis longtemps présenté comme le nouvel homme fort des classiques en son pays. Sprinteur à ses débuts, il s’est révélé être plus qu’un habile flandrien et un puncheur de qualité, en passant tout près de remporter le Tour des Flandres en ayant anticipé l’enchaînement final, voyant revenir Fabian Cancellara et Sep Vanmarcke. Une immense déception malgré la course quasi parfaite, qui illustre les difficutés de l’ancien coureur de Lotto à concrétiser ses belles performances en victoires. Déjà battu en février par l’opportuniste Stannard au Het Nieuwsblad, il a du attendre l’étape du Mur de Grammont pour se faire justice, sur l’Eneco Tour. Mais une fois de plus, c’est un bilan très satisfaisant, marqué par une régularité sans failles sur le circuit World Tour, une présence remarquée au Tour de France, et une cinquième place aux Mondiaux. L’année prochaine sera t-elle (enfin) la bonne ?

Le retour de Philippe Gilbert. S’il paraît clair que le Remoucastrien ne pourra plus jamais réaliser des résultats du niveau de son année stratosphérique de 2011, 2014 fut placée sous le signe de la renaissance. Le maillot arc-en-ciel de Valkenburg cachant la forêt de deux années l’ayant vu nettement rentrer dans le rang, c’est sur une saison entière que Philippe Gilbert a pointé le bout de son nez, ajoutant à son palmarès une deuxième Flèche Brabançonne, une troisième Amstel Gold Race sur un Cauberg qu’il chérit tant, son troisième ZLM Toer, et le Tour de Pékin. Sept victoires au total, pour une fin de saison satisfaisante, avec des tops 10 sur des Mondiaux pas forcément aussi sélectifs que prévus et l’ennuyant Tour de Lombardie. De quoi rester dans la course aux succès sur des classiques se durcissant continuellement en vue des années futures.

La solidité de Tejay Van Garderen. Supplantant à merveille son tenant du titre de coéquipier, l’Américain originaire du Colorado avait fait forte impression sur les routes du Tour en 2012, l’ayant véritablement vu émerger au rang d’espoir confirmé des Grands Tours. Mais la saison 2013 venait infliger un coup d’arrêt aux perspectives glorieuses annoncées. Plutôt coureur d’une semaine ou de trois, le «TVG» ? Un peu des deux, pourrait-on se contenter de dire, puisque ses limites ne sont pas encore clairement définies. Auteur d’excellents premiers mois, ponctués par des podiums au Sultanat d’Oman, en Catalogne, une placette au Pays Basque, son programme de courses est resté très classique et uniquement axé sur ce type d’épreuves World Tour, zappant même le Tour de Californie. Discret au Dauphiné, il a ensuite joué nombre de tours à Romain Bardet pour le top 5 à Paris. Sorti indemne des pavés et de l’hécatombe vosgienne, l’Etasunien aurait cependant pu titiller Alejandro Valverde s’il n’avait pas eu ce petit jour sans lors de la seizième étape. Proche de la défaillance dans le Port de Balès, il s’en est finalement bien sorti, mais a du remettre son classement final à son aptitude contre-la-montre, toujours aussi précieuse. Son deuxième sacre à l’USA Pro Challenge n’était que la cerise sur le gâteau.

Trois raisons d’être déçus

Où est passé Peter Velits ? Le Slovaque montant sur le podium du Tour d’Espagne 2010 à Madrid, cela ne fait que quatre années, mais pour les principaux observateurs, cela ressemble à une éternité. Seulement vainqueur de son peu relevé championnat national du chrono, le grimpeur-rouleur de 29 ans est tout simplement transparent depuis son arrivée dans la structure de Jim Ochowicz. Neuvième d’un Paris-Nice peu adapté à ses qualités, c’est sa seule performance notable depuis le général du Tour d’Oman sous le maillot Omega Pharma. Est-il arrivé trop tôt à son maximum, une perte de motivation ou bien d’autres facteurs extérieurs à ceux-là ? Il pourra quand même se targuer d’avoir contribué au titre de sa formation aux Championnats du Monde de contre-la-montre par équipes, à Ponferrada.

Les difficultés éprouvées par Taylor Phinney. La saison 2014 de Taylor Phinney se résume plutôt à ses cinq premiers mois. En effet, lors de la course en ligne de ses championnats nationaux Outre-Atlantique au mois de mai, le rouleur de la BMC s’est fracturé le tibia ainsi que le genou. Objectif convalescence, donc, et le natif de Boulder sera en particulier privé des fructueux Mondiaux de son équipe. Avant, donc, on retiendra principalement ses résultats moyens sur les classiques flandriennes, deuxième champ de prédilection, après l’effort solitaire. Le vainqueur de Paris-Roubaix espoirs, au même titre que ses coéquipiers d’une journée, n’a pas été d’une grande aide au seul Van Avermaet. Il n’y a donc pas grand chose à se mettre sous la dent, hormis une victoire au général du Tour de Dubaï, mais rien de très signifiant en février, quand on sait l’état de forme des engagés. Il sera attendu au tournant en 2015.

Le mercato effectué l’hiver dernier. Hormis l’inusable champion olympique de Pékin Samuel Sanchez, BMC n’a pas réalisé de véritables coups d’éclats sur le dernier marché des transferts. Voulant trancher avec la politique passée de l’empilement, on a tenté quelques paris, mais peu réussis. Ainsi, le Colombien Darwin Atapuma a pu découvrir le World Tour, mais dans la discrétion la plus complète. À 26 ans, on attend plus de l’une des anciennes révélations sud-américaines, tout comme du côté de Ben Hermans. Prometteur chez Radioshack avec entre autre un top 10 à l’Amstel, il n’a brillé que sur les épreuves américaines du mois d’août. Pour finir, concernant Peter Stetina, on attend toujours les signes d’une progression. En 2015, les nouvelles têtes se nommeront De Marchi, Caruso, Drucker, accompagnées des jeunes pousses dont Küng et Vliegen. On espère un meilleur rendement.

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