Avec trois titres mondiaux acquis en une semaine, François Pervis se place en leader de la piste française - Photo AFP
5 mars 2014
Par  Robin Watt 

La piste française sur la bonne voie ?

La semaine dernière, lors des Championnats du Monde à Cali, l’équipe de France a été brillante. François Pervis en fer de lance, a mené les Bleus très haut, à un niveau presque insoupçonné. En plus du Mayennais, qui a surclassé toutes les épreuves, le trio Baugé-Sireau-D’Almeida a décroché une médaille, tout comme le jeune Thomas Boudat sur l’omnium. Au niveau des résultats, il n’y a donc rien à dire. Le reste suivra-t-il ?

Pervis roi de la piste

Un triplé historique et voilà Pervis sorti de l’ombre qu’il a trop longtemps occupé. Après des années à multiplier les places d’honneur, le Lavallois avait déjà obtenu l’or mondial sur le kilomètre il y a un an, à Minsk. Depuis, il avait battu les records du monde du 200 mètres lancés et du kilomètre justement, sa discipline de prédilection. Celle où il est désormais imbattable ! Avec un temps encore incroyable en Colombie, il s’est offert un deuxième sacre consécutif. Une médaille d’or qui s’ajoute à celle acquise deux jours plus tôt sur le keirin, une première pour Pervis, et à celle du dernier jour, décrochée en vitesse individuelle. Sur les trois épreuves auxquelles il a participé, l’homme de 29 ans est allé au bout. Un triplé aussi historique qu’inédit. Dans la semaine, Pervis n’a jamais connu la défaite, ne perdant même aucune manche durant la compétition de vitesse individuelle. Fabuleux !

Et il a emmené les autres tricolores dans son sillage. Les habitués Grégory Baugé, Kévin Sireau et Michael D’Almeida, dès le premier jour, ont en effet décroché une médaille de bronze attendue mais qu’il fallait encore aller chercher, en vitesse par équipes. Le trio est désormais bien connu et passe rarement à côté des grands évènements. Mais il y a eu une surprise. Relative certes, car le potentiel du jeune Thomas Boudat était bien connu. Qu’il remporte l’omnium dès ses deuxièmes Mondiaux, en revanche, était moins prévisible. A 20 ans, il semblait encore en phase d’apprentissage, placé mais encore loin de la victoire sur les manches de Coupe du Monde. Visiblement, l’ambiance à Cali et la dynamique lancée par Pervis et l’équipe de vitesse par équipes l’ont poussé à faire encore mieux. De bon augure pour les années à venir puisque les leaders actuels de l’équipe de France ne sont plus tout jeunes.

Du changement ?

Depuis un an, l’équipe de France de piste a bien changé. Pas trop au niveau des coureurs, mais l’encadrement, lui, n’a plus grand chose à voir. Florian Rousseau a quitté son poste de sélectionneur, histoire de faire bouger les choses. La Fédération n’a pas semblé trop écouter dans un premier temps, malgré les promesses d’un David Lappartient réélu à la tête de l’institution française. Qu’importe, Justin Grace est arrivé, quelques mois seulement avant l’instauration d’un nouveau vélodrome, bien plus moderne et fonctionnel que celui de l’INSEP, à Saint-Quentin-en-Yvelines. Le tout a permis aux athlètes français de se préparer dans les meilleures conditions pour ces Mondiaux, et de rafler ainsi cinq médailles, dont quatre en or. Certes, l’œuvre d’un seul homme, François Pervis, fausse un peu les chiffres. Mais la relève est là, Boudat l’a prouvé, et il n’est pas le seul.

Désormais, il faut donc que plus haut, chez Lappartient et chez les sponsors – car les pistards vivent difficilement de leur passion malgré le fait qu’ils soient parmi les meilleurs mondiaux – se bougent aussi. Un nouveau vélodrome, c’est bien, mais on en attend plus. Les Britanniques sont la référence en terme d’organisation autour des pistards, il faut prendre exemple sur eux. Les Jeux de Rio dans un peu plus de deux ans seulement, et il faut permettre à nos athlètes, intrinsèquement capables de rivaliser avec les Anglais, de se battre à armes égales. La gifle de Pékin était celle du déclic, celle de Londres était de trop. Pour Pervis et les autres, il n’est pas question de subir la même désillusion au Brésil. Avec la preuve que nos coureurs sont une assurance à médaille, il serait alors logique d’investir dans la piste française. Il n’y a plus qu’à !

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