Mark Cavendish montre déjà les dents sur le Tour de Suisse - Photo Graham Watson
18 juin 2014

La dernière ligne droite pour les sprinteurs avant le Tour

Si les observateurs scrutent bien évidemment en premier les performances des favoris annoncés pour ce qui concerne le classement général du Tour de France 2014, à l’occasion du dernier Critérium du Dauphiné et de l’actuel Tour de Suisse, les hommes rapides du peloton sont dans une phase tout aussi similaire, à laquelle va se rajouter le ZLM Toer dès demain. Une course par étapes néerlando-belge qui permettra de situer les forces en présence, comme l’an dernier, où le trio magique Kittel-Cavendish-Greipel s’était affronté. Qu’en-est il de l’année en cours ? Faisons le point.

En Suisse, Cavendish a signé son retour

Au vu des profils des deux grandes courses par étapes World Tour décrites comme préparatoires à la Grande Boucle, c’est très clairement le Tour de Suisse qui a réuni le plus de suffrages au sein de la catégorie des spécialistes de la vitesse. Cavendish, Sagan, Degenkolb, Kristoff, Modolo, Goss, Coquard, Rojas, Danny Van Poppel… Tant de beaux noms qui ont fait le déplacement en terre helvète pour y engranger la confiance nécessaire, et une victoire d’étape qui pourrait galvaniser leurs ambitions. Avec deux étapes dénuées de difficultés, et deux autres pouvant sourire aux sprinteurs les plus costauds, dont celle de demain à Delémont, l’occasion était nettement plus propice que sur un Critérium du Dauphiné qui a laissé la part belle aux échappées et aux grimpeurs, qui ont livré un véritable récital offensif la semaine dernière. Un seul sprint remporté par Nikias Arndt, et c’est tout au menu du cru dauphinois 2014, qui n’avait de toute manière pas attiré grand monde hormis les leaders en vue du général. Cap sur la Suisse, donc, et le premier vrai emballage massif de la semaine en cours a souri à Mark Cavendish, en quête de rachat après sa perte du statut de meilleur sprinteur du monde lors du dernier Tour de France. Son train, pas encore parfaitement huilé durant les premiers mois de 2014, semble fin prêt, et la présélection annoncée simultanément par Patrick Lefévère pour le mois de juillet conforte les impressions ressenties jusqu’à présent. OPQS, en juillet, sera entièrement acquises à la cause du « Manx Express ». Même scénario du côté de la Giant – Shimano, qui composera avec ses deux figures de proues allemandes du sprint, à savoir Marcel Kittel et John Degenkolb. Ce dernier court actuellement au Tour de Suisse, mais semble vraiment encore en préparation, tout comme une équipe qui ne fait jamais les choses à moitié. C’est tout, ou rien.

A ce rythme là, les emballages massifs du côté d’Ossingen et Büren n’ont pas été très remplis en enseignements, d’autant plus que la chute massive du jour n’a fait que gaspiller des minutions du côté des équipes de sprinteurs. Autres équipes qui devraient renforcer la carte des arrivées groupées sur le prochain Tour de France, c’est bien évidemment la Cannondale de Peter Sagan, qu’on ne présente plus, et vainqueur dans son style caractéristique à Heiden au terme d’une belle étape en toboggan, mais aussi la Katusha d’Alexander Kristoff, évoluant dans une nouvelle dimension depuis sa victoire à Sanremo. Si la lutte pour le maillot vert semble difficile au vu des capacités du Slovaque, la présence de sprinteurs de classiques sur la prochaine Grande Boucle, tels le Norvégien, Degenkolb, Rojas, ou encore Arnaud Démare, pourrait bien corser la tâche du dernier vainqueur de l’E3, qui n’arrive plus à réaliser les mêmes razzias sur les courses par étapes qu’en 2012, sur le sol californien et la même épreuve actuelle. Un autre sur lequel on pourrait compter ? Sacha Modolo ! Discret et au nom moins ronflant que ses concurrents, le transfuge de la Bardiani a véritablement explosé au niveau World Tour, et en est déjà à sept victoires depuis le début de l’année, et pourrait bien jouer les troubles-fêtes. C’est aussi l’intêret de ce Tour de Suisse, dont les étapes montagneuses sont concentrées en un seul week-end, déceler les possibles surprises d’un Tour de France approchant à grand pas…

Un festival annoncé au ZLM Toer

Et pendant que Modolo triomphait dans le dernier kilomètre tortueux, c’est Philippe Gilbert qui a lancé les hostilités du Ster ZLM Toer, au Benelux. Une course qui s’étale sur cinq journées, dont seule l’étape du samedi, et son traditionnel final à la Gileppe, est en mesure de redistribuer les cartes en faveur des puncheurs. Mais la principale attraction ne repose pas dans l’issue de son classement général – qui pourrait par ailleurs tomber dans l’escarcelle du Belge pour la troisième fois – , mais bien dans ses sprints massifs attendus et vendus par l’organisation. L’année dernière, le plateau était royal, avec les premiers affrontements d’un trio magique qui ne se sépare pratiquement plus, à savoir Cavendish, Kittel et Greipel, arbitré par un Théo Bos capable du meilleur comme du pire. Cette année, le « Cav » ne sera pas de la partie, mais son nouveau grand rival y fera ses gammes, après un Giro écourté, mais toutefois rempli d’un double succès. Avec Greipel et Bos toujours aussi survoltés, mais aussi Tyler Farrar, on devrait assister à une compétition très rudes durant la fin de la semaine, qui fera office des derniers réglages avant la mise en route finale.

Cela passe par les championnats Nationaux pour certains, Halle – Ingooigem pour d’autres, où bien par un dernier stage collectif sur des circuits de Formule 1 notamment, mais encore par des reconnaissances accrues. Fini les coursettes négligées, et place au vif du sujet, puisque cette année encore, la première étape du Tour, reliant Leeds à Harrogate, devrait se conclure par la victoire et un premier maillot jaune pour un sprinteur victorieux. Quand on se souvient de l’occasion manquée par les trois quarts du peloton avec ces chutes à répétition en Corse, les principaux acteurs ne voudront pas laisser filer cette opportunité inespérée une fois de plus. Ce serait celle de trop, d’autant plus que la position naturelle dans le calendrier des plus grands évènements à venir ne peut admettre un quelconque loupé. Tout se coûtera désormais très cher, puisque c’est également la période où les problématiques à cours terme vont se révéler. Fin de sponsoring, notamment, pour l’équipe Belkin. Très clairement, on en a l’eau à la bouche, et cela faisait très longtemps que les préparations n’avaient pas été aussi alléchantes.

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