Nommé pour la deuxième fois le plus combatif du jour à Nïmes, Martin Elmiger illustre le bon tour de la formation invitée IAM - Photo letour.fr
21 juillet 2014

La dernière chance pour les équipes invitées

Cofidis, IAM, Bretagne – Séché et NetApp – Endura. A défaut d’animer la course chaque jour par leurs nombreuses échappées et le panache récurrent de certains de leurs coureurs, ces quatre formations Continentales Pro ont la particularité de n’avoir gagné aucune étape depuis le départ de ce Tour de France, le premier pour les trois dernières citées. Malgré deux premières semaines bénites sur le papier pour les baroudeurs, puncheurs et attaquants, le succès censé couronner les efforts d’une année n’est pas encore parvenu jusqu’à leur hôtel. Il leur reste une semaine pour le décrocher, mais quelle semaine.

Cofidis, un Tour à sauver

Cela fait depuis quelques temps que l’équipe Cofidis fait part de ses grandes ambitions, rendues naturelles avec le recrutement de taille effectuée par la formation nordiste à la fin 2012. Si Daniel Navarro avait déjà sauvé les meubles l’an passé avec un top 10 in extremis à Paris suite à une échappée fleuve, cela n’avait en aucun cas masqué la déception des espoirs placés en Taaramae, Coppel ou autres Le Mével. Bis repetita cette année, mais plus de Navarro pour permettre à la troupe d’Yvon Sanquer de rester dans le haut du tableau. Victime de vomissement, l’ancien fidèle d’Alberto Contador s’est arrêté au bord de la route menant à Chamrousse. Une grosse tuile, puisqu’hormis le grimpeur espagnol, personne ne se dégage du lot dans cette formation qui traverse la Grande Boucle de manière anonyme. Julien Simon n’arrive pas à trouver l’ouverture, Adrien Petit n’est pas au rendez-vous, et les grimpeurs Edet et Molard peinent à aller dans les bonnes échappées. Seule solution pour éviter le zéro pointé, remporter une victoire d’étape bienvenue. Cela fait depuis 2008 et la présence de Sylvain Chavanel dans leur effectif que cela n’est plus arrivé. On commence franchement à trouver le temps long…

IAM doit continuer et persévérer

Pour son premier Grand Tour, la jeune formation suisse n’a pas démérité au moment de tirer les bilans lors de la deuxième et dernière journée de repos. Leurs frenchies ont fait le show, avec un Jérôme Pineau combatif et un Sylvain Chavanel aussi actif, mais cette fois, sans la réussite escomptée. On est même passé tout près du gros coup de l’édition 2014, par le biais du champion de Suisse en personne, Martin Elmiger. Il lui aura manqué 50 mètres, tout comme Jack Bauer, pour réaliser l’exploit à Nîmes devant le peloton. A l’attaque à trois reprises, pourquoi pas une quatrième victorieuse ? Le terrain montagneux n’est toutefois pas à son avantage, et on ne peut que déplorer la chute ravageuse du leader Mathias Frank, dont on ne sait ce qu’il aurait pu faire dès que la route s’élève. Sébastien Reichenbach, lui, dispute sa première grande épreuve de trois semaines, et quand à Marcel Wyss, il n’est pas aussi en forme qu’on pouvait l’espérer. La surprise pourrait venir d’Heinrich Haussler, sur la pente ascendante lors des sprints de la Grande Boucle. Un bilan provisoire plutôt bon, et qui sera vraiment réussi avec un bouquet sur une étape.

Bretagne fidèle à sa réputation

Enfin l’équipe Bretagne – Séché Environnement à sa place sur le Tour de France, après avoir été barrée pendant quelques années par la présence de la défunte Sojasun. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la troupe d’Emmanuel Hubert fait honneur à ses traditions, c’est à dire attaquer, attaquer et encore attaquer. Des véritables durs au mal, baroudeurs, prêts à tenter leur chance là où la possibilité d’aller au bout est la moindre. On se «contente» donc pour l’instant d’un record de kilométrage en échappée, à la manière d’Androni sur le Tour d’Italie. En effet, plus de 1000 kms ont été parcouru par les petits hommes de la formation bretonne, qui joue également placée lors des sprints avec un Romain Feillu renaissant. Concernant son frère Brice, révélé sur les mêmes routes à Arcalis, c’est aussi l’un des meilleurs éléments de sa formation, positionné aux dix-neuvième rang du classement général. Le rêve est évidemment d’en ramener une à la maison, et il paraît plus que réalisable. Il y a assurément du positif à tirer pour l’avenir.

NetApp – Endura derrière König

C’est aussi l’une des petites nouvelles de ce Tour de France, qui fait honneur à trois nouvelles écuries sur le plus grand événement cycliste du monde. La formation germano-britannique a déjà prouvé par le passé sur un Giro et une Vuelta qu’elle savait répondre aux attentes, et une fois de plus, c’est le grimpeur maison Leopold König qui s’est mis en action. Pourtant pas verni par les bordures et les chutes de la première semaine, le Tchèque a réalisé une traversée alpine au niveau élevé, marquée par une deuxième place à Chamrousse derrière l’ogre Nibali. Et il pourrait encore monter en puissance, de quoi titiller les autres membres d’un top 10 ayant vu sa récente apparition. Ce serait alors amplement mérité pour la formation de Ralph Denk que de garder un de leurs hommes à la huitième place du général final, après avoir connu diverses péripéties. Tiago Machado, remonté à la troisième place suite à l’échappée de Mulhouse, a vécu un cauchemar le lendemain, et David de la Cruz, le prometteur grimpeur espagnol, s’est fracturé la clavicule vers Saint-Etienne. Le seul regret pour l’instant ? Celui de ne pas avoir emmené le sprinteur irlandais Sam Bennett, révélation du Tour de Grande-Bretagne 2013 et confirmation du circuit continental de cette année. Quand on sait que Cavendish a abandonné, les difficultés de Sagan, et la vulnérabilité de Kittel, cela ouvre quelques portes…

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