Avec un Tour de France prolifique, Marcel Kittel a assuré sa domination sur le sprint mondial, un trône qu'il avait lâché à Cavendish l'an passé - Photo ASO
Récompenses 2017

Cette semaine, la Chronique du Vélo décerne ses récompenses de l’année. Dans chaque catégorie, onze de nos rédacteurs ont livré leurs podiums, attribuant ainsi trois points au premier, deux au deuxième et un au troisième. De quoi vous livrer notre podium final, en attendant de savoir, via le sondage en fin d’article, si vous aussi, vous auriez récompensé le même coureur.

11 décembre 2017
Par  Robin Watt 

Kittel, sprinteur de l’année 2017

On n’a pas beaucoup vu sa tête d’ange et sa chevelure blonde cette saison, mais dix-sept jours, au mois de juillet, ont suffi à l’ériger en sprinteur de l’année. Parce que l’impression laissée était sensationnelle. Et parce que ses rivaux sont restés bien discrets, aussi.

Patron de la ligne droite

Il n’y a pas un million de choses à attendre d’un sprinteur, et Marcel Kittel n’échappe pas à la règle. Patrick Lefevere, son manager chez Quick-Step, devait lui aussi en attendre deux très précises, et pas grand chose de plus, à l’aube de cette saison : qu’il gagne beaucoup, et où ça compte. Missions réussies. Avec quatorze bouquets sur l’année, l’Allemand est le coureur le plus prolifique du peloton – à égalité avec son coéquipier Fernando Gaviria ainsi que Jakub Mareczko, qui a cependant gagné sur des épreuves de bien moindre envergure. Et avec sa domination sur le Tour, il a écœuré tout le monde, s’imposant comme un monstre impossible à déloger, autant grâce à son équipe qu’à ses propres cuisses. Lors des onze premières étapes, le garçon a gagné cinq fois, et le seul sprint qu’il n’a pas remporté, c’est parce qu’il n’y a pas participé, gêné par une chute dans l’emballage final.

Alors là n’est pas une nouveauté. Sur dix-neuf sprints disputés sur le Tour, il en a remporté quatorze, soit un ratio de succès pas loin de 75%. Mark Cavendish, référence incontestée, culmine à « seulement » 55%. Un monde d’écart qu’on ne peut négliger. Et tant pis si le pedigree de ses victimes fait un peu moins rêver que d’habitude. Il a gagné des étapes sur un Tour de France rapidement dépourvu de Sagan et Cavendish, suivis quelques jours plus tard par Arnaud Démare, le seul capable de titiller un tant soit peu le maître Marcel. Greipel et Kristoff, eux, n’étaient que l’ombre des cadors qu’ils ont pu être. Mais le pragmatisme nous oblige à un constat : Kittel n’y est pour rien si les autres n’assument pas leur statut. Lui, l’homme qui tourne à 3,5 victoires par an sur le Tour – l’édition 2012, où malade, il a abandonné en première semaine, mise à part – a encore tenu son rang.

Kittel 2.0

En revanche, certaines choses, elles, changent. Depuis toujours, chez Argos et encore plus chez Quick-Step, Marcel Kittel bénéficie d’un train redoutable, à chaque fois le meilleur du monde ou pas loin, pour le placer idéalement dans les sprints. Mais cette année sur le Tour, il a montré qu’il était aussi redoutable lorsqu’il ne comptait que sur lui-même. Très surveillé, il a pris le pari, plusieurs fois, de jauger ses adversaires et de lancer son sprint de l’arrière. C’est ce qu’il a très bien fait par choix, à Liège, puis un peu moins à Bergerac, toujours avec le même résultat malgré tout. Dans l’esprit, plus que son nombre de succès, on retient donc la façon dont il a dominé. La façon dont il a dessiné ses victoires, en donnant l’impression que toutes les méthodes étaient bonnes pour lui. Qu’importe donc qu’on n’ait pas beaucoup vu ses grosses cuisses le mener au sommet ailleurs que sur les routes françaises : pour un sprinteur plus que pour n’importe qui, il n’y a rien de plus important que le Tour.

Restera un regret, forcément : ne pas avoir ramené le maillot vert à la maison, l’année où tout semblait écrit pour lui après l’exclusion de Peter Sagan. L’Allemand avait une avance confortable, rêvait d’un sixième succès estival, sur les Champs-Elysées, pour une conclusion en beauté et une performance de haute voltige, seulement réalisée par Mark Cavendish (2009) au cours de ces trente cinq dernières années. Mais une chute a eu raison des scénarios préétablis, Kittel a quitté la route du Tour sur l’étape de Serre-Chevalier et offert sur un plateau son maillot vert à Michael Matthews. Pour enfin décrocher le graal, rendez-vous donc la prochaine fois que Sagan abandonnera. Mais la fin ratée ne fait pas oublier tout ce qui a précédé. Marcel Kittel a assis son statut de maître du sprint.

Et pour vous, quel est le sprinteur de l'année 2017 ?

Voir les résultats

Marcel Kittel
31pts
Fernando Gaviria
20pts
Peter Sagan
5pts
kittel portrait

Marcel
KITTEL

29 ans, Allemand, Quick-Step Floors

14 en 2017
Classement UCI : 42

kittel tdf

Tour de FranceVainqueur de 5 étapes

14Avec 14 succès sur le Tour au total, Marcel Kittel est le 13e coureur le plus prolifique de l'histoire

ANSA / MATTEO BAZZI

Tour de DubaïVainqueur du général et de 3 étapes

1A Dubaï, l'Allemand n'a laissé filé qu'une seule étape, la troisième, qu'il a terminé 11e

kittel tdf2

GP de l'EscautVainqueur

5C'est la cinquième fois en six ans que Kittel remporte la semi-classique belge pour sprinteurs

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2 Commentaires sur "Kittel, sprinteur de l’année 2017"

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calbuth
calbuth

Logique et pas étonnant de voir Gaviria deuxième non plus. La saison prochaine sera intéressante à observer entre ces deux coureurs notamment…

LeCobra
LeCobra

… Une belle domination, incontestable & hégémonique sur le TDF , un physique athlétique et une équipe qui rappelle Cipollini et la Saeco. il ne passe pas un pont, mais si on l’amène jusqu’à l’arrivée, la chance de gagner est très fortement compromise !