Sur le podium de la vitesse par équipes, les sourires sont timides : les Français ne rivalisent pas avec les Anglais - Photo Rio 2016
14 août 2016
Par  Robin Watt 

Quatre ans pour rien

En 2012, à Londres, les pistards français avaient déjà pointé les dysfonctionnements qui les empêchaient d’être au niveau des Britanniques. En vitesse par équipes, les Bleus avaient buté contre le trio de l’Union Jack. Et en individuelle, Baugé s’était heurté à Kenny. Mais quatre ans plus tard, le bilan est bien moins bon encore.

Deux classes d’écart

Grégory Baugé espérait tant s’offrir une revanche contre Jason Kenny, son bourreau de 2012. Ancienne référence mondiale en vitesse individuelle, le Guadeloupéen avait même réussi à redevenir champion du monde en 2015, à Saint-Quentin-en-Yvelines. Le plan était presque parfait, avant que tout ne déraille. Plutôt efficace dans le relais de la vitesse par équipes, jeudi soir, le « Tigre » a très rapidement cessé de rugir dans l’épreuve individuelle. Il a suffi qu’il tombe en quarts de finale contre le Russe Denis Dmitriev, qu’il avait battu en deux manches sèches il y a un peu plus d’un an en finale des Mondiaux, pour sortir par la petite porte. Ce fut au tour du Français de prendre un sévère 2-0, sans jamais donner l’impression d’avoir ne serait-ce qu’une chance de renverser la tendance. Baugé, 31 ans, vivait sans doute ses derniers Jeux Olympiques. Il ne pourra qu’en garder un souvenir amer.

Les Britanniques, eux, n’ont rien laissé au hasard pendant ces quatre années. S’ils avaient bénéficié à Londres du fait d’être à domicile, ils ont voulu prouver qu’ils étaient aussi capables de gagner loin de leurs bases. Kenny a mené la vitesse par équipes jusqu’à la médaille d’or presque facilement, et s’est offert une finale en individuel face à son compatriote Callum Skinner – à disputer ce dimanche soir. En poursuite par équipes, la bande à Bradley Wiggins a décroché l’or avec en prime un record du monde, de la même façon que les filles. La comparaison est frappante. Et l’échec de Baugé, côté tricolore, n’est pas isolé. François Pervis n’a même pas été en mesure de rejoindre les quarts de finale de la vitesse, battu au premier tour puis aux repêchages. Au sein de l’équipe de France, seul Michaël D’Almeida a donc finalement tenu son rang, avec un gros dernier relais lors de la vitesse par équipes qui a offert aux Bleus une médaille de bronze qui ne suffit pas, mais qui sauve l’honneur.

Remise en question obligatoire

Il reste à espérer que Pervis retrouve son niveau sur le keirin, où il sera le grandissime favori, et à miser sur Thomas Boudat pour l’omnium, histoire de ne pas rentrer sans aucune médaille d’or. Mais l’arrivée à Rio ne s’est pas fait de façon optimale et les résultats sont finalement le reflets de tout ce qui ne va pas. Entre les deux olympiades, quatre entraîneurs se sont succédé à la tête de l’équipe de France. Baugé, après son élimination, était d’ailleurs très critique envers la fédération, les moyens qui ont été mis en place pour préparer les athlètes français, et le bilan à tirer de ces Jeux 2016. « Quand on arrivera à avancer tous ensemble, la tendance s’inversera », a-t-il prophétisé. Pour le moment, tout ça n’est qu’illusoire. Les tensions semblent partout, des coureurs aux instances en passant par le staff. Dans ces conditions, la piste tricolore est passée à côté de son olympiade. Bien plus qu’en 2012, alors que déjà, à Londres, les pistards avaient dit : « Plus jamais ça… »

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1 Commentaire sur "Quatre ans pour rien"

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epgone
epgone
Soyons franc on s’y attendait un peu. Finalement les CDM de Londres en début d’année n’était pas qu’une simple étape ratée sur la route des JO mais bien l’image concrète d’un échec a venir. Certes il y a la médaille de bronze sur la vitesse par équipe, conquise grâce a une expérience idéniable. Puis il faut le dire, peu de nations peuvent se permettre de sortir trois pistards talentuex au potentiel homogène. Les mauvaises langues diront que selectionnées Baugé et Pervis en méforme évidente était absurde, qu’on aurait du privilégier la jeunesse, l’avenir en prévision de Paris 2024…c’est evidemment eminemment plus complexe. A vrai dire, mettre de tels monstres sacrés sur la touche est une décision que je ne souhaite a aucun DTN, et puis pour mettre qui? Lafargue, d’almeida, Sireau…? ouais on s’est compris. Il reste qu’a la lecture de votre article il semblerait que la faillite serait non pas tant du aux athletes mais aux membres du staff et a la préparation qu’ils ont dispenser. Vraiment?? Si la vitesse et la poursuite Anglaise sont au top, a l’instar de la route (wiggo, cav, froome,yates’bro, dowsett, thomas…), c’est, incontestablemment du a un entrainemment novateur et des avancées technologiques l’accompagnant… Lire la suite »
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