Quasiment assurée d'être sur le prochain Tour d'Italie, qui s'élancera de Jérusalem, l'Israel Cycling Academy veut quand même justifier sa présence - Photo ICA
23 octobre 2017
Par  Robin Watt 

Israël, justifier une présence assurée

Ran Margaliot ne remportera jamais le Tour de France, comme il en rêvait étant petit. Mais le manager général de l’Israel Cycling Academy pourrait entrer dans l’histoire autrement, en emmenant sa formation sur le prochain Giro qui s’élancera de Jérusalem. En tout cas, lui et ses dirigeants ont tout fait pour.

Un travail de longue haleine

L’annonce avait suscité de vifs débats, il y a de ça quelques semaines. « Démarrer le Giro en Israël, c’est récompenser le pays pour ses violations des droits de l’homme contre le peuple palestinien, y compris les athlètes », déclarait alors Sharaf Qutaifan, militant pour la cause palestinienne. Mais l’officialisation venait aussi nourrir les espoirs les plus fous, dont ceux de Ran Margaliot et toute son équipe, qui dans l’ombre, œuvrent depuis plusieurs années pour que le grand tour transalpin vienne en territoire israélien. Il est difficile de savoir à quel point RCS et l’Israel Cycling Academy ont marché main dans la main, mais une chose est sûre, ils ont fait une partie du chemin ensemble. L’organisateur du Giro va frapper fort, avec un départ symbolique de Jérusalem qui fera forcément entrer cette édition dans l’histoire. Et la formation israélienne devrait logiquement recevoir une invitation pour participer à son premier grand tour.

Depuis le mois d’août, soit plusieurs semaines avant la révélation du parcours par RCS, l’Israel Cycling Academy a ainsi enclenché une vague de recrutements très ambitieux, qui doivent faire passer la structure dans une nouvelle dimension. Avec, en ligne de mire, le prochain Giro bien entendu. Sur son site internet, l’équipe se dit d’ailleurs « confiante » à l’idée d’être invitée sur l’épreuve italienne. En réalité, il n’y a pas trop de suspense. Tout a été officialisé il y a peu, mais l’affaire semble dans le sac depuis un moment. Il y a un an, Sylvan Adams, membre du board, détaillait des ambitions prémonitoires. « Nous espérons disputer des classiques World Tour en 2017 et même un premier grand tour en 2018 », expliquait-il à Velonews. Mais le propriétaire, Ron Baron, ne veut pas d’une invitation imméritée, d’un « geste de reconnaissance ». Il veut que l’Israel Cycling Academy prouve sur la route qu’elle a sa place pour être au départ du Giro. Louable ambition.

Sport ou politique ?

Ben Hermans, Ruben Plaza, Kristian Sbaragli ou encore Sondre Holst Enger, recrues phares de l’intersaison, auront donc du travail, durant les premiers mois de l’année, pour justifier leur présence presque assurée au départ de Jérusalem. Les autres devront se battre pour faire partie de huit chanceux. Ahmet Örken, un Turc musulman qui pourrait ainsi devenir le premier coureur de son pays à disputer un grand tour (le Guardian parle de « coup de maître de la diplomatie douce »), Edwin Avila ou Krists Neilands, eux aussi tout fraîchement arrivés dans l’équipe, partent avec une longueur d’avance. Ce qui (im)pose une question : combien de coureurs israéliens seront bel et bien là, le 4 mai prochain ? On pourrait répondre que peu importe, que là n’est pas l’essentiel. C’est d’ailleurs la ligne de conduite officielle de RCS et de l’Israel Cycling Academy, qui assurent vouloir « faire du sport, et pas de la politique ». Sauf que tout ça, depuis le début, ressemble bien plus à de la politique qu’à du sport.

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