Ces derniers mois, Vichot avait enchaîné les galères, mais le revoilà à un niveau digne de son talent - Photo Mathilde L'Azou
Interview
10 mars 2016
Par Robin Watt  

Vichot : « Bien sûr que j’ai douté… »

Cette semaine, les conditions météorologiques ont eu raison d’Arthur Vichot. Sous la neige qui est tombée sur Paris-Nice, l’ancien champion de France a abandonné. Mais qu’importe : le début de saison est pour lui plein de bonnes nouvelles. Après beaucoup de galères, il est enfin de retour à son niveau, et confie son soulagement à la Chronique du Vélo.

« C’était évident qu’avec un virus, ça ne pouvait pas aller »

« Bien sûr que j’ai douté », lâche-t-il d’entrée. Depuis l’automne 2014, Vichot est allé de problème en problème. Tout a débuté sur le GP de Québec, en 2014. Dans le final, le Doubien chute : quadruple fracture de la clavicule. Sa fin de saison est mise entre parenthèses. Mais surtout, son hiver est compliqué, et il débute l’année dans de mauvaises conditions. Sur Paris-Nice, il court malade et sous antibiotiques. Malgré ça il décroche une douzième place au classement général. Le dernier de ses résultats avant de plus grosses galères encore. Car la suite, c’est un enchaînement de contre performances, des ardennaises traversées comme un fantôme et des abandons en pagaille, sans vraiment comprendre pourquoi. La cause de tout ça est pourtant simple : Vichot est atteint d’un cytomégalovirus. « A partir du moment où on m’a diagnostiqué le problème, je relativisais. C’était évident qu’avec un virus, ça ne pouvait pas aller, se rappelle-t-il. Déjà qu’à 100%, le vélo, ce n’est pas facile… »

Il doit alors faire une croix sur le Tour de France, mais sait que c’est pour la bonne cause. Il a besoin de repos pour se remettre complètement sur pied. « Il fallait juste le temps que ça passe. Mais ça a été long… », assure-t-il. « Ca a été difficile à vivre pour lui, et c’est normal quand on a des pépins de santé ou physiques », note son manager Marc Madiot. Mais la FDJ a su accompagner son coureur et lui témoigner de sa confiance. « L’équipe a continué à croire en moi, c’était important », témoigne Vichot avec le recul. Le Français a donc repris tranquillement en fin de saison, et s’est rendu – encore – sur les classiques canadiennes. Avec cette fois des ambitions revues à la baisse : le seul objectif était de retrouver le rythme. Son hiver, ensuite, a été fondateur. Celui qui a porté une saison le maillot bleu-blanc-rouge s’est infligé de grosses séances d’entraînement, et a assumé. Dès ce moment là, il a su que le virus était derrière lui. « Heureusement, quand vous êtes blessé ou malade, ça ne dure pas éternellement », lâche Madiot. Pour 2016, il savait donc qu’il allait retrouver un coureur avec la pleine possession de ses moyens.

La tête aux classiques, sans crainte

Et ça n’a pas manqué. Dès les premières courses, Vichot s’est montré présent. Septième du Trofeo Laigueglia, il a ensuite remporté une étape et le général du Tour du Haut-Var. Un soulagement pour le principal intéressé. « C’est une délivrance, et vis-à-vis de moi-même une opportunité de prouver que j’étais encore capable de gagner, d’assumer les responsabilités de leader », expliquait-t-il à L’Est Républicain après son succès. Alors forcément, il savoure. « Revenir à un bon niveau, ça réconforte dans l’idée qu’on est fait pour ce sport, qu’on a eu raison de faire tous ces efforts pour revenir au top. » Le Français a expérimenté l’adage qui dit que les efforts finissent toujours par payer, et il peut s’en féliciter. Mais Madiot, lui, n’attendait pas après ce succès de la part de son protégé. Il le savait, tout était une question de temps. Si son coureur pouvait donc avoir besoin de se rassurer, ce n’était pas le cas du manager. « C’est bien pour lui, il est là pour gagner des courses. Mais personnellement, je n’avais pas besoin qu’il me prouve si tôt qu’il est de retour à son meilleur niveau. »

Si Paris-Nice n’a pas vu Vichot trouver le chemin du succès en World Tour, les inquiétudes sont derrière lui. Désormais, il a en tête les classiques, et notamment Milan-Sanremo. Parce que même les courses de 300 kilomètres, aujourd’hui, ne l’effraient pas. « Ca ne me fait pas peur ! Et puis franchement, c’est plus facile que Liège. Ca a beau être 300 bornes, les deux premiers tiers sont plats donc ça va », lance-t-il sourire aux lèvres. Finalement, le revoilà ambitieux comme en 2014, quand maillot tricolore sur le dos, il avait notamment terminé troisième de Paris-Nice, avec une étape en prime. « On n’a de toute façon jamais eu d’inquiétude sur l’aspect sportif, vraiment. C’est juste que le temps paraît parfois long… », témoigne Madiot. À la question de savoir s’il va devenir encore meilleur qu’on ne l’a connu, Vichot préfère s’éclipser. Dans un sourire, et avec un petit mot : « J’espère. »

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