Placé depuis le début du Tour, Dylan Groenewegen pourrait profiter de l'absence de Kittel et Démare pour s'imposer sur les Champs-Elysées - Photo ASO
21 juillet 2017
Embrun

Le rêve parisien de Groenewegen

Un conseil d’ami ? Pariez sur une victoire de Dylan Groenewegen dimanche prochain sur les Champs-Elysées. La cote sera probablement forte, et vous pourriez bien toucher le jackpot. Marcel Kittel, Arnaud Démare, Mark Cavendish et Peter Sagan étant partis, le jeune néerlandais de la Lotto-Jumbo pourrait bien être l’ultime surprise de ce Tour 2017.

Révélation

« L’abandon de nombreux sprinteurs est une chance pour Dylan, évidemment, nous explique Robert Plugge, le manager général de l’équipe Lotto Jumbo. Kittel était le plus fort de tous les sprinteurs, et je pense que nous avons dans notre équipe le deuxième meilleur sprinteur du peloton. Nous avons donc de grandes chances. Nous avons totalement confiance en lui. » C’est le moins qu’on puisse dire, parce que la concurrence risque d’être rude dimanche prochain. Kristoff, Matthews, Degenkolb, Greipel, voire même Bouhanni ou Boasson Hagen seront certainement présents, autant de coureurs qui ont déjà gagné une étape sur un grand tour. A 24 ans, Groenewegen ne l’a lui pas encore fait, mais le talent n’attend pas. « C’est possible, on croit qu’il en est capable, nous répète inlassablement son coéquipier, Timo Roosen. Il reste encore Greipel et quelques autres bons sprinteurs, mais pour nous, les Champs-Elysées restent le grand objectif de la fin de ce Tour. »

On ne cache pas ses ambitions devant le bus Lotto-Jumbo. L’équipe a réussi son Tour, avec la victoire mercredi de Primoz Roglic. Dylan Groenewegen a lui aussi réalisé une bonne Grande Boucle, avec cinq top dix dans la musette. Le must, c’est cette deuxième place à Pau, derrière l’intouchable Marcel Kittel. Mais l’Allemand n’est plus là et laisse beaucoup d’espoir. « Le dernier jour sur les Champs-Elysées, j’essaierai, et l’équipe et moi nous y serons uniquement pour ça. » Son manque d’expérience peut-il le desservir ? L’an dernier, le Néerlandais n’avait pas pris part au sprint sur la plus belle avenue du monde. Il ne s’est frotté qu’une seule fois au Tour de France, et jamais à la Vuelta ou au Giro. Parmi ses dix-huit victoires chez les pros, il n’y en a aucune au niveau World Tour. Bref, la marche à franchir est encore haute. Gronewegen en a conscience. « Le Tour, c’est la plus grosse course qui soit, mais aussi la plus belle. Bon, pas mercredi et jeudi (étapes alpestres), c’est vrai », rit-il.

Le garçon est un vrai passionné de cyclisme, et donc du Tour de France. Il a conscience de sa chance de pouvoir y participer, et profite de chaque instant. « C’est tellement beau de voir les gens au bord de la route pour nous soutenir. Plus petit, je rêvais de courir le Tour et d’y gagner des étapes. Maintenant, j’y suis, et je fais tout pour glaner un bouquet. C’est magnifique. Remporter cette étape, ce serait une récompense dans ma carrière. » Petit à petit, Groenewegen avance. « Je suis devenu plus fort depuis le Tour de France de l’année dernière », assurait-il après sa victoire sur le Ster ZLM Toer en juin dernier. Le Néerlandais a confiance dans ses capacités.

Gamin d’Amsterdam

« Il est d’Amsterdam, donc il est, comment dire… » Son coéquipier Timo Roosen cherche les mots pour le décrire. Les gosses amstellodamois traînent une réputation de forte gouaille, le regretté Johan Cruyff, ancienne légende du football, en étant un symbole. « C’est typiquement un gamin d’Amsterdam, reprend alors Roosen. Pour lui, chaque chose est importante, il utilise beaucoup de bluff. » Comme si Groenewegen était fait pour lutter dans la cour des sprinteurs.

Le Néerlandais est bien encadré dans l’équipe Lotto-Jumbo. Il est même le benjamin de l’équipe, à peine six mois plus jeune que Timo Roosen. « C’est un gars tellement fun, il est très jeune et surtout très fort. » Groenewegen est apprécié dans une équipe qui court désormais pour lui. « Nous espérons qu’il puisse gagner dans les prochains jours, continue Roosen. C’est notre but et on croit en lui. Il termine second derrière Kittel à Pau, qui a été malchanceux mercredi, donc maintenant… Pour nous, c’est peut-être l’un des derniers prétendants. C’est possible, on y croit. » L’opportunité est à saisir. Kristoff, Greipel et Degenkolb ne semblent pas en grande forme. La voie royale se dégage, et laisse un grand espoir dans l’équipe néerlandaise, qui a le sourire aux lèvres quand on parle de son sprinteur.

Au-delà de cette hypothétique première victoire d’étape, Groenewegen s’inscrit dans un projet d’avenir avec son équipe. « Nous avons fait un plan de carrière avec Dylan, on a une vision sur le long terme, explique Robert Plugge. Nous voulons faire de lui un grand sprinteur capable de remporter de nombreuses victoires d’étape. Nous construisons ensemble un train autour de lui, pour l’amener au plus haut niveau. C’est ce que toute l’équipe espère pour lui. » L’avenir du sprint mondial serait donc néerlandais ? « Il fait des sprints super puissants, explique Timo Roosen, mais le principal, c’est qu’il est vraiment cool. » Si les victoires ne sont pas encore là, le sourire oui.

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1 Commentaire sur "Le rêve parisien de Groenewegen"

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Roudoudou
Roudoudou

chapeau pour la prédiction

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