Avec ses deux patrons Kittel et Degenkolb notamment, Giant se fait une place parmi les grosses équipes - Photo Brassynn
31 octobre 2014
Par  Robin Watt 

Giant, sur la route des géants

Il n’y a pas si longtemps, Giant-Shimano s’appelait Skil-Shimano, et personne n’aurait pu prédire que la structure néerlandaise allait devenir aussi importante dans le peloton. Au terme de cette saison 2014, Giant est la deuxième équipe la plus prolifique – 41 succès -, et fait office d’épouvantail du sprint mondial.

Quatre raisons d’être satisfaits

Deux véritables patrons. Marcel Kittel et John Degenkolb, ou la preuve que deux sprinteurs d’exception peuvent cohabiter au sein d’une même équipe. Chacun leur tour, ils ont dominé les grands tours avec une efficacité qu’on ne prête à personne d’autre. Deux succès sur le Giro – avant d’abandonner – et quatre sur le Tour pour Marcel, quatre sur la Vuelta pour John. Le bilan, cette année encore, est glorieux. Les deux hommes culminent respectivement à treize et dix bouquets au cours de l’année, et ont une nouvelle fois porté haut les couleurs de Giant. Pour Degenkolb, il y a eu un peu de déchet, comme ces deuxièmes places en juillet, à Oyonnax ou Bergerac, quand il était dispensé d’aider son leader. En tout, cela fait 19 podiums sur l’année, en excluant la première marche. Mais pour Kittel, l’efficacité est extraordinaire : jamais deuxième et une seule fois troisième. Autrement dit, quand il dispute le sprint, celui qui est désormais un habitué du maillot jaune ne se rate quasiment jamais.

La diversité des sprinteurs. Pour arriver à 41 succès sur l’année et talonner – de loin, quand même – OPQS, il a fallu compter sur d’autres coureurs que le duo Kittel-Degenkolb. Cela n’a rien d’une surprise compte tenu de l’équipe, mais ce sont quasiment tous des sprinteurs qui sont venus gonfler ce total de bouquets. Mezgec (6), Ahlstrand (2), Sinkeldam(1) ou Arndt (1, mais sur le Dauphiné !) viennent ainsi s’ajouter à des coureurs moins spécialisés comme Dumoulin (4), Ludvigsson (2), Geschke (1) ou Hupond (1). Ne pas être trop dépendante de son duo phare, c’est toute la difficulté pour Giant, qui s’en sort malgré tout correctement. Parce que si l’un des deux venait à partir ou à se blesser, Luka Mezgec par exemple pourrait très bien, avec toute l’équipe autour de lui, aller décrocher peu ou prou autant de bouquets.

La progression de Warren Barguil. Ses deux victoires d’étapes sur la Vuelta 2013 avaient suscité beaucoup d’intérêt autour du Breton, qui était attendu au tournant cette saison. Privé de Tour de France, il s’est rabattu sur la Vuelta, avec l’ambition d’y jouer le général. Face à une concurrence finalement digne du Tour de France, il s’est alors montré largement à son avantage. Huitième du classement général, logiquement derrière les cadors des épreuves de trois semaines, il a plus que confirmé les attentes. Il ne lui aura manqué qu’une victoire pour réussir la saison idéale, mais ce n’est que partie remise. A 23 ans, Barguil fait son trou, et Giant va devoir le considérer comme un peu plus qu’un grimpeur capable de coups d’éclats.

L’éclosion de Tom Dumoulin. Le Néerlandais de bientôt 24 ans – il les aura le 11 novembre prochain – n’était encore considéré que comme un espoir au début de saison. A son terme, il est véritablement l’un des coureurs importants de Giant. Depuis le mois de mai, il n’a fait que cartonner. Cinquième du Tour de Suisse, deuxième du chrono de la Grande Boucle en juillet, puis troisième de l’Eneco Tour, deuxième du Tour d’Alberta, il a chaque fois profité des étapes contre-la-montre pour décrocher de bons classements généraux, sans oublier une certaine malchance au moment de concrétiser. Mais il s’est aussi montré très efficace sur les classiques canadiennes, deuxième à Montréal et sixième à Québec, avant de terminer troisième des Mondiaux contre-la-montre. Une grosse saison qui laisse beaucoup d’espoirs pour 2015.

Une raison d’être déçus

Le peu de grimpeurs dans l’équipe. Sur la Vuelta, Warren Barguil aurait peut-être pu viser un tout petit peu mieux que cette huitième place finale. Mais pour cela, il aurait fallu qu’il puisse compter sur quelques équipiers supplémentaires en montagne, et surtout, qu’il n’ait pas à travailler pour Degenkolb dans la plaine. Car le Français y a sans aucun doute laissé de l’énergie, beaucoup trop pour aller chercher Dan Martin ou Samuel Sanchez, devant lui au général. Malheureusement, le recrutement en vue de 2015 ne fait pour le moment pas étalage de bons grimpeurs. La stratégie de Giant, plus que jamais, est basée sur les sprints, et il n’est pas question de changer. Si un homme de grands tours se révèle au milieu de tout ça, c’est vraisemblablement à lui de s’adapter…

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5 Commentaires sur "Giant, sur la route des géants"

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SubocReteigtop
SubocReteigtop

Barguil un coureur de GT ? Mouais. Il faudrait qu’il fasse encore énormément de progrès en contre-la-montre car depuis 1990 (et peut-être même avant, j’ai pas regardé plus loin), seuls Sastre (2008) et Schleck (2010, après déclassement de Contador) l’ont emporté sans savoir rouler seul.

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