Si Giacomo Nizzolo a décroché le maillot rouge à Milan, il espérait tout autre chose au départ - Photo Giro d'Italia
1 juin 2015
Par  Robin Watt 

Nizzolo presque à contre-coeur

A Milan, c’est Giacomo Nizzolo qui a endossé le maillot rouge, pour la dernière fois des trois semaines de course. A force de régularité dans les sprints, l’Italien a remporté le classement par points sans gagner une seule étape, son véritable objectif au départ du Giro. D’ailleurs, il aurait bien échangé son paletot contre un bouquet…

Presque une malédiction

Dans le top cinq du classement par points, on trouve Gilbert, Modolo, Viviani et Boem. Leur point commun est d’avoir remporté au moins une étape sur ce Tour d’Italie 2015. Pourtant, aucun n’a vraiment été une menace pour Giacomo Nizzolo en dernière semaine, le sprinteur de l’équipe Trek ayant engrangé une ribambelle de points grâce à ses places d’honneur. Deux fois deuxième – à chaque fois derrière Sacha Modolo -, le Milanais va d’ailleurs finir par croire qu’il est touché par une malédiction. Au terme de son quatrième Giro, il n’a toujours pas levé les bras, mais a terminé six fois deuxième d’une étape. Frustrant. Et si l’année dernière, il s’était heurté à trois reprises à un Nacer Bouhanni clairement au-dessus du lot, le plateau de ce mois de mai paraissait clairement moins corsé, laissant ses chances à celui qui avait toute une équipe à son service.

Après chacune de ses places d’honneur – trois fois cinquième et une fois sixième en plus de ses deux deuxièmes places -, Nizzolo a cherché à se justifier. Tantôt « enfermé », tantôt « souffrant à cause d’allergies », l’Italien semble éviter de se remettre en question. Persuadé que le problème pour conclure ne vient pas de lui, il préfère même rejeter la faute sur son équipe ou sur le hasard des derniers hectomètres. « On avait fait rouler tous nos gars plus tôt dans la journée et il n’y avait plus que Felline devant dans le dernier kilomètre. C’était d’ailleurs un peu une loterie. C’est vraiment dommage, j’avais de bonnes jambes », expliquait-il au soir de la dix-septième étape, à Lugano. Mais pour celui qui compte « seulement » dix succès chez les professionnels, dont un seul en World Tour, il faudrait peut-être mieux se concentrer un peu plus sur lui-même.

Le maillot rouge contre une étape

Au début du Giro, on annonçait cinq sprinteurs importants au départ : Greipel, Matthews, Viviani, Modolo et Nizzolo. Ce dernier est le seul à ne pas avoir levé les bras au cours des trois semaines, et cela témoigne peut-être d’un petit blocage au moment de conclure. Régulier mais pas assez efficace dans les derniers hectomètres, celui qui est passé pro en 2011 a donc endossé le maillot rouge durant la dernière semaine, pour la première fois au soir de sa deuxième place à Lugano. Toutefois, lorsque face à sa frustration, un journaliste lui a demandé s’il laisserait le paletot à Viviani en échange d’une victoire d’étape, Nizzolo a répondu par l’affirmative sans tergiverser. « Mon objectif n’est pas de ramener le maillot à Milan, mais de gagner une étape », justifiait alors le transalpin. Il ne lui restait alors que l’ultime étape pour espérer décrocher ce bouquet, et il a échoué. Un regret, forcément.

« Je vais me consoler en regardant ce maillot dans les prochains jours. Il a beaucoup de valeur. Mais ça aurait été mieux avec la cerise sur le gâteau, à savoir une victoire d’étape », confiait Nizzolo ce dimanche. Ses sentiments sont compréhensibles, mais la tactique qu’il a adopté pendant la course rose beaucoup moins. Si gagner une étape était la seule chose qui le préoccupait, pourquoi donc a-t-il disputé autant de sprints intermédiaires ? Conscient qu’il y lâchait de l’énergie en vu des sprints de fin de journée, il n’a presque jamais passé une étape à se cacher dans le peloton, comme ses rivaux. Forcément, dans l’emballage final, ça peut faire la différence. A courir deux lièvres à la fois, Nizzolo est donc passé à côté de son principal objectif. Heureusement pour lui, il est parvenu à décrocher un maillot rouge qu’il n’attendait pas. De quoi éclaircir un mois de mai qui aurait pu être encore moins prolifique.

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1 Commentaire sur "Nizzolo presque à contre-coeur"

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chris
chris

Le Giro 2015, c’était fromage OU dessert: les vainqueurs des 3 classement Contador, Visconti et Nizzolo n’ont gagné aucune étape. Ce n’est pas choquant en soi, même si ça manque un peu de panache.C’est presque logique pour le classement du grimpeur puisque celui qui essaie de passer le maximum de cols en tête sacrifie la victoire d’étape. Autant on est obligé de donner des points à tous les cols, où l’on peut quand même privilégier la dernière montée en doublant les points comme au Tour, autant les points des sprints intermédiaires où on laisse là aussi beaucoup d’énergie, ne me paraissent pas indispensables d’autant plus qu’au Giro il y a un autre classement pour les étapes volantes.

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