En remportant Paris-Tours dès sa première saison chez les pros, Fernando Gaviria a montré qu'il était capable de briller sur les courses d'un jour - Photo ASO / B. Bade
1 février 2017
Par Robin Watt  

Gaviria pour assurer la relève

Deux mois et huit jours. C’est le temps qu’il reste avant que Tom Boonen prenne sa retraite, au soir de Paris-Roubaix. Dès lors, l’équipe Quick-Step va perdre son coureurs le plus emblématique. Celui qui l’a porté au sommet depuis plus presque quinze ans. Et un homme est attendu pour prendre la relève : Fernando Gaviria.

Amoureux des classiques

Jusqu’à maintenant, le jeune colombien n’a jamais eu de mal à assumer. Même son arrivée chez les pros, dans une grosse écurie et avec des attentes importantes autour de lui, n’a pas suffi à lui faire peur. Malgré ses 22 printemps seulement, Fernando Gaviria s’affirme course après course comme une valeur sûre. Un garçon autour de qui on peut bâtir une équipe toute entière. Patrick Lefevere, le manager de l’équipe Quick-Step, l’a vite compris. Alors pas question de brider sa pépite, il préfère l’envoyer au front pour voir ce qu’elle vaut. Sur Gand-Wevelgem l’an passé, il en a fait son leader. Sixième à l’arrivée, le Colombien n’était pas parvenu à suivre Sagan, Cancellara et Vanmarcke. Une déception autant qu’une promesse. La preuve qu’en plus de sprinter comme personne à son âge, il sait aussi passer les pavés et apprivoiser les classiques.

Ca tombe bien, Paris-Roubaix est la course qui le fait rêver. Comme un certain Tom Boonen à son âge. Mais comme le Belge au début des années 2000, le Colombien apparaît plus à l’aise dans les sprints que nulle part ailleurs. En 2016, c’est dans les arrivées massives qu’il a décroché la majorité de ses bouquets. Sept au total, pour sa première saison chez les professionnels. Là encore, cette précocité dans les sprints, malgré un amour pour les pavés, le rapproche de la légende Boonen. Une légende qu’il aime côtoyer au quotidien, mais qu’il espère surtout accompagner sur les grandes épreuves. « Ce serait un rêve de courir aux côtés de Tom la dernière course de sa carrière (Paris-Roubaix, ndlr), a confié Gaviria la semaine dernière dans un communiqué. Mais je sais qu’il ne sera pas simple de trouver une place dans l’équipe ce jour-là. » Qu’il ne s’inquiète pas trop. C’est lui, le nouvel homme fort de Quick-Step sur les classiques flandriennes. Et Patrick Lefevere a tout à gagner à lui offrir du temps de course avec Boonen.

Prendre le pouvoir

Il faut bien préparer l’avenir, or il n’y a pas mieux que Gaviria pour prendre la succession du Belge. Il ne lui sera pas demandé de gagner quatre Paris-Roubaix et trois Tours des Flandres ; mais de se muer en leader incontesté. D’être le sprinteur-flandrien n°1 de la maison flamande. Avec, forcément, cette passion pour les classiques qu’il va pouvoir assouvir. « Il a un énorme potentiel. Je ne pense pas qu’il va progresser dans les sprints, il est déjà l’un des meilleurs. Mais je suis sûr qu’il peut devenir l’un des plus grands spécialistes sur les classiques », assurait Tom Boonen en personne il y a quelques jours. Le Colombien le sait, pour s’approcher du niveau de son aîné, il doit emmagasiner de l’expérience. Alors il observe le maître. « Je ne parle pas énormément à Tom à cause de la langue, regrettait-il pour Cyclingnews. Mais en course, j’apprends beaucoup de lui, sur les déplacements, la position à garder sur le vélo. »

Il n’a pourtant eu besoin que d’une tentative pour déjà se retrouver en position de gagner dans le final de Milan-Sanremo, au printemps dernier. Preuve que Gaviria n’a pas besoin du même temps d’apprentissage que les autres. Le garçon sait ce qu’il veut : briller sur les classiques. Il sait ce qu’il vaut, aussi. Alors face aux médias, il la joue modeste. Tout en sachant que dès cette année, il a le potentiel pour aller titiller les patrons sur certaines courses d’un jour. En revanche, qu’on ne le compare pas à Peter Sagan, Mark Cavendish ou Tom Boonen, justement. Le Colombien veut imposer sa propre personnalité et n’être le successeur de personne. « Mais j’espère qu’un jour, je pourrai dire que j’ai laissé une empreinte comme la leur », concède-t-il du bout des lèvres. La route est longue. A Gaviria de prouver que rien ne pourra l’arrêter.

Poster un Commentaire

3 Commentaires sur "Gaviria pour assurer la relève"

Me prévenir
avatar
Gestas
Gestas

J’adore gaviria je le suis depuis longtemps. Sans sa chute il gagner milan san remo en 2016 pour moi. Cette saison hâte de le voir sur les courses d’un jour et giro notamment.

pat
pat

Très sympa cette article c’est bien de nous parler des jeunes coureurs comme vous le faites régulièrement .
J’ai trouvé osé de propulser Gaviria comme leader unique sur MSR alors qu’il n’avait aucune expérience sur les grandes classiques aussi longues . Mais finalement c’était bien vu il avait la distance dans les jambes et sans chute il aurait peut-être bien gagné son premier monument . C’est une vraie pépite avec un potentiel énorme . De plus il a une forte personnalité et du caractère . Des coureurs comme Gaviria ou Sagan sont du pain béni pour le cyclisme d’autant que les anciens patrons du peloton Cancellara et Boonen s’en vont . Qui aurait pu penser il y a quelques années qu’un coureur colombien allait apprécier et dompter les courses pavées ? C’est ça la mondialisation du cyclisme !

Amaury
Amaury

Perso, je vois un autre leader potentiel, à côté de Gaviria, et c’est Yves Lampaert.
Son ancien directeur sportif, Walter Planckaert, le désignait comme le plus grand talent de la génération dorée de Topsport de la saison 2014 (Theuns, Wallays).
En 2015, ill avait brillé d’emblée sur son premier Paris-Roubaix où il est dans le groupe qui sprinte pour la gagne. Et si on ne l’a pas vu l’année dernière, c’est parce qu’il était blessé au moment des flandriennes.
Toutes proportions gardées, il se rapproche d’un profil à la Cancellara, en fait. Très bon en CLM (7è des championnats du monde l’année dernière) et donc très puissant. Avec aussi une bonne pointe de vitesse (4è aujourd’hui dans un sprint massif à Valence).

wpDiscuz