Maillot rouge sur le dos, Chris Froome impose chaque jour sa patte sur une course qui lui échappe jusque-là - Photo Team Sky
27 août 2017
Par  Robin Watt 

Froome l’implacable

La route vers Madrid est encore longue, mais elle se dégage jour après jour pour Chris Froome. Depuis qu’il a enfilé le maillot rouge, aucun de ses rivaux n’a été capable de lui reprendre du temps, ne serait-ce qu’une fois. Au contraire, lui creuse presque à chaque fois qu’il en a l’opportunité.

Nouveau Froome

Sur le contre-la-montre par équipes d’ouverture, Chris Froome avait perdu une poignée de secondes sur les Quick-Step de De la Cruz et les BMC de Roche ou Van Garderen. Idem le lendemain, où Nibali et Chaves, plus malins dans le final, avaient grappillé un peu de temps, et le surlendemain, où battu au sprint par Nibali et De la Cruz, le Britannique avait vu filer quelques secondes de bonifications. Mais depuis ce sprint royal entre favoris à Andorre-la-Vieille, au terme duquel le leader de la Sky avait pris la tête du classement général, plus personne n’a repris de temps à Chris Froome. Il y a là-dedans une dose de symbole, mais pas que. La machine britannique, une fois lancée, est un véritable métronome quasiment impossible à dérégler. Alberto Contador a bien essayé, plusieurs fois cette semaine : mais à chaque fois, s’il a terminé avec le maillot rouge, il n’a pas réussi à le faire craquer.

Et ce dimanche vers Cumbre del Sol, on a eu droit à un nouvel épisode : celui où Froomey lève les bras. Sur la ligne, en réalité, il n’en a levé qu’un, mais peu importe. C’était la première fois de la saison qu’il gagnait, le Tour de France – où il n’a glané aucune étape – mis à part. Forcément une émotion particulière, dans une fin d’été qui aura vu le patron beaucoup remis en cause. En juillet, il était question d’un leader qui ne s’imposait pas, moins fort que par le passé, friable peut-être pour la première fois depuis le début de son règne sur le Tour, en 2013. Mais ces considérations semblent aujourd’hui bien lointaines. Chris Froome est sur la voie d’un doublé retentissant, plus réalisé depuis Bernard Hinault en 1978. Et face à ce défi, il prend les choses en main plus que jamais on ne l’a vu le faire : il attaque presque tous les jours.

Intouchable pour le moment

Les autres essaient donc de s’accrocher. Un jour Alberto Contador y parvient, le suivant c’est Esteban Chaves. Le Colombien, relégué à moins de quarante secondes au général, pourrait même y croire davantage si un chrono de quarante bornes ne se profilait pas en dernière semaine. Sauf que Froome a le chic pour ruiner les espoirs de tout le monde. Quand les autres faiblissent de temps à autres, lui impose sa loi, implacable, qui ne laisse aucune place aux jours sans. Après avoir pris le maillot rouge au terme de la troisième étape, la question de la raison se posait. Devait-il tenter de le garder jusqu’à Madrid ? Aujourd’hui, il n’est plus question de le lâcher, Froome semble plus que jamais capable de relever ce double défi. Assumer le poids de la course quasiment de bout en bout et réaliser ce doublé qui le fuit depuis plusieurs années.

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2 Commentaires sur "Froome l’implacable"

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paroz
paroz

Attendons tout de monde la vraie montagne mais pour le moment, c’est du solide!

chris83
chris83

Je pensais sur le Tour que Froome avait baissé d’un cran. Il semble plutôt qu’il n’était qu’a 80 %, ce qui lui a d’ailleurs suffit, dans la perspective de la Vuelta.

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