27 février 2013
Par  Robin Watt 

Florian Rousseau, un départ qui fait mal

A Londres l'été dernier, les Anglais emmenés par Jason Kenny avait surclassés les tricolores de Grégory Baugé

 

Il a osé ! Triple champion olympique et mondialement sacré  à dix fois reprises avant de devenir entraineur national de l’équipe de France sur piste, Rousseau est bien une légende de la discipline. Une légende qui a souhaité tirer la sonnette d’alarme, en espérant que son statut et son aura aient suffisamment d’importance pour faire bouger les choses dans un milieu qui le demande depuis des années déjà.

Les Jeux Olympiques comme révélateur

Les raisons de critiquer la Fédération Française de Cyclisme concernant les investissements pour la piste, aussi bien moraux que financiers, sont très nombreux. Florian Rousseau a relevé « le temps de latence en matière d’organisation », mais aussi le manque de communication entre les dirigeants des instances et les entraineurs, voire les coureurs : « On n’est pas consulté, on ne demande pas notre avis, on ne sent pas la volonté d’impliquer les techniciens» Pourtant, le manager français l’assure, il cherchait véritablement à faire avancer les choses : « J’ai fait part en 2011 de ce que je pensais, de la réorganisation possible, j’en ai parlé encore aux JO. Sans évoquer les moyens, il s’agissait de rationaliser les choses, de faire des choix par rapport aux compétitions, à notre organisation, aux vélodromes. »

Ce départ de Florian Rousseau fait suite à des résultats décevants à Londres, où l’on a vu des Britanniques largement en avance sur les Français. Grégory Baugé avait été l’un des premiers pistards à s’exprimer, en affirmant que la piste tricolore n’était pas considérée à sa juste valeur. Mais depuis, absolument rien n’a changé. Baugé, Sireau, D’Almeida, Pervis, Bourgain et les autres de retour l’entrainement, la FFC pensait avoir réussi son coup. Ne pas agir et attendre que les critiques passent… Sauf que les premières questions que s’était posé Rousseau sur son avenir, juste avant les Olympiades, ne se sont pas dissipées. « Pendant tout l’hiver, je me suis interrogé sur ce que je peux apporter en tant qu’entraîneur national. (…) J’ai l’impression d’avoir atteint ma limite par rapport à notre organisation, au fonctionnement que propose la Fédération française» Un alibi qui sonne faux, tant les capacités de l’Orléanais en tant que coach sont exceptionnelles… Mais une nouvelle fois, c’est l’instance elle-même qui est remise en cause.

La FFC réagira-t-elle enfin ?

Sur les réseaux sociaux, et en particulier sur Twitter, les réactions ont été nombreuses. Sur le ton d’un humour de façade, Grégory Baugé a demandé « Comment faire pour changer de nationalité ? » Une façon pour le triple champion du monde de la vitesse individuelle de dédramatiser le départ de celui qui a fait de lui l’un des tous meilleurs mondiaux. Mais les réactions d’autres pistards sont bien plus directes. Michael D’Almeida a notamment commenté la photo du podium français victorieux : « Malheureusement, ce genre de maillots et les sourires qui vont avec ont servi de cache misère pendant l’Olympiade. » Enfin, François Pervis, récent champion du monde sur le kilomètre, n’a pas hésité à rejeter la faute sur les instances : « On se prend une tempête aux Jeux mais ils sont contents ! Rien n’a bougé depuis ! C’est normal ! Rien n’est fait pour la performance. »

Des réactions parmi d’autres qui mettent on ne peut plus la pression sur la FFC. David Lappartient, récemment réélu à la tête de la fédération tricolore, a d’ailleurs réagit. En faisant profil bas, bien sur… « Je peux comprendre leurs difficultés face notamment au manque de moyens, ils ont peut être le sentiment que nous n’avons pas été suffisamment en capacité d’en trouver » Il a même été plus loin en proposant ouvertement un poste de DTN à Florian Rousseau : « Il sait comment gagner. Il a sans doute toutes les qualités pour occuper la fonction de Directeur technique national. » Une proposition qui pourrait convenir au principal intéressé, qui se verrait ainsi confier beaucoup plus de responsabilités. Pour essayer, enfin de faire changer la piste française… Mais Rousseau est aussi libre d’aller entrainer ailleurs, et de se retrouver prochainement contre la France, qui n’aura pas su conserver son meilleur élément.

Robin Watt


 

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