L'équipe Europcar a réalisé une bonne saison malgré l'échec de juillet - Photo Presse Sports
8 octobre 2013
Par  Robin Watt 

Europcar en World Tour, la fausse bonne idée

Dans l’engouement de cette fin de saison, l’attention des observateurs s’est focalisée sur la route et les différentes batailles qui ont pimenté les dix derniers jours. Mais au milieu de tout ça, l’équipe Europcar a déposé sa candidature pour intégrer le World Tour l’an prochain. Une initiative qui paraît clairement être une mauvaise idée.

Un effectif bien trop réduit

Les exigences de la première division sont fortes et ne doivent pas être prises à la légère. Alors même si Euskaltel et Vacansoleil quittent l’élite à la fin de la saison, Europcar ne fait pas forcément le bon choix en voulant les remplacer. Le calendrier World Tour est encore très chargé – une réforme verra néanmoins le jour pour 2015 – et il nécessite un effectif conséquent. Car si la troupe de Jean-René Bernaudeau intègre véritablement l’ancien Pro Tour, qu’elle avait quitté fin 2009, il faudra recruter. Actuellement, Europcar ne compte que 22 coureurs sous contrat pour la saison prochaine, or il en faut 25 pour faire partie de la première division. Trois coureurs à recruter, cela n’a rien d’un obstacle infranchissable pour les hommes verts, mais quels coureurs rejoindront Europcar une fois la décision tombée, à seulement quelques semaines de la reprise ? D’autant que Bernaudeau l’a annoncé, si son équipe accède au World Tour, il fera le nécessaire en faisant signer trois recrues. Mais il n’ira pas au-delà, car il ne souhaite pas « faire de folies ».

Après avoir vécu une première partie de mercato compliquée, où la formation vendéenne a vu partir Sébastien Turgot et Damien Gaudin, ses deux hommes forts sur les classiques flandriennes, l’effectif, en qualité, s’en trouve fortement réduit. De quoi être inquiets quant au déroulement d’une saison dans l’élite. Car il ne serait plus question de choisir ses épreuves, et de postuler uniquement aux classiques printanières et automnales en plus des épreuves françaises que sont Paris-Nice, le Dauphiné et le Tour. En World Tour, il faut participer à toutes les épreuves du calendrier mondial, du Tour Down Under en janvier à celui de Pékin en octobre, des courses qui n’offrent que très peu d’intérêt pour la bande à Voeckler. Mais si la structure accède à l’élite du cyclisme, elle se verra forcée de dépenser de grosses sommes pour aller courir aux quatre coins du monde sans réelles ambitions. Tout ça pour un objectif annoncé, selon Bernaudeau, « d’accéder à toutes les grandes courses, et notamment la Vuelta. »

Pourquoi changer un système qui fonctionne ?

Alors oui, actuellement, Europcar ne dispute pas le Tour d’Espagne malgré un effectif qui pourrait le permettre. Mais si les Vendéens intègrent le World Tour, ils devront aussi se rendre au départ du Tour d’Italie. Et avec quels coureurs ? Se présenter sur des épreuves aussi réputées avec des effectifs indignes pourrait avoir l’effet inverse de celui escompter, et écorner l’image de la structure. Mais surtout, il est assez difficilement compréhensible que la direction d’Europcar souhaite tout chambouler alors que depuis maintenant trois saisons, tout se passe pour le mieux. Autour de ses deux leaders, Voeckler et Rolland, mais aussi de ses jeunes, emmenés par Bryan Coquard, l’équipe de Jean-René Bernaudeau est parvenue à décrocher chaque année des résultats probants, voire surprenants pour une formation à l’effectif déjà réduit. Avec le Tour de France comme principal terrain d’expression, les petits hommes verts n’ont presque jamais déçus depuis le partenariat avec la société de location de voitures.

L’accession en World Tour présente donc des risques certains, surtout avec un effectif moins étoffé que la saison passée. Et le sponsoring, si difficile à renouveler malgré des résultats plus que satisfaisants, pourrait être mis en péril par un échec en première division. Surtout que dans un peu plus d’un an sera mis en place par l’UCI un nouveau système. En plus d’une première division à 18 équipes, une deuxième, qui ne comptera que 8 formations, servira d’intermédiaire avec les actuelles divisions Continental Pro et Continental. Et à première vue, c’est bien ici que se trouve la place d’Europcar. Entre l’élite, trop ambitieuse pour elle sur l’ensemble de la saison, et les divisions inférieures, dont la formation vendéenne se détache très clairement. Alors, autant attendre un an et voir un système tout à leur avantage se mettre en place, non ? Malheureusement, la candidature a été déposée, et avec les arrêts conjugués d’Euskaltel et Vacansoleil, l’UCI doit distribuer une dernière place dans l’élite. Sans une autre candidature, il est presque certain qu’Europcar décroche le sésame, peut-être empoisonné…

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1 Commentaire sur "Europcar en World Tour, la fausse bonne idée"

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elpistoler
elpistoler

Europcar n’a pas l’effectif pour évoluer du mois de Janvier à Novembre sur toutes les courses du continent, de plus elle vient de perdre Gaudin et Turgot et ne pourra rien faire sur les Flandriennes. A vouloir faire trop de courses, elle risque de ne pas être performante sur les plus importantes (tour de France, ardennaise Paris Nice)

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