Voilà Chris Froome en passe d'être sacré une quatrième fois sur le Tour, en attendant l'an prochain, et sa possible entrée dans le club des cinq - Photo ASO
22 juillet 2017
Marseille

Et maintenant, le cinquième

Chris Froome n’a pas vraiment douté aujourd’hui, au moment de conforter son maillot jaune dans les rues de Marseille. Demain, le Britannique sera le seul coureur de l’histoire du Tour de France avec quatre victoires au palmarès. L’histoire de la Grande Boucle veut désormais que le Kenyan Blanc s’offre un cinquième titre.

Le club des cinq

Ce Tour de France 2017 n’a pas été de tout repos pour Chris Froome. Mais finalement, personne n’a réellement réussi à faire trembler le champion britannique. Peyragudes n’a pas été le grain de sable qui devait gripper la machine. Ni Romain Bardet, trop faible sur le contre-la-montre, ni Rigoberto Uran, trop attentiste en haute montagne, n’ont pu s’opposer à Chris Froome. Les autres non plus. Ses détracteurs diront qu’il n’a pas gagné d’étape. Peu importe, ce n’est pas ce qui compte. Le plus important, c’était de doubler Philippe Thys, Louison Bobet et Greg Lemond. Passer à quatre victoires, avant de, peut-être, rejoindre le club des cinq.

Car l’enjeu est bel et bien là. L’histoire ne veut pas d’un quadruple vainqueur. Thys a été rattrapé par l’âge après la grande guerre, Bobet n’a jamais réussi à remporter un quatrième Tour, bloqué par l’émergence de l’incroyable Jacques Anquetil, et Greg Lemond a totalement subi l’avènement de l’ère Miguel Indurain en 1991. Le grand public retient mieux le nom des quintuples vainqueurs du Tour. Jacques Anquetil et Eddy Merckx avaient su résister aux attaques de Raymond Poulidor pour remporter leur cinquième maillot jaune, en 1964 pour le Normand et en 1974 pour le Belge. Onze ans plus tard, la Vie Claire de Bernard Tapie avait fait de la cinquième victoire à Paris de Bernard Hinault un objectif absolu, dépassant même la logique sportive. Enfin, Miguel Indurain, maître des horloges pendant cinq ans, n’a explosé qu’en 1996.

Entrer dans l’histoire

Logiquement, Chris Froome devrait donc se présenter au départ de Vendée en juillet prochain avec le rêve de rejoindre ces quatre grands champions. La tâche ne sera pas simple, sans aucun doute. Le temps file à toute vitesse, et le Britannique aura trente-trois ans l’an prochain. Hormis Lance Armstrong, seuls cinq coureurs ont réussi cette prouesse (et seulement deux après 1945, à savoir Gino Bartali et Cadel Evans), mais aucun des quintuples champions ne l’a fait. Heureusement, le Kenyan Blanc peut compter sur ses hommes Sky totalement dévoués à sa cause. L’équipe britannique l’a déjà montré, elle tient aux symboles et à l’histoire du Tour. Mikel Landa sur le départ, personne ne semble aujourd’hui pouvoir contester le leadership de Chris Froome au sein de sa propre équipe, et avec une armada aussi forte, il part déjà avec un coup d’avance.

Le seul obstacle de Chris Froome dans sa marche vers l’histoire, c’est lui-même. Son physique moins dominateur qu’auparavant est compensé par un sens tactique de plus en plus aiguisé. Mais un jour ou l’autre, le Britannique connaîtra cette terrible défaillance, celle que presque tous les grands champions ont connu, celle qui leur fait peur. Bernard Hinault, lui, avait vite rangé le vélo au garage pour ne pas vivre ce moment. Ce jour-là, Chris Froome dévoilera une nouvelle facette de sa personnalité, qui le fera rentrer dans la légende, comme tous les autres grands. Ce jour-là, personne ne sait quand il arrivera. L’année prochaine, ou dans deux, trois, quatre ans, qui sait ? L’avenir nous le dira. Une chose est certaine, tant qu’il le pourra, Froome viendra sur le Tour pour gagner.

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2 Commentaires sur "Et maintenant, le cinquième"

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Luke
Luke

Moins dominant en montagne, il a su, comme vous l’avez noté, aiguiser son sens tactique, mais aussi devenir plus polyvalent en améliorant notamment ses qualités de descendeur. Ils étaient plusieurs à être à son niveau – voire légèrement au-dessus – en montagne, mais le Britannique reste le plus complet sur trois semaines. D’autant plus que le kilométrage clm était faible cette année. C’est ce qui fait la différence entre gagner le tour et terminer sur le podium.

dagobo
dagobo

Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que Froome est en déclin. Je pense plutôt qu’il a changé sa préparation par rapport aux autres années (en témoigne son Dauphiné moyen) pour être en parfaite forme pour la Vuelta. Au final, on peut dire que ca a marché puisqu’il remplit son objectif en remportant le Tour. A voir comment il sera en septembre.

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