Etseban Chaves a été l'une des attractions de ce Giro, en allant chercher son premier podium sur trois semaines - Photo RCS Sport
30 mai 2016
Par  Robin Watt 

Chaves rattrape son retard

« C’est la vie, ce n’est qu’une course de vélo », lâchait Esteban Chaves à Sant’Anna di Vinadio, samedi soir. Le Colombien venait de perdre le Giro au profit de Vincenzo Nibali, alors qu’il avait assuré, la veille, qu’il pourrait laisser sa peau sur la route pour conserver son maillot rose. Qu’importe : il est sur le podium, entre Nibali et Valverde. Une grande victoire, un peu plus de trois ans après un terrible accident qui aurait pu mettre fin à sa carrière.

Patron dans son royaume

A 26 ans, Esteban Chaves se devait de franchir un cap sur le Giro. Après sa cinquième place l’an passé sur la Vuelta, on attendait de savoir s’il était capable de viser plus haut, de jouer la gagne. Il l’a fait. Deuxième derrière Vincenzo Nibali à Turin, l’enfant de Bogota a montré qu’il pouvait briller sur trois semaines, et ce malgré un parcours sur le papier pas fait pour lui. Quarante kilomètres de contre-la-montre individuel et seulement quatre arrivées au sommet, le poids-plume qu’est Chaves avait de quoi appréhender. Mais il a finalement été l’un des meilleurs en haute montagne, y rattrapant le petit éclat qu’il a pris dans le chrono – même pas quatre minutes, raisonnable pour lui. Avec une victoire d’étape à Corvara qui apparaît comme la cerise sur le gâteau, le leader d’Orica Green-Edge a donc plus que répondu présent. Il a fallu un très grand Nibali dans les deux derniers jours pour l’empêcher d’emmener le maillot rose jusqu’à l’arrivée.

Mais le principal intéressé, plutôt que de s’apitoyer sur son sort, préfère voir le bon côté des choses. « Pour moi, ce n’est que le début, j’aurai bien d’autres opportunités », glissait-il à Turin. Au sein de l’équipe australienne, il est le seul capable d’aller titiller les meilleurs sur les grands tours. Il n’y a même que Plaza qui, parmi ses coéquipiers, peut se targuer d’avoir déjà décroché un top 10 sur trois semaines. Mais c’était il y a onze ans… Le Colombien est donc plus que jamais le grand leader d’Orica sur les courses par étapes. « C’est la première fois dans l’histoire de l’équipe que nous avons un coureur avec de réelles possibilités pour le classement général », avançait même Matthew White au départ d’Apeldoorn. Sur ses deux derniers grands tours, l’ancien pensionnaire de l’équipe Colombia n’a été battu que par Aru, Rodriguez, Majka, Quintana et Nibali. Ça vous classe un coureur. Voici Chaves parmi les grands, ceux qui peuvent prétendre à de très grands succès.

Attachant et miraculé

Attachant, le sourire toujours présent, Esteban Chaves est un coureur pour qui l’on se prend vite d’affection. Un nouveau prêt à bousculer la hiérarchie sans jamais prendre trop au sérieux ce cyclisme qui a failli le réduire en miettes. Il y a trois ans, il avait été victime d’un terrible accident sur le Trofeo Laigueglia, et aurait pu ne jamais remonter sur un vélo. Mais malgré son tout petit gabarit, il a fait preuve d’une force incroyable. Les médecins ne lui donnaient aucune chance de retrouver la fougue de ses vingt ans. Il est devenu largement meilleur encore, capable de concurrencer les cadors du peloton. Dans son malheur, « El Chavito » a pris du retard. Mais il n’a aujourd’hui que 26 ans. Un âge auquel Vincenzo Nibali venait tout juste de remporter son premier grand tour, et où Christopher Froome en était encore loin.

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4 Commentaires sur "Chaves rattrape son retard"

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Half
Half

J’aime beaucoup ce coureur, qui a un profil très proche de celui de Quintana, en un peu moins complet. J’ai l’impression qu’il n’apprécie pas trop les changements de rythmes, mais par contre il est capable de placer une accélération fulgurante et longue dans les derniers kilomètres (cf la 6ème étape de la Vuelta 2015 il me semble). Dans la tactique ça ressemble beaucoup à ce que peut faire un Quintana (pour qui il suffit souvent d’une seule accélération pour faire la différence).

Son principal problème actuel reste sa récupération, en plus de ses faiblesses en CLM. Potentiellement il a le niveau pour se situer dans les 4-5 meilleurs grimpeurs, mais en 3ème semaine il est encore un peu trop juste. Pour le CLM Quintana a prouvé qu’il était possible de le travailler, même avec un tout petit gabarit.

Bref, il fait parti de la génération 89-91 avec les Pinot, Bardet, Quintana, Aru, Landa… Et on risque d’avoir de beaux duels dans les années à venir entre ceux là.

Reg
Reg

« Mais malgré son tout petit gabarit, il a fait preuve d’une force incroyable. »
> C’est quoi le rapport ? ;-)

Sinon, effectivement, un coureur vraiment intéressant qui j’espère en gagnera de belles.

james
james

Hors sujet
Finalement avec son déclassement, Nizzolo a quand même gagné le maillot rouge ? Comment se sont répartis les points de la dernière étape ?

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