Louis Meintjes a tenté de mener son équipe vers les sommets, mais s'est heurté à un palier qu'il ne parvient pas à franchir - Photo ASO
Bilan 2017
En cette fin de saison, l’heure des bilans est venue. La Chronique du Vélo a passé au crible l’exercice 2017 de chaque équipe, chaque rédacteur a livré sa note sur vingt permettant de faire une moyenne puis d’établir un classement. Des notes subjectives, basées sur les résultats mais aussi les effectifs et les objectifs annoncés en début d’année, qui prêtent forcément au débat. On attend donc de connaître vos avis.
27 octobre 2017

Les émirats, c’est pas l’Amérique

9,2/20

La formation émiratie aura passé une première saison World Tour en dents de scie. Entre anonymat et coups de génie, l’équipe UAE Emirates, bâtie in extremis sur les vestiges de l’ancienne Lampre, aura pourtant un tout autre statut la saison prochaine avec les arrivées d’Aru, Martin et Kristoff.

Le top : quelques éclairs inattendus

Au cœur d’une saison très insuffisante, l’équipe émiratie a su nous bluffer, parfois. Qui aurait parié sur Jan Polanc pour une victoire au sommet du brûlant Etna sur le Giro ? Qui aurait pensé Matej Mohoric, bien que bon rouleur, capable de triompher à Cuenca en solitaire sur la Vuelta ? Enfin, qui aurait cru Diego Ulissi en mesure de remporter, après une saison jusqu’alors très discrète, le Grand Prix de Montréal au nez et à la barbe des Sagan, Van Avermaet et Matthews ? L’Italien a d’ailleurs été le seul, avec Rui Costa à Abu Dhabi, à gagner en World Tour (Montréal et Tour de Turquie). Ces quelques flashs, bien que trop rares, sauvent le bilan d’une première saison que l’on attendait de toute façon pas foudroyante. Mais un deuxième exercice de cet acabit ne sera pas toléré avec les têtes d’affiche qui arrivent.

Le flop : Louis Meintjes

« Le leadership est le produit d’une personnalité attachante associée à une force de conviction permettant d’entraîner les autres sur des projets ambitieux. » Appliquée à l’équipe UAE Team Emirates cette saison, la citation de Jean-François Rial perd son sens avec Louis Meintjes. Leader désigné et jamais vraiment contesté, le Sud-africain n’a pas eu le mordant nécessaire du chef emblématique. Si sa discrétion de chaque instant et son gabarit si fluet (1,73m, 59 kg) ne l’aident pas, il ne semble pas vouloir s’habiller du costume du leader. Conséquence, ses performances dans les courses par étapes, bien que solides (8e du Tour et 12 de la Vuelta), ne laissent pas vraiment imaginer que le garçon puisse aller plus haut. Meintjes, qui n’a plus gagné depuis plus de deux ans maintenant, a laissé filer le maillot blanc à Simon Yates sur la Grande Boucle, et son équipe a pris conscience qu’elle ne pouvait pas en faire sa tête d’affiche. L’an prochain, le Sud-Africain repartira chez Dimension Data, remplacé par Fabio Aru.

La stat : 52

Le nombre de podiums du Team UAE Emirates pendant la saison (pour 19 victoires au total). Seules 4 équipes du World Tour ont fait moins bien : Astana (46), Sunweb (47), AG2R La Mondiale et Cannondale (49).

Les notes 2017

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9 Commentaires sur "Les émirats, c’est pas l’Amérique"

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Loutrejoyeuse
Loutrejoyeuse

Juste une question: Comment établissez vous vos notes? Est-ce une moyenne de la rédaction?
Je suis toujours surpris de voir des notes qui finissent en 0.2.

Robin Watt

Comme expliqué dans le petit encadré à gauche, c’est en effet une moyenne. L’ensemble des rédacteurs a donné sa note (en général, des notes rondes), puis nous avons établi une moyenne (et arrondi à une décimale après la virgule).

supositoire
supositoire

quelle question bete

Loutrejoyeuse
Loutrejoyeuse

Il m’arrive de rater quelques encadrés. Honte à moi.

Robin Watt

On ne vous en veut pas !

Elise
Elise

Totalement d’accord concernant Meintjes. Il stagne et semble bloquer pour toujours au niveau qui est le sien actuellement. Il ne prend jamais d’initiative et reste accroché au groupe des favoris tant que ça roule au train. S’il y avait davantage d’attaques, et des attaques de loin, il finirait beaucoup plus loin au classement général. D’ailleurs, ses places sont tout à fait honorables pour son âge mais quand on regarde le temps, on voit encore mieux l’écart qu’il a avec le top niveau.
On peut néanmoins regretter qu’il ne soit pas aidé. Atapuma est trop juste désormais et le reste (Bono, Marcato, Durasek), ça ne peut pas lui être d’une grande aide en haute montagne. En retournant chez Dimension Data, qu’il connaît bien, il pourra peut-être progresser à nouveau. Même si, là encore, il n’aura pas de lieutenants de haut niveau (Slagter et Morton sont limités et Anton se fait vieux).

Gosta
Gosta

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Gosta
Gosta
Louis Meintjes est un grand grimpeur façon diesel. Son gabarit est idéal pour les étapes de montagne longues avec des enchainements de cols assez longs et entre 7 et 9%. Il est conscient de son potentiel et il ne prend pas de risques inutiles. Dans une équipe de fantômes (dans laquelle j’inclus Rui Costa qui roule pour lui et pour lui seul), Meintjes obtient malgré tout de très bons résultats sur le Dauphiné le tour et se défend bien sur la Vuelta où là sa solitude dans l’équipe fait peine à voir. UAE n’était pas capable de faire autre chose que des coups ponctuels cette année et c’est un peu fort de voir ses dirigeants pleurnicher parce qu’ils n’ont pas de résultats dans les grands tours. Comment pouvait-il en être autrement ? Il est bien clair pourtant que pour un tel objectif il faut une grande équipe, voir Froome mais aussi Bardet (pour moi pas plus talentueux que Meintjes) et d’un point de vue négatif Quintana avec une Movistar aux pâquerettes cette année et Adn MArtin abandonné à son triste sort pendant que la Quickstep s’occupait de Kittel qui ramait à 1/2 heure dans les étapes de montagne. Seul Uran… Lire la suite »
PinKou
PinKou
Pour moi le principal flop c’est Rui Costa. Après avoir commencé la saison tambour battant (5ème à San Juan, 2ème à Oman et vainqueur à Abu Dhabi) on ne l’a quasiment plus vu de la saison, en tout cas très loin du niveau auquel on peut l’attendre. Des ardennaises ratées, un enchaînement Giro-Vuelta sans réussir à mettre la balle au fond (lui l’habituel sniper au sang froid) et du coup une croix sur les classiques de fin de saison qui lui conviennent pourtant parfaitement. Je pense qu’il a intérêt à reprendre son programme traditionnel avec les courses d’une semaines (Paris-Nice, Romandie, Suisse…), les ardennaises, le Tour en chasseur d’étapes et les classiques de fin de saison. Meintjes n’a pas été flamboyant mais pour moi c’est son niveau, je le vois limité en montagne autant qu’en CLM et je ne l’imagine pas sauf circonstances exceptionnelles comme un futur candidat au podium en grand tour. Ses places de 8ème du Tour et de 12ème de la Vuelta sont même relativement flatteuses par rapport à ce qu’il a montré. Chez les sprinteurs Modolo s’est raté (il aurait dû pouvoir gagner au moins une étape entre le Giro et la Vuelta) à l’exception de… Lire la suite »
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